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  1. #121
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    Par défaut La FCC reconnaît que les projets de centres de données orbitaux nécessitent une évaluation environnementale
    La FCC reconnaît enfin que les projets de centres de données orbitaux nécessitent une évaluation environnementale. Dans l'intervalle, plusieurs organisations réclament un moratoire sur les lancements

    Les projets de centres de données orbitaux suscitent une opposition massive. Plusieurs organisations environnementales exhortent la FCC à suspendre l'approbation des projets de centres de données en orbite portés par des entreprises comme SpaceX et Blue Origin. Elles réclament une étude d'impact écologique approfondie, s'inquiétant des conséquences de l'envoi de plus d'un million de satellites dans l'exosphère. Elles soulignent des risques majeurs tels que la pollution lumineuse, les émissions de débris et la dégradation de la couche d'ozone lors des rentrées atmosphériques. Pour de nombreux experts, les centres de données orbitaux sont une idée catastrophique.

    Des groupes de défense de l'environnement, menés par Earthjustice agissant au nom de DarkSky International, Environment America et de l'organisation PEER, ont déposé une pétition auprès de la Commission fédérale des communications (FCC) des États-Unis. Leur démarche vise à suspendre l'approbation du secteur émergent des centres de données orbitaux en attendant qu'un examen approfondi de leur impact environnemental soit mené.

    Les militants soutiennent que « les réglementations actuelles sont obsolètes » face à ce déploiement massif d'infrastructures spatiales sans précédent. La pétition exige que le régulateur élabore une déclaration d'impact environnemental programmatique (Programmatic Environmental Impact Statement - PEIS) avant d'approuver toute nouvelle demande. « S’il y a bien une situation qui justifie une PEIS, c’est celle-ci », affirment les auteurs de la pétition.

    Les organisations menées par Earthjustice expliquent également : « une PEIS permettrait une analyse exhaustive des impacts de multiples propositions qui visent toutes le même objectif, à savoir mettre en orbite un nombre pratiquement incalculable de nouveaux satellites servant de centres de données, ce qui menace de dégrader la couche d’ozone et la qualité du ciel nocturne, et de modifier la composition chimique même de la stratosphère ».

    les experts alertent sur une initiative aux dimensions démesurées

    L'IA absorbe tout depuis quelques années : GPU, mémoire, capacité de calcul, énergie... La demande massive de l'industrie de l'IA a provoqué une pénurie de certains composants électroniques tels que la mémoire et met à rude épreuve les réseaux électriques dans plusieurs pays. Pour résoudre en partie ces problèmes, les milliardaires de la technologie, comme Jeff Bezos et Elon Musk, ont décidé d'envoyer les centres de données en orbite terrestre basse.

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    La pétition des organisations environnementales s'inquiète en effet du volume massif d'infrastructures spatiales prévu par des entreprises telles que SpaceX, Blue Origin, Starcloud et Cowboy Space. Le document juridique rappelle : « collectivement, ces différents projets cherchent à placer bien plus d'un million de satellites de centres de données en orbite, augmentant le volume existant de satellites en orbite terrestre basse de plusieurs ordres de grandeur ».

    À elle seule, la société SpaceX d'Elon Musk a déposé une demande auprès de la FCC pour déployer une mégaconstellation de centres de données orbitaux pouvant compter jusqu’à un million de satellites en orbite terrestre basse. Elon Musk reste persuadé que l'espace est la clé de voûte énergétique du progrès de l'IA. « L’espace sera l’endroit le moins coûteux pour déployer l’IA, et ce sera le cas d’ici deux ans, trois au plus tard », a déclaré le milliardaire.

    Face à cette explosion du nombre d'appareils, les militants écologistes soulignent que « les règles de licence actuelles de la FCC ont été rédigées pour des constellations beaucoup plus petites et ne sont plus adaptées à des projets se chiffrant en centaines de milliers ou en millions d'engins spatiaux ». Historiquement, la FCC considère que « les licences pour le déploiement de satellites sont globalement exclues des examens environnementaux détaillés ».

    Ces projets comportent des risques écologiques majeurs et cumulatifs

    L'un des arguments centraux de la pétition rédigée par ces organisations est que « l'impact de ces constellations géantes ne peut pas être correctement mesuré si la FCC évalue les candidatures une par une ». Les groupes environnementaux estiment qu'il est indispensable de réaliser une analyse globale afin d'examiner « les risques, les alternatives, les besoins, les coûts et les impacts de cette transformation soudaine de l'exosphère de notre planète ».

    Les inquiétudes écologiques sont : les émissions liées aux lancements de fusées, la libération de polluants lorsque les satellites brûlent lors de leur rentrée atmosphérique, l'appauvrissement de la couche d'ozone, la multiplication des débris orbitaux, ainsi que la pollution lumineuse et ses interférences avec l'astronomie et la faune. La FCC reconnaît désormais que la croissance rapide de l'industrie spatiale nécessite une mise à jour de la réglementation.

    Cependant, les développeurs de ces projets ne voient pas les choses de cette façon. Selon les partisans des centres de données orbitaux, le fait de délocaliser la puissance de calcul hors de la Terre permettrait notamment de répondre aux préoccupations croissantes en matière d’énergie, d’eau et d’occupation des sols auxquelles sont confrontés les centres de données terrestres, dans un contexte de demande en forte hausse pour les infrastructures d’IA.

    Mais ils sont critiques pour leur manque de transparence sur l'impact écologique de leurs projets. La pétition dénonce un double discours : « les promoteurs de ces propositions décrivent leurs projets en des termes grandioses qui transforment la civilisation. Mais ces mêmes promoteurs ont refusé d'accepter toute enquête sur les impacts de leur technologie prétendument historique sur l'environnement, la science, l'économie ou d'autres valeurs ».

    L'IA dans l'espace : la balle est désormais dans le camp de la FCC

    Par le passé, des associations environnementales ont déjà appelé la FCC à freiner le développement des centres de données orbitaux dans le cadre de dossiers réglementaires individuels, mais Jan Hasselman, avocat senior chez Earthjustice, a déclaré que c’était la première fois qu’elles demandaient un examen global de l’ensemble de ces projets. Mais selon les critiques, les enjeux pourraient contraindre le régulateur américain à laisser le statu quo.

    Le régulateur subit des pressions pour réduire les formalités administratives et accélérer les délais de traitement des demandes relatives aux constellations, afin de suivre le rythme des progrès technologiques et de l’évolution rapide du secteur, dans un contexte de concurrence croissante de la part de la Chine et d’autres pays. L'IA est devenu un enjeu de souveraineté majeur et les États-Unis pourraient placer la technologie devant l'environnement.


    Bien que la FCC n’ait pas réexaminé l’exclusion catégorique applicable aux autorisations de satellites au titre de la NEPA (National Environmental Policy Act) face à l’essor des mégaconstellation, le régulateur a renforcé ces dernières années la réglementation relative aux débris spatiaux, notamment en exigeant que les nouveaux satellites en orbite basse (LEO) soient désorbités dans les cinq ans suivant la fin de leur mission, au lieu de 25 ans auparavant.

    « Il n’existe pas de procédure définie permettant à la FCC de donner suite à cette requête au-delà de son obligation de l’examiner et d’y répondre dans un délai raisonnable. Nous attendons une réponse de la FCC et envisagerons toutes les options si elle ignore cette requête », a déclaré Jan Hasselman à SpaceNews.

    « En attendant, nous suivons de près l’ensemble des dossiers individuels. Si la FCC commence à octroyer des licences sans respecter pleinement la loi, il y a de fortes chances que ces questions finissent devant les tribunaux », a-t-il ajouté. Si la FCC répond favorablement à cette demande de moratoire et d'examen approfondi, les futurs centres de données orbitaux devront faire face à de lourdes démarches administratives avant de pouvoir être déployés.

    La FCC réexamine ses règles d’évaluation environnementale

    Cette pétition intervient alors que la FCC réexamine ses règles d’évaluation environnementale pour les satellites. L'autorité de régulation reconnaît que la croissance rapide de l’industrie spatiale a soulevé de nouvelles questions quant à l’application de son cadre réglementaire existant. La pétition fait valoir que l’approche actuelle de la FCC n’est plus adaptée à des projets dont l’ampleur ne se mesure plus en milliers d’engins spatiaux, mais en millions.

    À la fin du mois, la FCC doit se prononcer sur un projet de décision visant à rationaliser et à accélérer son processus d’octroi de licences pour les satellites, même si celui-ci exigerait également des opérateurs qu’ils partagent davantage de données relatives à la surveillance de l’espace afin de réduire les risques de collision. Ces nouvelles mesures ne s’appliqueraient pas à la vague de constellations de centres de données orbitaux proposées cette année.

    Parallèlement, l'autorité de régulation examine actuellement une nouvelle vague de propositions en matière de communications par satellite, après la date limite du 6 juillet fixée pour son dernier cycle de traitement des demandes concernant les bandes Ku, Ka et V. Selon les médias américains, le troisième cycle de la FCC consacré aux applications non géostationnaires dans ces bandes a attiré 13 constellations totalisant près de 140 000 satellites.

    Des défis de refroidissement et de dimensionnement colossaux

    Cette critique intervient peu après l’introduction en bourse de SpaceX, devenue l’une des entreprises les plus valorisées au monde du jour au lendemain. Une large part de sa valorisation de 2 000 milliards de dollars repose sur le projet de centre de données orbital imaginé par le PDG, ce qui illustre une fois de plus à quel point Wall Street s'appuie sur les convictions d'Elon Musk, malgré son bilan désastreux en matière de respect de ses promesses.

    Le refroidissement de ces installations est l'un des plus grands défis d'ingénierie. Dans le quasi vide de l'espace, la chaleur ne peut s'échapper facilement, ce qui nécessiterait des réseaux complexes de tuyaux de refroidissement. Brian McManus explique notamment qu'il faudrait pomper plus de 150 000 livres de glycol par seconde, un débit comparable à celui de barrages hydroélectriques, ce qui reviendrait à « vider une piscine olympique en 40 secondes ».

    En outre, les ambitions de Starcloud en matière d'infrastructures orbitales sont jugées démesurées. Pour atteindre les 5 gigawatts de puissance promis, chaque centre de données couvrirait une surface gigantesque, équivalente à près de 5 000 fois celle des panneaux de la Station spatiale internationale. La masse d'une telle station dépasserait les 113 millions de kilogrammes, soit « plus de six fois la masse totale lancée dans l'espace dans l'histoire ».

    « Même en faisant abstraction des pompes, du liquide de refroidissement, des blindages antiradiations, du carburant, des roues d’inertie, des structures et autres éléments, la station Starcloud dépasse les 113 millions de kilogrammes. C’est plus qu’un porte-avions en orbite. C'est plus de six fois la masse totale jamais lancée dans l’espace depuis le début de l’histoire », a déclaré Brian McManus dans une vidéo critiquant les centres de données orbitaux.

    Dégradation de l'orbite basse et viabilité économique illusoire

    En définitive, les experts concluent que ces projets relèvent davantage de l'utopie destinée à séduire des investisseurs, car dans l'industrie technologique actuelle, proposer une idée en premier permet de récolter d'importantes récompenses financières. Alors, si le projet n’est pas viable économiquement et si l’humanité va perdre sa vue sur les étoiles, pourquoi les hyperscaleurs font-ils tant de battage autour des centres de données orbitaux ?

    « La réponse évidente : l’argent, le bon vieux fric. La partie "Elon Musk" de ce projet est franchement géniale, car il détient xAI qui construit les centres de données, SpaceX qui les envoie dans l’espace, et Tesla qui fabrique les panneaux solaires. C’est presque comme s’il se payait lui-même », affirme Dina Genkina, rédactrice en chef chargée de l’informatique et du matériel chez IEEE Spectrum. (Elon Musk est devenu le premier trillionaire de l'histoire.)

    Selon un ancien scientifique de la NASA, les centres de données orbitaux sont « une idée absolument catastrophique qui n'a vraiment aucun sens ». Cet ancien spécialiste en électronique spatiale de la NASA a déclaré que les centres de données spatiaux ne sont pas pratiques en raison d'une production d'électricité insuffisante, de problèmes complexes de régulation thermique et des effets néfastes des rayonnements sur les composants électroniques.

    D'après lui, le matériel des centres de données n'est pas adapté à l'espace : « c'est une idée absolument catastrophique qui n'a vraiment aucun sens. Il y a plusieurs raisons à cela, mais elles reviennent toutes à dire que le type d'électronique nécessaire au fonctionnement d'un centre de données, en particulier un centre de données déployant des capacités d'IA sous forme de GPU et de TPU, est exactement le contraire de ce qui fonctionne dans l'espace ».

    Sources : le texte de la pétition (PDF), FCC (PDF)

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de la démarche de ces organisations environnementales ?
    La FCC va-t-elle répondre favorablement à cette demande alors que l'IA devient un enjeu de souveraineté ?
    Les experts affirment que les centres de données orbitaux sont une idée catastrophique, mais les milliardaires s'obstinent. Qu'en pensez-vous ?

    Voir aussi

    « Vanter les centres de données orbitaux relève d'une psychose induite par l'IA ». Cette idée catastrophique portée par Elon Musk est moins une révolution qu'un argument marketing pour lever des fonds

    SpaceX a détruit 260 satellites Starlink en six mois par désintégration atmosphérique, suscitant des inquiétudes environnementales sur leur combustion, alors que la FCC veut les exempter de réglementation

    SpaceX souhaite lancer 100 000 satellites Starlink supplémentaires pour multiplier la bande passante par 100, la contrepartie salée est une aggravation de la dégradation de l'atmosphère et du ciel nocturne

  2. #122
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    Par défaut Est-ce vraiment si difficile de construire des centres de données orbitaux ?
    Est-ce vraiment si difficile de construire des centres de données orbitaux ? L'ambition d'Elon Musk se heurte à l'exigence d'une baisse drastique des coûts et à des défis d'ingénierie considérables

    La faisabilité technique et économique des centres de données orbitaux reste vivement débattue. SpaceX d'Elon Musk ambitionne de déployer un million de satellites alimentés par l'énergie solaire pour supporter les charges de travail de l'IA. Il vise à s'affranchir des contraintes que subissent les centres de données terrestres. Les obstacles incluent la dissipation thermique dans le vide, la protection des composants contre les radiations spatiales et la gestion de la latence entre les appareils. La réussite de ce projet dépendra aussi d'une augmentation sans précédent de la cadence de lancement des fusées Starship et d'une réduction drastique des coûts de transport.

    SpaceX est entrée en bourse le 12 juin 2026, marquant l'une des plus grandes introductions de l'histoire financière, avec une valorisation de plus de 2 000 milliards de dollars. Elle a chuté à 1 700 milliards, en baisse de 25,19 depuis l'introduction en bourse. SpaceX considère les centres de données orbitaux comme sa principale source de valeur future, ambitionnant de lancer une constellation d'un million de satellites en orbite terrestre basse.

    Selon SpaceX, ces satellites seront capables de produire 120 gigawatts pour alimenter des dizaines de millions de processeurs graphiques dédiés au calcul et à l'entraînement des grands modèles de langages. Dans une récente vidéo promotionnelle, Elon Musk et Ian Dahl, directeur de l’ingénierie satellitaire chez SpaceX, ont révélé les projets visant à développer la première version d’un centre de données orbital, baptisé « satellite AI1 » par l'entreprise.

    La vidéo a évoqué les chiffres concernant la taille et la puissance de ce satellite. « Il n’y a pas besoin d’une quelconque magie qui n’existe pas. Une grande partie de cette technologie a déjà été mise au point pour les satellites Starlink V3. En gros, nous ne pensons pas que ce soit un problème extrêmement difficile », a déclaré le PDG Elon Musk dans la vidéo promotionnelle, évoquant le défi colossal que représente la construction des satellites AI1.

    La vision de SpaceX et le scepticisme généralisé dans l'industrie

    Elon Musk et d'autres se montrent enthousiastes face à l'idée de délocaliser les centres de données dans l'espace. Mais certains acteurs de l'industrie restent prudents face à cette annonce. Matt Desch, PDG d'Iridium Communications, a déclaré qu'il y a « des défis techniques considérables à surmonter », et suggère que « cet engouement pourrait davantage viser à doper la valorisation boursière de l'entreprise qu'à répondre à un besoin immédiat ».


    « C’est au mieux une opportunité à très, très long terme, et je me demande si ce débat n'est pas motivé par autre chose que la résolution d'un problème immédiat. Je pourrais bien sûr suivre le mouvement pour essayer, disons, de profiter de cette tendance afin d’améliorer notre valorisation. Mais nous sommes une entreprise pragmatique qui se concentre sur l’obtention de résultats concrets en matière de trésorerie et de croissance », a-t-il déclaré.

    Le sujet a suscité un débat sur la viabilité à court terme de cette technologie, tant en matière de faisabilité que pour savoir s’il ne s’agit pas simplement d’un effet de mode maintenant que SpaceX est cotée en bourse. Pour certains critiques, les centres de données orbitaux relèvent d'une hallucination de l'IA.

    L’une des raisons de déployer des centres de données orbitaux dans l’espace réside dans l’énergie solaire, gratuite et illimitée. D’après le schéma publié par SpaceX, chacun de ses satellites AI1 serait équipé de panneaux solaires couvrant environ 600 mètres carrés, soit environ 1,5 fois la superficie d’un terrain de basket. Ces panneaux solaires produiraient une puissance de pointe de 150 kW et une puissance moyenne de 120 kW pour les calculs.

    « C'est une idée catastrophique, horrible et mauvaise. Ils ne fonctionneront pas », a déclaré un ancien spécialiste en électronique spatiale de la NASA. Selon Brian McManus, ingénieur aéronautique, « les milliardaires tenteront de vous jeter de la poudre aux yeux et de vous convaincre que cette technologie est tout à fait pertinente, mais la réalité, c’est que cette technologie est stupide ». Brian McManus évoque les défis techniques majeurs.

    Les défis logistiques et financiers colossaux du projet de SpaceX

    La viabilité de ce projet repose sur des infrastructures et des investissements titanesques. Chaque satellite AI1 pèserait entre 3,5 et 7,5 tonnes, intégrant des panneaux solaires de la taille d'un terrain et demi de basket-ball pour fournir l'énergie nécessaire, ainsi que d'imposants systèmes de refroidissement. Pour déployer cette mégaconstellation, SpaceX aurait besoin de réaliser des milliers de lancements par an à l'aide de sa fusée géante Starship.

    Pour mettre toute cette masse en orbite, il faut une fusée de grande capacité. La fusée Starship V3 aura une capacité de charge utile de 100 tonnes métriques vers l’orbite terrestre basse, mais les ingénieurs de l’entreprise prévoient déjà une version V4 dotée d’une capacité supérieure : 200 tonnes métriques.

    L’idéal pour Starship est la réutilisabilité totale. Les seuls coûts seraient alors ceux du propergol et du personnel chargé de la fabrication et de la maintenance des fusées et des équipements de soutien au sol. Dans une analyse récente, Ars a supposé un coût de lancement idéal de la fusée Starship de 20 millions de dollars, ce qui correspondrait à un coût véritablement remarquable de 100 dollars par kilogramme vers l’orbite basse de notre planète.

    Le poids de l'infrastructure et les coûts s'accumulent rapidement

    Stuart Taylor, consultant dans le secteur des satellites, a déclaré à Ars que SpaceX pourrait envisager d’utiliser un nouveau matériau appelé pérovskite (des rumeurs circulent à ce sujet en ligne) à la place du silicium, ce qui lui permettrait d’obtenir des panneaux solaires beaucoup plus légers. Toutefois, des questions subsistent quant à la stabilité à long terme des pérovskites ; à l'heure actuelle, le silicium reste donc le meilleur matériau pour SpaceX.

    La réussite de ce projet exige donc une réduction drastique des coûts de lancement grâce à la « réutilisation rapide » des fusées Starship. Même dans le scénario le plus optimiste, le coût total de déploiement d'un million de satellites s'élèverait à 1 450 milliards de dollars, impliquant 3 500 lancements par an, et pourrait atteindre près de 1 000 milliards de dollars nécessitant plus de 15 000 lancements annuels dans l'estimation la plus pessimiste :

    • scénario optimiste : capacité d’emport de Starship de 200 tonnes métriques ; masse du satellite AI1 de 3,5 tonnes ; coût de lancement de Starship de 20 millions de dollars ;
    • scénario neutre : capacité d’emport de Starship de 150 tonnes métriques ; masse du satellite AI1 de 5,5 tonnes ; coût de lancement de Starship de 50 millions de dollars ;
    • scénario pessimiste : capacité d'emport de Starship de 100 tonnes métriques ; masse du satellite AI1 de 7,5 tonnes ; coût de lancement de Starship de 100 millions de dollars.


    Les satellites Starlink d'Elon Musk ont une durée de vie de 5 ans. Arrivés en fin de vie, les satellites se désorbitent et se décomposent intégralement dans l'atmosphère terrestre. Cependant, il arrive que SpaceX perde des satellites lors du lancement ou en raison de phénomènes naturels tels que les éruptions solaires. En février 2022, SpaceX a perdu 40 satellites Starlink, soit 80 % de la charge lancée, en raison d'une tempête géomagnétique.

    En supposant une durée de vie de cinq ans pour les satellites AI1 de SpaceX, la mise en orbite d’une constellation d’un million de satellite, puis son renouvellement au fil du temps, nécessiterait des milliers de lancements par an. Le nombre exact dépend des hypothèses retenues pour chacun des cas ci-dessus :

    • scénario optimiste : 57 satellites AI1 par lancement ; 17 500 lancements au total ; 3 500 lancements par an ;
    • scénario neutre : 27 satellites AI1 par lancement ; 37 000 lancements au total ; 7 400 lancements par an ;
    • scénario pessimiste : 13 satellites AI1 par lancement ; 77 000 lancements au total ; 15 300 lancements par an


    Même dans le meilleur des cas, cela représente 10 lancements par jour. Dans le pire des cas, ce chiffre s’élève à 42 lancements par jour. C'est clairement énorme. L'année dernière, le monde a établi un nouveau record en matière de tentatives de lancement orbital : 329, dont 321 ont atteint au moins une orbite marginale, selon l'astrophysicien Jonathan McDowell. Parmi celles-ci, plus de la moitié, soit 170 tentatives, ont été réalisées par SpaceX.

    Quilty Space a estimé que les satellites Starlink V3, sur lesquels s’appuieront les centres de données orbitaux, coûteraient environ 1 million de dollars. En tenant compte de certaines économies d’échelle, une estimation de 1 million de dollars par engin spatial semble être un scénario optimiste raisonnable, puisque les centres de données orbitaux seront équipés de panneaux solaires nettement plus grands et de matériel informatique coûteux.

    Enfin, il faut compter les systèmes au sol chargés de gérer toutes les données transitant entre l’orbite et la Terre à l’échelle mondiale. Ars a estimé ce coût à environ 100 milliards de dollars pour les trois scénarios. Cela nous amène à nos estimations approximatives du coût d’une constellation d’un million de satellites :

    • scénario optimiste : 350 milliards de dollars de coûts de lancement ; 1 million de dollars par satellite ; coût total de 1 450 milliards de dollars
    • scénario neutre : 1 850 milliards de dollars de coûts de lancement ; 1,5 million de dollars par satellite ; coût total de 3 450 milliards de dollars
    • scénario pessimiste : 7 700 milliards de dollars de coûts de lancement ; 2 millions de dollars par satellite ; coût total de 9 800 milliards de dollars


    C’est une somme énorme, même pour Elon Musk, le premier trillionaire de la planète. Mais SpaceX vient de réaliser l’introduction en bourse la plus lucrative de l’histoire des marchés boursiers. L’entreprise dispose donc de liquidités. Elle en aura simplement besoin de beaucoup plus. Elle a aussi besoin que Starship permette de réduire considérablement les coûts de lancement. Sans cela, rien de tout cela ne semble le moins du monde réalisable.

    Les défis liés aux rayonnements : Elon Musk se montre confiant

    Les rayonnements cosmiques représentent un obstacle technique majeur, bien que l'expérience de SpaceX avec sa flotte Starlink ait prouvé que de nombreux composants informatiques, comme les processeurs et la mémoire, peuvent y résister de manière acceptable. Quant aux puces, l'entreprise prévoit dans un premier temps d’utiliser des puces Nvidia Rubin dans son architecture de base avant de fabriquer ses propres puces de pointe à terme.


    Sam Waldman, physicien ayant travaillé chez SpaceX de 2012 à 2018 sur l’avionique de divers programmes, dont Starlink, a déclaré que les alimentations électriques et d’autres composants sont plus vulnérables aux rayonnements, mais qu’il existe des techniques éprouvées pour remédier à ce problème.

    En 2025, Starcloud a mené des essais approfondis au sol sur un GPU Nvidia H100 avant d’en installer un sur un petit bus de satellite et de le lancer dans l’espace. L’objectif était de déterminer si une puce utilisée dans les centres de données terrestres pouvait résister aux vibrations du lancement et aux rayonnements de l’espace. Selon Philip Johnston, cofondateur et PDG de Starcloud, « jusqu’à présent, la puce Nvidia a donné de bons résultats ».

    D’après les premières données transmises par le vaisseau spatial, il estime que des puces telles que la H100 peuvent être adaptées à l’espace avec un blindage modeste. « La durée de vie sera la même qu’au sol, et on pourrait même avancer qu’elle pourrait être plus longue », a déclaré Philip Johnston. Selon les experts de l'industrie, l'expérience de Starcloud constitue une première donnée utile, mais ne représente pas une conclusion définitive.

    HP a mené des expériences avec des ordinateurs haute performance à bord de la Station spatiale internationale dans le cadre de son programme « Spaceborne ». Google a testé son module de calcul TPU V6e Trillium et a constaté qu’à long terme, les rayonnements ionisants peuvent entraîner des défaillances. Mais l'entreprise a constaté que les appareils devraient pouvoir fonctionner de « manière fiable » dans l'espace pendant environ cinq ans.

    Qu'en est-il du problème crucial de la dissipation thermique ?

    Selon les experts de l'industrie, évacuer la chaleur générée par les équipements informatiques est probablement le plus grand défi technique en orbite spatiale. En l'absence d'air dans l'espace, le refroidissement par convection est impossible, forçant les concepteurs d'équipements à s'appuyer sur le rayonnement thermique, un processus faible qui nécessite de gigantesques panneaux en aluminium et de gros tubes de fluides de refroidissement.

    La NASA s’est déjà attaquée à ce problème à une échelle comparable à celle des projets de SpaceX. Les six radiateurs de la Station spatiale internationale, qui utilisent de l’ammoniac comme fluide de refroidissement, ont une masse totale d’environ 6 tonnes métriques. Ensemble, ils dissipent environ 70 kW de chaleur, ce qui correspond à peu près à ce qu’Elon Musk devrait faire pour le prototype actuel de ses centres de données orbitaux.

    Sam Waldman a déclaré que SpaceX avait acquis une expérience dans la gestion de ce problème grâce à ses satellites Starlink. Starcloud travaille également sur cette technologie. Le PDG Philip Johnston a déclaré que les deux tiers de ses ingénieurs travaillent sur le développement d'un radiateur à faible coût et de faible masse pouvant être déployé dans l'espace. Ce concept s'apparente à la technologie utilisée par la Station spatiale internationale.

    L’un des problèmes pour tirer des conclusions sur le refroidissement, tout comme pour les panneaux solaires géants et la rentabilité des lancements, est que nous ne disposons pas vraiment de points de référence pour des constellations orbitales véritablement gigantesques. L'industrie manque d’exemples concrets permettant de déterminer si le refroidissement de centres de données à grande échelle est réalisable avec la technologie actuelle.

    Les limites imposées par la latence dans les échanges de données

    La latence, c’est-à-dire le temps que mettent les données pour se déplacer d’un point à un autre au sein d’un système, est un facteur critique dans tout problème informatique. Sans surprise, elle joue un rôle prépondérant dans l’efficacité d’un centre de données orbital, en particulier lorsque ces satellites sont séparés par des dizaines ou des centaines de mètres (voire de kilomètres) tout en collaborant sur des charges de travail distribuées.

    Selon les experts de l'industrie, en l’absence de données précises sur la taille de chaque satellite, sa puissance de calcul embarquée et la distance qui le sépare de ses voisins, il convient de ne pas formuler trop d’hypothèses. L'on peut néanmoins partir du principe qu’une constellation orbitale de satellites effectuant des tâches similaires à celles d’un centre de données sera davantage affectée par la latence qu’un centre de données terrestre.

    Si les calculs liés à l'inférence en IA peuvent s'adapter à cet environnement, l'entraînement de modèles complexes exige une synchronisation ultrarapide qui pourrait être lourdement entravée par la distance kilométrique séparant les différents satellites. De plus, la latence entre les stations au sol et l'espace rendrait ces installations totalement inadaptées pour des tâches interactives ou des services comme les jeux vidéo en streaming.

    La latence, tant de satellite à satellite que du sol vers l’espace, constitue un problème pour les centres de données orbitaux, mais son importance dépend de la capacité à adapter avec soin ses problèmes de calcul au support utilisé. Il s’agit d’un obstacle qui peut signifier que certains types de charges de travail ne sont pas adaptés, mais ce n’est pas un obstacle insurmontable qui fait échouer le concept même des centres de données orbitaux.

    Pour conclure, cette analyse optimiste suggère que bien qu'il n'y ait pas de barrières physiques infranchissables, la concrétisation des centres de données orbitaux de SpaceX d'Elon Musk (ou de Starcloud) exigera la résolution de problèmes d'ingénierie majeurs et des milliers de milliards de dollars d'investissement.

    La force du mythe installé par Elon Musk face à la réalité

    Selon les analystes de Wall Street, si l'on en juge par Tesla, le constructeur de véhicules électriques dirigé par Elon Musk, les fondamentaux économiques de SpaceX ne devraient pas constituer un facteur déterminant. La valorisation astronomique de Tesla repose depuis longtemps sur les promesses d'un robot humanoïde polyvalent et d'un avenir dominé par la conduite autonome, alors que le chiffre d'affaires réel de l'entreprise est resté bien en deçà.

    L'introduction en bourse de SpaceX ne propose pas aux investisseurs particuliers une entreprise génératrice de profits immédiats, mais plutôt le rêve d'un futur lointain qui n'existe pas encore. Bien que les avancées technologiques de l'entreprise en matière de fusées et de satellites soient indéniablement impressionnantes, les experts affirment que le véritable talent d'Elon Musk réside avant tout dans sa capacité à forger des mythes et à vendre du rêve.

    « Les fusées et le réseau de communication par satellite de SpaceX, tout comme les voitures électriques de Tesla, sont certes des réalisations impressionnantes », a souligné Richard Waters du Financial Times dans un récent article. « Mais le véritable génie de Musk réside dans sa capacité à créer des mythes ».

    Conclusion : une idée développée pour le lever des capitaux

    La construction de centre de données dans l'espace n'est pas juste une idée de science-fiction : de nombreuses entreprises clés (Google, Starcloud, SpaceX, etc.) étudient très sérieusement la possibilité de déployer des clusters de calcul dans l'espace afin d'exploiter efficacement l'énergie solaire et de réduire potentiellement les coûts liés aux centres de données. Cette approche leur permettrait également de contourner les réglementations sur Terre.

    Les centres de données orbitaux relèvent d'une promesse technologique séduisante, mais largement irréaliste sur le plan économique et technique. Le coût de lancement, même avec la baisse des tarifs grâce aux fusées réutilisables, reste colossal comparé à la construction d'un centre de données terrestre.

    Les arguments avancés par les promoteurs masquent des obstacles majeurs comme la maintenance quasi impossible en orbite, la vulnérabilité aux radiations et aux débris spatiaux, et la latence de transmission des données vers la Terre. Le calcul économique ne tient que si l'on ignore ces coûts cachés, ce qui suggère que le projet sert avant tout à générer un récit futuriste capable de lever des fonds, plutôt qu'à résoudre un vrai problème industriel.

    Cela fait écho à une dynamique bien connue dans la technologie : l'annonce de ruptures technologiques spectaculaires (informatique quantique, fusion nucléaire et maintenant centres de données spatiaux) sert souvent à capter l'attention des investisseurs et à justifier des valorisations déconnectées de la réalité opérationnelle. L'idée de centres de données orbitaux vient renforcer la bulle de l'IA et permet aux différents acteurs de lever des capitaux.

    En surfant sur l'engouement pour l'IA et le besoin réel de capacité de calcul, ces projets profitent du battage médiatique sans avoir à démontrer une viabilité économique, ce qui alimente le soupçon qu'il s'agit davantage d'un outil de communication financière que d'une feuille de route industrielle sérieuse.

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Pensez-vous que les centres de données orbitaux seront un jour une réalité ?
    Que pensez-vous de l'analyse ci-dessus ? L'industrie est-elle capable de relever les défis d'ingénierie ?
    Une constellation de 1 million de satellites pourrait engloutir plus de 1 000 milliards de dollars. Ce projet est-il viable même à long terme ?

    Voir aussi

    « Vanter les centres de données orbitaux relève d'une psychose induite par l'IA ». Cette idée catastrophique portée par Elon Musk est moins une révolution qu'un argument marketing pour lever des fonds

    « Les centres de données dans l'espace sont une idée catastrophique, horrible et mauvaise. Ils ne fonctionneront pas », affirme un ancien spécialiste en électronique spatiale de la NASA

    SpaceX d'Elon Musk veut lancer un million de satellites pour les centres de données IA. Voici comment cela pourrait affecter l'atmosphère et le ciel nocturne : l'encombrement orbital est un désastre en attente

  3. #123
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    Pensez-vous que les centres de données orbitaux seront un jour une réalité ?
    Que pensez-vous de l'analyse ci-dessus ? L'industrie est-elle capable de relever les défis d'ingénierie ?
    Une constellation de 1 million de satellites pourrait engloutir plus de 1 000 milliards de dollars. Ce projet est-il viable même à long terme ?
    Je pense que Musk mène une campagne de communication efficace.
    Nous avons commencé par des articles disant que c'est un fantasme irréalisable nous commençons à avoir des scénarii optimiste, neutre, et pessimiste.
    Aujourd'hui le scénario optimiste est que SpaceX est capable de concevoir et lancer ce genre de satellite. Pas de leur poids, leur couts ou leur quantité.
    Musk fait encore ce qu'il fait de mieux enfumer les gens et lever des fonds.

  4. #124
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    Le monde actuel si Elon Musk était en capacité de tenir toute ses promesses :

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  5. #125
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    Le monde actuel si Elon Musk était en capacité de tenir toute ses promesses :
    Je ne suis pas sûr de ça.
    Je pense que Musk a chassé une utopie à une époque (quand il se prenait pour un ingénieur) mais qu'il n'est maintenant qu'un leveur de fond sur base de mensonges.
    Au milieu de ses mensonges il est bien obligé de respecter certains de ses engagements avec plus de retard que n'importe quel projet d'envergure.
    L'image serait ce qu'il vend mais la toile de fond serait bien plus grise.

  6. #126
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    Il manque la billetterie pour ceux qui voudraient passer leur vacances sur Mars

  7. #127
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    Je ne savais pas que l'espace, en fait l'orbite de la terre était le 51ème état américain et que il était sous l'autorité des USA. C'est la destiné manifeste la volonté de dieu que ça appartiennent aux USA. Et surtout qu'ils décident de le poluer ou pas. je fais du mauvaise esprit de l'anti-américanisme
    Consultez mes articles sur l'accessibilité numérique :

    Comment rendre son application SWING accessible aux non voyants
    Créer des applications web accessibles à tous

    YES WE CAN BLANCHE !!!

    Rappelez-vous que Google est le plus grand aveugle d'Internet...
    Plus c'est accessible pour nous, plus c'est accessible pour lui,
    et meilleur sera votre score de référencement !

  8. #128
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    Par défaut Les centres de données orbitaux donneraient naissance à une nouvelle catégorie de déchets électroniques
    Les centres de données orbitaux dédiés à l'IA et au cloud de SpaceX donneraient naissance à une nouvelle catégorie de déchets électroniques
    et entraînerait la perte irrémédiable de métaux précieux

    Les experts s'inquiètent des conséquences écologiques du projet ambitieux de SpaceX visant à déployer une constellation de centres de données orbitaux. Il menace d'engendrer une nouvelle catégorie de déchets électroniques, car des milliers de satellites seraient mis au rebut chaque année, soit par désintégration atmosphérique, soit par expulsion vers des orbites lointaines. Cela entraînerait une perte irrémédiable de métaux précieux et critiques, tels que le palladium et le cuivre, qui ne pourraient plus être recyclés sur Terre. De plus, la combustion de ces engins dans l'atmosphère risque de libérer des contaminants nocifs capables de dégrader la couche d'ozone.

    La demande sans cesse croissante en puissance de calcul, ou « compute », nécessaire pour faire fonctionner les grands modèles de langage (LLM) pousse les géants de la technologie à investir des centaines de milliards de dollars dans de gigantesques centres de données. Cependant, leurs projets d'expansion se transforment en cauchemar face au vieillissement du réseau électrique terrestre et à la résistance croissante des communautés locales.

    Pour contourner ces limites terrestres, des entreprises, comme SpaceX d'Elon Musk et la startup Starcloud, envisagent de délocaliser ces infrastructures dans l'espace afin d'y exploiter l'énergie solaire en continu. Mais les experts dénoncent un projet trop ambitieux et déconnecté de la réalité technique. « C'est une idée catastrophique, horrible et mauvaise. Ils ne fonctionneront pas », selon un ancien spécialiste en électronique spatiale de la NASA.

    Elon Musk envisage de déployer une constellation d'un million de satellites de centres de données dédiés à l'IA. Le milliardaire est convaincu que les centres de données orbitaux sont la solution aux opérations gourmandes en énergie. Toutefois, son projet présente des défis écologiques et matériels sans précédent.

    Le cycle de vie éphémère et la perte de métaux précieux

    Ce projet ambitieux d'Elon Musk projette des ressources terrestres vers l'espace au lieu de privilégier une gestion durable des technologies de l'IA. Contrairement à la gestion traditionnelle des déchets électroniques sur Terre, où les matériaux échappent parfois au recyclage, mais demeurent physiquement sur notre planète, ce projet exporterait d'immenses quantités de ressources précieuses hors de l'attraction gravitationnelle terrestre.


    À lui seul, le réseau Starlink a doublé la masse des objets en orbite terrestre basse. Cette mégaconstellation d'un million de centres de données orbitaux rendrait ce chiffre dérisoire. Cela donne également une idée de la quantité impressionnante de métaux précieux qui pourrait échapper au recyclage.

    En raison d'une durée de vie moyenne estimée à cinq ans pour les processeurs graphiques (GPU), environ 200 000 satellites de la première constellation « SpaceX AI1 » devraient être mis hors service chaque année. Selon les précisions de SpaceX, environ 40 000 de ces satellites se désintégreraient annuellement dans l'atmosphère, y diffusant de l'aluminium susceptible de provoquer une dégradation de la couche d'ozone sur plusieurs décennies.

    Ces matériaux seraient en grande partie dispersés dans l’atmosphère, transformant une ressource en un polluant diffus qui se déposerait lentement sur toute la planète. Une partie ou la totalité des 160 000 satellites restants serait déplacée vers une orbite d’élimination éloignée. Dans tous les cas, ils sont perdus du point de vue du « cycle de vie des matériaux ». Les chercheurs ont fait une estimation très prudente basée uniquement sur les GPU.

    En excluant les systèmes de refroidissement et les panneaux solaires, elle montre que cette flotte consommerait et éjecterait chaque année près de 1 000 tonnes de cuivre, 170 kilogrammes d'or, 2 tonnes d'argent, ainsi que des dizaines de tonnes de bismuth, de titane, de palladium et de thallium. Les pertes de palladium et de thallium représenteraient à elles seules près de 1 % de la production minière mondiale annuelle de ces métaux rares.

    La logique d'exploitation minière des astéroïdes inversée

    Cette perte continue de matériaux terrestres s'apparente à une logique d'exploitation minière d'astéroïdes inversée. Pour la compenser par l'exploitation minière spatiale, il faudrait capturer et traiter chaque année de grands astéroïdes. Ainsi, compenser le cuivre perdu exigerait l'exploitation annuelle d'un astéroïde de 140 à 190 mètres de diamètre, tandis que l'argent ou le baryum nécessiteraient des astéroïdes de 225 à 300 mètres de large.

    Face à cette impasse, SpaceX a récemment évoqué un plan pour une fabrication extraterrestre : « nous prévoyons d'établir des capacités de fabrication sur la Lune, notamment des usines pour produire des satellites de calcul d'IA à grande échelle [...] Nous prévoyons d'utiliser des matières premières de la Lune pour construire la majeure partie de la masse des satellites et d'expédier les puces et d'autres éléments de faible masse depuis la Terre ».

    L'établissement d'une base lunaire, de mines et d'usines automatisées représente un coût et une complexité technologique dont la rentabilité n'est absolument pas démontrée. Sur Terre, l'IA est loin d'être rentable, ce qui soulève des questions sur la manière dont SpaceX financera son exploration lunaire.

    Pour Elon Musk, d'ici à deux ans, « l'espace sera l’endroit le moins coûteux pour déployer l’IA ». Toutefois, les experts en électronique spatiale sont sceptiques. Selon Brian McManus, ingénieur aéronautique, « les milliardaires tenteront de vous jeter de la poudre aux yeux et de vous convaincre que cette technologie est tout à fait pertinente, mais la réalité, c’est que cette technologie est stupide ». L'ingénieur évoque les défis techniques majeurs.

    Les arguments avancés par les promoteurs masquent des obstacles comme la maintenance quasi impossible en orbite, la vulnérabilité aux radiations et aux débris spatiaux, et la latence de transmission des données vers la Terre. Le calcul économique ne tient que si l'on ignore ces coûts cachés, ce qui suggère que le projet sert avant tout à générer un récit futuriste capable de lever des fonds, plutôt qu'à résoudre un vrai problème industriel.

    L'absence de responsabilité environnementale et légale

    La construction de centre de données dans l'espace n'est pas juste une idée de science-fiction : de nombreuses entreprises clés (Google, SpaceX, etc.) étudient très sérieusement la possibilité de déployer des clusters de calcul dans l'espace afin d'exploiter efficacement l'énergie solaire et de réduire potentiellement les coûts liés aux centres de données. Cette approche leur permettrait également de contourner les réglementations sur Terre.

    L'externalisation de la puissance de calcul dans l'espace élimine les pratiques terrestres vertueuses, comme le recyclage responsable des serveurs obsolètes dans des bâtiments dédiés ou leur revente sur le marché secondaire. Les cadres juridiques actuels ignorent presque totalement la masse de matériaux soustraite à l'écosystème terrestre, ainsi que la pollution atmosphérique et orbitale générée par l'accumulation de ces déchets spatiaux.

    Les centres de données orbitaux relèvent d'une promesse séduisante, mais largement irréaliste sur le plan économique et technique. Le coût de lancement, même avec la baisse considérable des tarifs grâce aux fusées réutilisables, reste colossal comparé à la construction d'un centre de données terrestre.

    L'idée de déployer des centres de données orbitaux vient renforcer la bulle de l'IA et permet aux différents acteurs de lever des capitaux. En surfant sur l'engouement pour l'IA et le besoin réel de capacité de calcul, ces projets profitent du battage médiatique sans avoir à démontrer une viabilité économique, ce qui alimente le soupçon qu'il s'agit davantage d'un outil de communication financière que d'une feuille de route industrielle sérieuse.

    Un obstacle pour l'astronomie et les missions spatiales

    Les satellites menacent notre perception de l'espace. Nous savons déjà qu'ils affectent les observatoires professionnels, tant sur le plan optique qu'en termes de rayonnement électromagnétique qu'ils émettent. Cela crée du bruit qui peut interférer avec les observatoires qui dépendent des fréquences radio. La demande déposée par SpaceX auprès de la FCC indique que les satellites seront placés à une altitude comprise entre 500 et 5 000 km.

    Cela affecterait les observatoires terrestres et les observatoires spatiaux comme Hubble. Pour les observateurs amateurs et occasionnels, cela signifie des lumières qui traversent continuellement le ciel nocturne. Levez les yeux n'importe quelle nuit et vous verrez forcément un satellite passer à un moment donné, même en ville. Dans les endroits où le ciel est sombre, c'est encore pire, avec des dizaines de satellites visibles chaque nuit.

    Cette perte du ciel nocturne, qui guide l'humanité depuis la nuit des temps et influence la culture, la religion et la science, serait incommensurable. Selon les experts, il y a beaucoup d'inconnues, car SpaceX n'avait pas fourni assez d'informations techniques dans son dossier déposé auprès de la FCC.

    SpaceX a tenté de collaborer avec l'Union astronomique internationale (IAU) et son Centre pour la protection du ciel sombre et tranquille afin d'atténuer la luminosité de ses satellites, mais sa proposition de lancer un million de satellites a choqué les astronomes. Selon un rapport publié en septembre 2024, les satellites Starlink de deuxième génération (Gen2) émettent 30 fois plus d'interférences radio que ceux de la génération précédente.

    Dégradation de l'orbite basse et viabilité économique illusoire

    En définitive, les experts concluent que ces projets relèvent davantage de l'utopie destinée à séduire des investisseurs, car dans l'industrie technologique actuelle, proposer une idée en premier permet de récolter d'importantes récompenses financières. Alors, si le projet n’est pas viable économiquement et si l’humanité va perdre sa vue sur les étoiles, pourquoi les hyperscaleurs font-ils tant de battage autour des centres de données orbitaux ?

    « La réponse évidente : l’argent, le bon vieux fric. La partie "Elon Musk" de ce projet est franchement géniale, car il détient xAI qui construit les centres de données, SpaceX qui les envoie dans l’espace, et Tesla qui fabrique les panneaux solaires. C’est presque comme s’il se payait lui-même », affirme Dina Genkina, rédactrice en chef chargée de l’informatique et du matériel chez IEEE Spectrum. (Elon Musk est devenu le premier trillionaire de l'histoire.)

    Selon un ancien scientifique de la NASA, les centres de données orbitaux sont « une idée absolument catastrophique qui n'a vraiment aucun sens ». Cet ancien spécialiste en électronique spatiale de la NASA a déclaré que les centres de données spatiaux ne sont pas pratiques en raison d'une production d'électricité insuffisante, de problèmes complexes de régulation thermique et des effets néfastes des rayonnements sur les composants électroniques.

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous des risques que posent les centres de données orbitaux ?
    Elon Musk évoque une fabrication sur la Lune pour réduire la pollution terrestre. Qu'en pensez-vous ?
    Les centres de données orbitaux sont-ils une idée réaliste ou farfelue ? Pourquoi de plus en plus de milliardaires s'y intéressent-ils ?

    Voir aussi

    Est-ce vraiment si difficile de construire des centres de données orbitaux ? L'ambition d'Elon Musk se heurte à l'exigence d'une baisse drastique des coûts et à des défis d'ingénierie considérables

    La société SpaceX d'Elon Musk finalise officiellement l'acquisition de Cursor, un assistant de programmation basé sur l'IA, pour un montant de 60 milliards $

    « Vanter les centres de données orbitaux relève d'une psychose induite par l'IA ». Cette idée catastrophique portée par Elon Musk est moins une révolution qu'un argument marketing pour lever des fonds

  9. #129
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    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Pendant longtemps, les USA étaient une destination de rêve pour le monde entier.

    Aujourd'hui, les USA sont devenus la peste et le choléra pour le reste du monde... Trump et ses sbires ne font qu'accélérer l'infection!

  10. #130
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    Ajouter durée de vie limitée de l'électronique. La station spatial doit tout changer tout l'équipement électronique à tout les 5 ans, à cause des radiations.
    Un vrai problème majeur. La durée est trop courte. Chaque fois qu'on doit changer l'équipment, les coûts feront l'idée comme un très mauvais boulot.

  11. #131
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    Cela entraînerait une perte irrémédiable de métaux précieux et critiques, tels que le palladium et le cuivre, qui ne pourraient plus être recyclés sur Terre. De plus, la combustion de ces engins dans l'atmosphère risque de libérer des contaminants nocifs capables de dégrader la couche d'ozone.[/B]
    On est déjà mal barrés avec le plomb ou mercure (poissons), le cadmium (chocolat, céréales), ils vont rajouter de l'aluminium, du thallium, ... tous très nocifs !

  12. #132
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    L'absence de responsabilité environnementale et légale
    Manifestement l'humain n'a plus de conscience...

  13. #133
    Communiqués de presse

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    Par défaut Google lancera le 1er octobre le premier test orbital d’un centre de données IA
    SpaceX lancera le 1er octobre le premier test orbital d'un centre de données IA de Google, le projet « Suncatcher » prévoit le premier test en orbite de quatre TPU, avec des sessions limitées

    Google a annoncé être prête à lancer son premier satellite expérimental dans le cadre du « projet Suncatcher » le 1er octobre, marquant ainsi une étape importante vers son objectif de construire des centres de données IA orbitaux alimentés par un ensoleillement quasi constant. Ce satellite de la taille d’un réfrigérateur, baptisé MVP, embarquera quatre unités de traitement Tensor (TPU) sur mesure développées par Google et sera lancé à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX dans le cadre de la mission de partage de charge Transporter-18. La mission permettra d'évaluer la résistance des TPU de Google aux forces de lancement, aux rayonnements et aux extrêmes thermiques. Le satellite utilisera des modèles Gemini à des fins de test.

    En décembre 2025, le PDG de Google, Sundar Pichai, a dévoilé le projet Suncather, un plan visant à construire des centres de données compacts par satellite alimentés par l'énergie solaire directe. L'entreprise vise à déployer ses TPU en orbite d'ici 2027, Pichai suggérant avec humour qu'ils pourraient rencontrer la Tesla Roadster en orbite. Tout en reconnaissant que le concept « paraît fou aujourd'hui », Sundar Pichai a défendu cette initiative ambitieuse en arguant qu'elle est indispensable pour répondre aux besoins immenses et exponentiels de la puissance de calcul future.

    Récememnt, Google a annoncé être prête à lancer son premier satellite expérimental dans le cadre du « projet Suncatcher » le 1er octobre, marquant ainsi une étape importante vers son objectif de construire des centres de données IA orbitaux alimentés par un ensoleillement quasi constant. Ce satellite de la taille d’un réfrigérateur, baptisé MVP, embarquera quatre unités de traitement Tensor (TPU) sur mesure développées par Google et sera lancé à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX dans le cadre de la mission de partage de charge Transporter-18. L'engin spatial a été construit en partenariat avec la société d'imagerie satellite Planet Labs.

    Annoncé l'année dernière, le projet Suncatcher vise à déterminer si l'espace peut accueillir une infrastructure d'apprentissage automatique évolutive. En orbite terrestre basse, les satellites peuvent capter jusqu'à huit fois plus d'énergie solaire que sur Terre, ce qui pourrait permettre de contourner les contraintes énergétiques auxquelles sont confrontés les centres de données terrestres.

    La mission permettra d'évaluer la résistance des TPU de Google aux forces de lancement, aux rayonnements et aux extrêmes thermiques. Google a indiqué que ses TPU Trillium avaient bien résisté aux essais au sol, supportant des doses de rayonnement supérieures à celles auxquelles ils seraient exposés au cours d’une mission spatiale de cinq ans. Le refroidissement reste toutefois un défi majeur. Dans l’espace, il n’y a pas de circulation d’air ; la chaleur doit être dissipée par des radiateurs. La conception de Google combine des caloducs et des radiateurs, mais le système ne peut fonctionner que par intervalles d’environ 15 minutes avant que les TPU ne doivent s’arrêter pour laisser les radiateurs rattraper leur retard.

    Le satellite utilisera des modèles Gemini à des fins de test. Les futures conceptions prévoient des grappes de satellites embarquant chacun des dizaines de TPU, communiquant via des lasers à large bande passante. Google prévoit de lancer deux satellites en 2027 pour tester ces liaisons laser. Les experts soulignent que ce concept est encore loin d’être commercialement viable en raison des coûts de lancement élevés et des contraintes techniques. Google a insisté sur le fait que la première mission vise à collecter des données ainsi qu’à repérer et identifier les points de défaillance, et non à présenter un centre de données orbital opérationnel.

    Les milliardaires de la technologie rêvent de transférer les centres de données IA en orbite pour pallier les limites énergétiques terrestres. Les experts dénoncent une idée irréaliste, pointant du doigt des défis techniques insurmontables tels que le refroidissement thermique extrême et la protection contre les débris spatiaux. La masse colossale de ces structures dépasserait de loin les capacités de lancement historiques actuelles. De plus, les particules ionisantes présentes dans l'espace risqueraient de corrompre gravement les calculs, provoquant des erreurs informatiques majeures. Selon un ancien ingénieur de la NASA, il s'agit d'une idée catastrophique.


    Voici l'annonce de Google :

    Dans les coulisses du projet Suncatcher, notre projet ambitieux visant à déployer l’IA dans l’espace

    Après des années de recherche, le projet Suncatcher s’apprête à mener son premier test en orbite, avec le lancement d’un prototype de satellite destiné à évaluer les performances des unités de traitement Tensor (TPU) de Google dans l’espace.

    Annoncé l’année dernière, le projet Suncatcher est un projet de recherche ambitieux à long terme visant à déterminer si l’espace pourrait un jour accueillir une infrastructure d’apprentissage automatique évolutive. En orbite terrestre basse, les satellites bénéficient d’un ensoleillement quasi constant, ce qui leur permet de produire jusqu’à huit fois plus d’énergie solaire que sur Terre. À terme, il pourrait être possible de relier entre elles plusieurs constellations de satellites, leur permettant ainsi de gérer des charges de travail d’IA plus importantes depuis leur orbite.

    Les grandes avancées naissent lorsque l’on part de l’objectif final pour remonter en amont. Dans notre cas, il s’agit de garantir que les avantages considérables de l’IA dans des domaines clés, de la santé aux découvertes scientifiques, puissent profiter à tous, loin dans l’avenir. Tout comme les premières recherches sur la conduite autonome et l’informatique quantique ont nécessité des années d’expérimentation avant d’aboutir à des systèmes opérationnels, l’exploration du calcul dans l’espace commence par des étapes mesurées et réfléchies.

    Pour concrétiser cette idée, il faut commencer par se poser une question fondamentale : notre matériel d’IA peut-il fonctionner dans l’espace ? Cette mission initiale, embarquée à bord de la prochaine mission de partage de charge Transporter-18 avec SpaceX, a été développée en partenariat avec Planet. Elle est conçue pour recueillir des données en orbite sur la manière dont nos TPU gèrent les contraintes physiques du vol spatial ainsi que les rayonnements et les conditions thermiques extrêmes de l’espace.

    Alors que nous nous préparons à un premier lancement d’essai et que nous travaillons à la réalisation de notre prochaine étape importante en 2027, l’équipe du projet Suncatcher a évoqué ce que nous espérons apprendre et les obstacles techniques à surmonter dans une nouvelle série de vidéos explorant les aspects scientifiques de la mission.

    Survie du matériel


    Un voyage en fusée vers l’orbite terrestre basse dure environ 10 minutes, pendant lesquelles le vaisseau spatial subit des vibrations intenses et des accélérations soutenues pouvant atteindre 10 fois la force de gravité, ou force g. Certains composants, tels que les puces TPU, peuvent être soumis à des forces encore plus importantes, allant jusqu’à 50 à 100 g. L’équipe a réalisé des essais de vibration en secouant violemment le satellite sur les trois axes afin de reproduire les fréquences d’un lancement de fusée. Ce genre de tests se déroule rarement comme prévu ; nous avons donc été agréablement surpris de constater que le matériel avait résisté à ces forces.

    Une fois que les puces TPU sont dans l’espace, le niveau de rayonnement à l’extérieur de l’atmosphère terrestre représente un autre défi à surmonter. Les événements solaires et les rayons cosmiques peuvent causer des ravages sur les composants électroniques ; notre équipe a donc testé les TPU dans une installation de faisceaux de protons au Crocker Nuclear Laboratory de l’université de Californie à Davis, tout en exécutant des charges de travail d’IA. Au cours du test, nous avons surveillé de près l’impact d’erreurs, telles que les inversions de bits, sur nos charges de travail. Les premiers résultats ont montré que nos TPU Trillium résistent remarquablement bien et peuvent supporter une dose ionisante totale supérieure à celle qu’ils recevraient au cours d’une mission spatiale de cinq ans.

    Mais certains aspects ne peuvent être testés que dans l’espace. La mise en orbite de nos premiers TPU la semaine prochaine nous permettra de recueillir des données et des enseignements utiles pour les futurs lancements.

    Le refroidissement dans l’espace


    Le refroidissement des centres de données orbitaux constitue un défi de recherche crucial. Les TPU génèrent une grande quantité de chaleur dans un espace restreint, qui doit être dissipée en toute sécurité, sans quoi les puces risquent de surchauffer. Or, dans l’espace, il n’y a pas de circulation d’air. Dans le vide, la chaleur ne peut être dissipée que par des radiateurs, ce qui nécessite une approche totalement différente du refroidissement des composants électroniques.

    Nous travaillons actuellement sur plusieurs approches différentes, notamment une combinaison de caloducs et de radiateurs pour refroidir les puces. Jusqu’à présent, notre équipe a testé cette technologie dans une chambre thermique sous vide qui simule à la fois l’environnement thermique et le vide de l’espace. Nous verrons comment notre nouveau système de refroidissement des TPU fonctionne dans l’espace et affinerons nos conceptions au fur et à mesure de nos découvertes.

    Interconnectivité des satellites


    Les futurs modèles de nos satellites embarqueront chacun des dizaines de puces TPU et orbiteront autour de la Terre en grappes. Pour maintenir la bande passante nécessaire au traitement de l’IA, chaque satellite doit connaître à la fois sa propre position et sa position par rapport à ses voisins. Pour ce faire, les satellites communiqueront par laser.

    Cette technologie existe déjà dans l’espace, mais la plupart des systèmes de pointe sont optimisés pour une faible bande passante sur de longues distances, alors que nos lasers doivent fonctionner avec une bande passante très élevée sur des distances extrêmement courtes. Maintenir la connexion nécessaire exige une précision extraordinaire, comparable à celle requise pour atteindre une cible de la taille d’une pièce de monnaie à plusieurs miles de distance, alors que les deux points sont en mouvement. Nous testerons nos travaux à ce sujet en 2027, lorsque nous mettrons deux satellites en orbite.

    Ce n’est qu’un début

    L’exploration de l’espace en tant que site viable pour des calculs d’IA évolutifs ne se fera pas du jour au lendemain. Elle nécessite un travail d’ingénierie méthodique, qui commence par démontrer que notre matériel est capable de faire face aux réalités physiques et imprévisibles d’un fonctionnement en orbite. Ce premier lancement a pour but de déterminer ce qui fonctionne, d’identifier les points de défaillance et d’appliquer ces conclusions aux futures missions.

    Chaque technologie révolutionnaire que nous avons développée chez Google a commencé par un objectif audacieux — et par la rigueur nécessaire pour travailler à rebours afin de résoudre les problèmes complexes rencontrés tout au long du parcours. Alors que notre dernier projet ambitieux se dirige vers la rampe de lancement, notre équipe est ravie de partager ce que nous apprenons et les avancées scientifiques qui font progresser ce travail.

    Source : Annonce de Google

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    Par défaut Google a lancé les tests d'un centre de données orbital dédié à l'IA, mais doit faire face à des défis majeurs
    Google teste un centre de données IA en orbite. Le projet doit résoudre la dissipation thermique dans l'espace et réduire les coûts de maintenance pour prouver sa viabilité
    ce dont les experts doutent

    Google a lancé les tests d'un centre de données orbital dédié à l'IA à travers l'initiative « Suncatcher ». Un satellite prototype de la taille d'un réfrigérateur, développé en partenariat avec Planet Labs et transporté par une fusée SpaceX, a été mis en orbite pour évaluer la résistance de puces Tensor Processing Units (TPU) face aux radiations et aux températures extrêmes. Malgré les promesses, cette technologie soulève des défis techniques majeurs, notamment la gestion de la dissipation thermique dans le vide spatial et les coûts élevés de maintenance. Selon un ancien scientifique de la NASA, les centres de données orbitaux sont une idée catastrophique.

    Google a lancé le projet « Suncatcher », une initiative de recherche à long terme visant à installer des centres de données d'IA en orbite terrestre pour exploiter l'énergie solaire illimitée. Face à l'explosion de la demande en capacité d'apprentissage automatique et aux oppositions croissantes des communautés locales contre l'implantation de centres terrestres gourmands en électricité, l'espace offre une source d'énergie abondante et constante.

    Comme le souligne Travis Beals, responsable du projet chez Google, « le soleil produit presque toute l'énergie de notre système solaire » et cette initiative vise à exploiter cette ressource pour alimenter le calcul informatique dédié à l'IA. Pour valider ce concept, Google s'est associé à la société Planet Labs afin de concevoir un prototype de satellite de la taille d'un réfrigérateur capable de tester la résistance des puces aux contraintes spatiales.

    « La Lune est un cadeau de l'univers », a déclaré Jeff Bezos en évoquant les avantages de l'utilisation de la Lune comme base pour lancer des projets dans l'espace. L'idée est digne d'un film de science-fiction, mais elle est de plus en plus plébiscitée. Quant à savoir si elle est réalisable, c'est une tout autre histoire.

    « L’espace sera l’endroit le moins coûteux pour déployer l’IA, et ce sera le cas d’ici deux ans, trois au plus tard », a déclaré Elon Musk, fondateur de SpaceX, lors du Forum économique mondial de Davos en janvier, alors que son entreprise s’apprêtait à entrer en bourse. Il juge ce projet plus respectueux de l'environnement. Il a introduit SpaceX en bourse sur la base de ces promesses, bien que des critiques considèrent l'idée comme non viable.

    Le premier prototype et le défi de la dissipation thermique

    Cette idée emballe les milliardaires de la technologie, mais les spécialistes sont sceptiques. Brian McManus, ingénieur aéronautique, critique particulièrement Starcloud, une entreprise qui a levé 170 millions de dollars. L'expert a déclaré : « il semble vraiment que n'importe qui avec quelques rendus et un livre blanc rédigé par quelqu'un gonflé à bloc par une IA trop complaisante puisse obtenir un financement par capital-risque de nos jours ».


    Transporté en orbite par une fusée de SpaceX, ce satellite embarque quatre puces spécialisées conçues par Google, appelées Tensor Processing Units (TPU). L'objectif principal de cette initiative de Google est de prouver qu'une TPU peut fonctionner dans l'espace sous une alimentation continue d'un kilowatt.

    En raison de contraintes liées à la gestion thermique, ces puces exécuteront une version du modèle à poids ouverts Gemma de Google par sessions de quinze minutes afin d'éviter la surchauffe. Dans un article de blogue, l'entreprise a indiqué que cette mission permettra d’évaluer « la manière dont les TPU gèrent les contraintes physiques du vol spatial ainsi que les rayonnements et les conditions thermiques extrêmes imposées par l'espace ».

    Brandon Lucia, professeur d’ingénierie électrique et informatique à l’université Carnegie Mellon, a déclaré que l’idée semblait « tout droit sortie d’un film de science-fiction », mais qu’une grande partie de la technologie avait déjà fait ses preuves au niveau de la recherche. Brandon Lucia explique que « la dissipation thermique constitue un obstacle majeur », car le vide spatial ne permet pas d'utiliser l'air ou l'eau pour refroidir les composants.

    Google affirme travailler sur la question du refroidissement

    Google a qualifié le refroidissement des puces de « défi de recherche crucial » et a présenté des approches sur lesquelles la société travaille, notamment l’utilisation d’une combinaison de tuyaux et de radiateurs pour évacuer la chaleur des puces. D'après Travis Beal, les radiateurs comptent parmi les composants les plus lourds de la mission actuelle, ce qui constitue un inconvénient, car les objets plus lourds coûtent beaucoup plus cher à lancer.

    Il a déclaré que son équipe cherche des moyens de refroidir les puces plus efficacement. En outre, il existe des questions majeures concernant la maintenance. Lorsqu’une puce tombe en panne dans un centre de données terrestre, ou qu’un dysfonctionnement survient, un technicien peut se rendre sur place pour la réparer. Selon les spécialistes, cela s'avère infiniment plus complexe et coûteux lorsque le centre de données tourne dans l'espace.

    Les ambitions de Starcloud en matière d'infrastructures orbitales sont jugées démesurées. Pour atteindre les 5 gigawatts de puissance promis, chaque centre de données couvrirait une surface gigantesque, équivalente à près de 5 000 fois celle des panneaux de la Station spatiale internationale. La masse d'une telle station dépasserait les 113 millions de kilogrammes, soit « plus de six fois la masse totale lancée dans l'espace dans l'histoire ».

    « Même en faisant abstraction des pompes, du liquide de refroidissement, des blindages antiradiations, du carburant, des roues d’inertie, des structures et autres éléments, la station Starcloud dépasse les 113 millions de kilogrammes. C’est plus qu’un porte-avions en orbite. C'est plus de six fois la masse totale jamais lancée dans l’espace depuis le début de l’histoire », a déclaré Brian McManus en critiquant les centres de données dans l'espace.

    Selon un ancien cadre de la NASA, les centres de données orbitaux sont « une idée absolument catastrophique qui n'a vraiment aucun sens ». Cet ancien spécialiste en électronique spatiale de la NASA a déclaré que les centres de données spatiaux ne sont pas pratiques en raison d'une production d'électricité insuffisante, de problèmes complexes de régulation thermique et des effets néfastes des rayonnements sur les composants électroniques.

    Les impératifs d'infrastructure et les lancements du Starship

    À terme, Google ambitionne de déployer une constellation de 81 satellites en formation serrée et interagissant par des liaisons laser. Dans une étude publiée dans la revue Joule, les chercheurs de Google ont étudié les conditions de viabilité du projet. Pour ramener le coût de lancement vers 200 dollars par kilogramme d'ici 2035, l'étude indique que le lanceur Starship de SpaceX devra acheminer environ 370 000 tonnes de charge utile en orbite.


    Cela nécessiterait 1 800 lancements du Starship sur dix ans, soit 180 vols annuels à raison de 200 tonnes par mission, ce qui représente un défi immense pour un appareil qui n'a pas dépassé 5 vols par an jusqu'à présent. De plus, les essais démontrent qu'elles résistent bien aux radiations spatiales sur une durée de cinq ans pour des tâches d'inférence, mais qu'elles restent sujettes à des erreurs problématiques pour de l'entraînement massif.

    Malgré le potentiel théorique, la rentabilité financière reste incertaine en raison du coût élevé des lancements, des difficultés de réparation et de la latence des communications laser à travers l'atmosphère terrestre. Travis Beals qualifie ce projet de « moonshot » et estime qu'il faudra plus de 5 ans avant de voir émerger une viabilité économique réelle. Selon lui, les centres spatiaux ne remplaceront pas de sitôt les infrastructures terrestres.

    Il souligne ainsi qu'il y aura des cas d'usage qui auront plus de sens sur Terre et des cas d'usage qui auront plus de sens dans l'espace, les deux types d'infrastructures étant appelés à coexister durablement. « Le coût et la complexité de tous ces projets sont multipliés par 10, voire par 100. Il faut donc que les retombées soient considérables », affirme Brandon Lucia. À l'heure actuelle, les experts doutent encore des centres de données spatiaux.

    Plusieurs dangers liés aux débris spatiaux et aux radiations

    La taille démesurée de ces installations les rendrait extrêmement vulnérables aux millions de débris spatiaux qui encombrent déjà l'orbite terrestre, rendant la moindre réparation extrêmement coûteuse et complexe. Les coûts exploseraient rapidement. Même les plus petits débris pourraient percer un trou dans les panneaux, ce qui nécessiterait des réparations coûteuses, grandement compliquées par le voyage dans l’espace qu’elles impliqueraient.

    C’est un problème bien réel que SpaceX ne connaît que trop bien. L'entreprise a révélé que son réseau de satellites Internet Starlink avait dû effectuer jusqu'à 300 000 manœuvres d’évitement de collision rien qu’en 2025. À cela s'ajoute le problème de la transmission et de l'intégrité des données à travers le vide spatial. Selon l'ingénieur aéronautique Brian McManus, les particules ionisantes peuvent facilement altérer les informations stockées.

    À ce propos, Brian McManus explique notamment : « les particules ionisantes traversant les satellites peuvent griller un transistor ou inverser un bit d’information stocké à l’intérieur. Sans un logiciel vérifiant en permanence les résultats, cela entraînerait la mère de toutes les hallucinations de l’IA. Les ordinateurs existants à bord de l’ISS doivent effectuer des calculs redondants et comparer les résultats pour éliminer les données corrompues ».

    « Le coût du projet Starcloud envisagé semble également sortir de nulle part et est trop optimiste quant aux masses et aux coûts de lancement », selon Brian McManus. La simple maintenance de ce réseau constituerait une entreprise colossale et onéreuse. La durée de vie des puces d’IA actuelles n’est que de deux à quatre ans, et ce, sur Terre, où la dégradation est un problème bien moins important que dans l’environnement extrême de l’espace.

    Conclusion

    En définitive, les experts concluent que ces projets relèvent davantage de l'utopie destinée à séduire des investisseurs, car dans l'industrie technologique actuelle, proposer une idée en premier permet de récolter d'importantes récompenses financières. Alors, si le projet n’est pas viable économiquement et si l’humanité va perdre sa vue sur les étoiles, pourquoi les hyperscaleurs font-ils tant de battage autour des centres de données orbitaux ?

    « La réponse évidente : l’argent, le bon vieux fric. La partie "Elon Musk" de ce projet est franchement géniale, car il détient xAI qui construit les centres de données, SpaceX qui les envoie dans l’espace, et Tesla qui fabrique les panneaux solaires. C’est presque comme s’il se payait lui-même », affirme Dina Genkina, rédactrice en chef chargée de l’informatique et du matériel chez IEEE Spectrum. Elon Musk semble ignorer les avis des experts.

    Les ingénieurs aéronautiques pensent que Starcloud semble n’être qu’un rêve chimérique d’un milliardaire obsédé par l’IA, conçu dès le départ pour rassurer des investisseurs à fleur de peau. Les centres de données orbitaux représentent également un danger pour l'astronomie et les missions spatiales futures.

    Par ailleurs, de nombreux signaux d'alarme suscitent des craintes relatives à une bulle spéculative autour de l'IA. Perplexity et OpenAI sont en tête de liste des startups que les investisseurs vendraient à découvert pour profiter du krach de la bulle de l'IA. Nvidia entretient une économie circulaire dans le secteur de l'IA, où quelques entreprises financent mutuellement leur croissance. L'éclatement de la bulle pourrait avoir des conséquences désastreuses.

    Sources : Project Suncatcher (1, 2), rapport d'étude

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