Et ils vont se heurter aussi à une sérieuse concurrence internationale... ainsi qu'à la mauvaise image de l'IA sur leur propre marché.
Discussion :
Et ils vont se heurter aussi à une sérieuse concurrence internationale... ainsi qu'à la mauvaise image de l'IA sur leur propre marché.
Le responsable du Pentagone chargé de la politique en matière d'IA militaire a vendu pour plusieurs millions de dollars d'actions Perplexity et xAI
soulevant des soupçons de conflit d'intérêts
Un haut responsable du Pentagone est au cœur de controverses financières. Emil Michael, chargé de la politique de l'agence en matière d'IA, a réalisé des profits colossaux en vendant ses parts dans des entreprises technologiques comme xAI, Perplexity et Brex tout en occupant ses fonctions officielles. Bien que l'agence affirme que ces ventes respectent les règles d'éthique, des experts soupçonnent de potentiels conflits d'intérêts. La situation est d'autant plus sensible qu'il exerce une influence directe sur la stratégie militaire en matière d'IA. Selon des détracteurs, les initiés tentent de retirer leurs billes avant en prévision à l'éclatement de la bulle de l'IA.
Emil Michael est chargé de la politique du Pentagone en matière d'IA. Ancien directeur du développement des affaires (Chief Business Officer) d'Uber, il est devenu sous-secrétaire à la Défense pour la Recherche et l'Ingénierie (USD R&E), ce qui fait de lui une sorte de directeur technique du Pentagone. À ce titre, Emil Michael supervise notamment la politique du ministère en matière d'IA militaire ainsi que d'autres initiatives liées à la technologie.
Emil Michael a récemment procédé à la vente de ses participations financières dans la startup Perplexity AI. Selon les déclarations financières fédérales américaines consultées par le média The Guardian, le montant de cette transaction se situe dans une fourchette allant de 5 à 25 millions de dollars.
(Les registres financiers fédéraux indiquent des fourchettes de valeurs en dollars plutôt que des chiffres précis.). En outre, les informations indiquent qu'Emil Michael n'en est pas à sa première. Cette transaction fait suite à une autre vente d'actions hautement lucrative réalisée plus tôt dans l'année, liée à la société xAI d'Elon Musk, démontrant les investissements significatifs du cadre fédéral dans « le secteur de l'IA qu'il est chargé de superviser ».
Les documents financiers d'Emil Michael révèlent des liens étroits et antérieurs avec Perplexity, un moteur de recherche propulsé par l'IA qui cherche actuellement à obtenir une valorisation de 30 milliards de dollars. En effet, avant d'entrer au service de l'État fédéral, Emil Michael siégeait au conseil consultatif de Perplexity, poste dont il a démissionné lors de sa prise de fonction. Emil Michael a obtenu un prêt personnel de la part de cette société.
Ses déclarations financières de 2025 indiquent qu'il avait contracté un prêt personnel auprès de Perplexity en 2024, d'un montant compris entre 250 000 et 500 000 dollars, à un taux d'intérêt de 4,57 %. Bien qu'il se soit engagé dans son accord d'éthique à ne réaliser aucun profit sur ses actions non acquises, les déclarations publiques ne permettent pas de distinguer précisément la part d'actions acquises ou non lors de la vente de juin.
Autres transactions lucratives et conflits d'intérêts potentiels
Les gains financiers réalisés par Emil Michael durant son mandat au Pentagone ne se limitent pas à Perplexity. En janvier 2026, il a empoché jusqu'à 24 millions de dollars en revendant ses parts dans xAI, réalisant une plus-value spectaculaire comprise entre 400 % et 4 800 %. En avril, il a vendu ses parts dans Brex LLC, une entreprise de logiciels financiers soutenue par Peter Thiel et rachetée par Capital One, pour un montant d'environ 5 millions.
Cette vente lui a permis de réaliser un gain d'au moins 473 %. Ses déclarations financières montrent que la valeur de ses actifs dans Brex est passée d'un maximum de 750 000 dollars en mars 2025 à plus de 5 millions de dollars lors de sa revente en avril 2026, pendant sa période au gouvernement.
Bien que Brex ne semble pas collaborer directement avec le gouvernement, Emil Michael, qui en était consultant, est apparu en décembre 2025 dans un épisode de podcast sponsorisé par Brex alors qu'il y était encore actionnaire. Durant cette même période, au sein du Pentagone, Emil Michael incarnait la figure de proue de la campagne menée par le département de la Défense contre l'entreprise d'IA concurrente Anthropic, la plaçant sur liste noire.
La chronologie de ces transactions laisse entrevoir une tendance à une accumulation considérable de richesse alors que Emil Michael occupait un poste de supervision de la technologie même à l’origine de ces flambées boursières. « Outre du fait que ces transactions relèvent d'une corruption effroyable, cela devrait l'empêcher de conserver son habilitation de sécurité, puisque la sécurité nationale n'est pas sa priorité », a écrit un utilisateur de Reddit.
Débats éthiques liés à ces transactions et réactions officielles
Ces transactions financières successives au sein d'industries stratégiques ont suscité de vives critiques de la part d'experts en déontologie publique. Richard Painter, ancien avocat en éthique de la Maison-Blanche sous la présidence de George W. Bush, s'est montré particulièrement critique à l'égard de la gestion de ces actifs. D'après lui, « le cadre du Pentagone aurait dû vendre tous ses intérêts dans l'entreprise avant de commencer à travailler ».
« C'est ainsi que nous aurions procédé à l'époque où je travaillais pour le président ». Richard Painter précise que si la détention de telles actions n'est pas illégale en soi, elle pose un problème majeur d'apparence de conflit d'intérêts, notant que la plupart des administrations auraient exigé de se débarrasser de ces actions avant de prendre ce poste ». Face aux critiques, les autorités militaires ont défendu la régularité de la situation de leur cadre.
Un porte-parole du Pentagone a vigoureusement réfuté tout manquement aux règles éthiques, ajoutant qu'Emil Michael et les autres responsables de la défense sont en totale conformité avec les lois et règlements sur l'éthique. « Toute affirmation contraire est fausse ». Le ministère de la Défense a rappelé qu'il s'appuyait sur un cadre éthique rigoureux et multicouche pour garantir l'intégrité de ses agents. Toutefois, cela n'a pas empêché le tollé.
Un détracteurs a commenté : « cet homme [Emil Michael] était autrefois un cadre chez Uber qui cherchait des moyens de contrer les autorités de régulation et de trouver des failles pour faire chanter les journalistes enquêtant sur les pratiques de l'entreprise. Ce n'est donc pas une surprise. Ses antécédents suggèrent également qu'il n'est probablement pas à cheval sur les règles. Pourtant, son rôle de fonctionnaire consiste à les faire respecter ».
La conformité juridique ne garantit pas l'adhésion du public
À en croire The Guardian, une partie de ses actions Perplexity était acquise et une autre non acquise ; dans son engagement éthique, il s'était engagé à ne pas tirer de profit des actions non acquises. Les informations communiquées ne permettent pas de déterminer clairement quelles actions il a vendues. La société xAI d'Elon Musk collabore avec le gouvernement fédéral ; il n'est pas clair si c'est également le cas de Perplexity et de Brex LLC.
Bien que l'existence d'un contrat entre Perplexity et le ministère de la Défense ne soit pas établie, l’existence d’une relation avec le gouvernement fédéral rend la situation plus délicate à percevoir. Emil Michael n’était pas simplement un investisseur : il détenait des parts dans un laboratoire d’IA en pleine expansion à un moment où le gouvernement fédéral américain cherchait activement à intégrer des systèmes d’IA commerciaux dans ses opérations.
Les règles fédérales en matière d’éthique sont conçues pour traiter les conflits d’intérêts et contribuer à préserver l’impartialité du processus décisionnel gouvernemental. Les agences peuvent recourir à des mesures telles que la récusation, la cession d’actifs, la réaffectation, les dérogations et d’autres solutions.
Les experts soutiennent qu'Emil Michael aurait dû céder certains investissements avant de prendre ses fonctions, même si le fait qu’il en soit propriétaire ne constituait pas automatiquement une violation de la loi fédérale. Cette distinction est très importante dans le secteur de l’IA, car les acteurs privés, comme OpenAI et Anthropic, peuvent connaître d’énormes fluctuations de leur valorisation en quelques mois plutôt qu’en plusieurs décennies.
Se dirige-t-on vers l'éclatement de cette bulle spéculative ?
À l'heure actuelle, le succès de l'IA générative repose sur son immense pouvoir de séduction auprès de cadres et de dirigeants déconnectés du travail réel. Les modèles de langage sont capables de simuler le travail accompli, flattant l'ego des managers en ne refusant jamais aucune directive, aussi absurde soit-elle. Selon l'analyste Edward Zitron, les dirigeants imposent une technologie extrêmement coûteuse simplement parce que la concurrence le fait.
L'analyste confirme un constat : l'IA n'est actuellement pas viable sur le plan économique, à l'exception de quelques acteurs très spécifiques. Nvidia est l'un des rares véritables bénéficiaires de cette course technologique. Le fabricant de puces et les entreprises de construction s'enrichissent en profitant de « l'exubérance irrationnelle » qui pousse les géants du cloud à investir des sommes colossales dans la construction massive de centres de données.
Edward Zitron estime que c'est précisément ce climat de mépris et d'épuisement qui s'apprête à détruire l'industrie de l'intérieur. Face à la maltraitance de leurs dirigeants, les employés révoltés ont commencé à exprimer leur mécontentement. Pour l'analyste, l'IA coûte trop cher et n'est rentable pour personne.
Source : dépôt légal
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Certains critiques soupçonnent un conflit d'intérêts et d'autres un délit d'initié. Qu'en pensez-vous ?
Voir aussi
Les prix des tokens d'IA ont atteint des niveaux historiquement bas en raison d'une concurrence accrue et de l'essor des modèles chinois à poids ouverts, la promesse de profits colossaux s'amenuise
L'essor de l'IA se heurte à un mur : 2 400 milliards de dollars d'engagements en puissance de calcul devront être honorés entre 2026 et 2029, alors que l'IA n'est toujours pas rentable
90 % des dirigeants affirment que l'IA n'améliore pas la productivité, mais certaines entreprises procèdent néanmoins à des réductions d'effectifs, justifiant ces décisions par la mise en œuvre de l'IA
Le PDG de Microsoft Satya Nadella vend pour plus de 43 millions de dollars d'actions de l'entreprise, en prévision de l'éclatement de la bulle IA
Satya Nadella, PDG de Microsoft, a vendu 86 525 actions ordinaires de la société le 1er septembre 2026, selon un document récemment déposé auprès de la SEC. Le montant total de ces transactions s'élève à 43 388 532 dollars. À la suite de ces transactions, Nadella détient directement 486 762 actions ordinaires de Microsoft. De plus, il détient indirectement 431 464 actions par l’intermédiaire de divers « Grantor Retained Annuity Trusts » (GRAT).
Depuis plusieurs mois, un même mot revient avec insistance dans les cercles financiers, technologiques et politiques : bulle. La bulle de l’intelligence artificielle (IA), nourrie par des investissements colossaux, des promesses parfois floues et une course mondiale à la puissance de calcul, semble se rapprocher d’un point de rupture. Entre signaux boursiers inquiétants, doutes croissants sur la rentabilité réelle des projets et comparaisons de plus en plus assumées avec l’explosion de la bulle Internet, le secteur de l’IA entre dans une phase critique où l’euphorie laisse place à l’examen.
L'auteur Edward Zitron a notamment dénoncé cette bulle de l'IA. Il affirme que la bulle est entretenue par des « promesses industrielles trompeuses ». Il souligne un décalage majeur entre les ventes massives de processeurs et la lenteur réelle de construction des centres de données, freinée par des contraintes énergétiques et logistiques. L'auteur accuse les entreprises technologiques de dissimuler ces retards tout en favorisant le contournement de l'interdiction des exportations vers la Chine. Selon d'autres rapports, l'IA en entreprise court à la catastrophe ; les assistants d'IA ont un prix exorbitant, mais génèrent du code défaillant, avec hallucinations.
Dans ce contexte, Satya Nadella, PDG de Microsoft, a vendu 86 525 actions ordinaires de la société le 1er septembre 2026, selon un document récemment déposé auprès de la SEC. Le montant total de ces transactions s'élève à 43 388 532 dollars. Satya Nadella est le président-directeur général (PDG) de Microsoft, ayant succédé à Steve Ballmer au poste de PDG en 2014 et à John W. Thompson au poste de président en 2021. Avant de devenir PDG, il était vice-président exécutif du groupe Cloud et Entreprise de Microsoft, chargé de la mise en place et de l'exploitation des plateformes informatiques de l'entreprise.
En novembre 2023, le cours de l’action Microsoft avait été multiplié par près de dix depuis l’arrivée de Nadella au poste de PDG en 2014, avec un taux de croissance annuel de 27 %, mettant ainsi fin à une période de 14 ans de croissance quasi nulle. En 2024, la rémunération de Nadella versée par Microsoft s'élevait à 79,1 millions de dollars, soit une augmentation de 63 % par rapport à sa rémunération de 2023, qui s'élevait à 48,5 millions de dollars.
Les actions ont été vendues en plusieurs transactions à des cours compris entre 498,2396 $ et 505,1997 $ par action. L'action Microsoft s'échange actuellement à 496,82 $, avec une capitalisation boursière de 3 690 milliards de dollars, et a enregistré un rendement de 23 % au cours des six derniers mois. À la suite de ces transactions, Nadella détient directement 486 762 actions ordinaires de Microsoft. De plus, il détient indirectement 431 464 actions par l’intermédiaire de divers « Grantor Retained Annuity Trusts » (GRAT).
Ces ventes ont été réalisées conformément à un plan de négociation au titre de la règle 10b5-1, que Nadella a adopté le 8 mars 2026. Selon une analyse, Microsoft semble sous-évalué à ses niveaux actuels, 17 analystes ayant récemment revu leurs prévisions de bénéfices à la hausse. Par ailleurs, Microsoft Corporation a publié des documents actualisés sur la présentation sectorielle pour l’exercice 2027, qui incluent des données financières historiques retraitées. Cette restructuration s’inscrit dans la stratégie de l’entreprise axée sur l’infrastructure d’IA et la productivité dans le cloud. Dans le même ordre d’idées, G42, une entreprise d’IA basée à Abu Dhabi et soutenue par Microsoft, serait en pourparlers pour lever des milliards de dollars auprès d’investisseurs, bien qu’aucune décision définitive n’ait encore été prise. Microsoft figure parmi les investisseurs actuels de G42, aux côtés de Mubadala Investment Co. et de Silver Lake.
Par ailleurs, BofA Securities a relevé son objectif de cours pour Microsoft à 600 dollars, invoquant la forte croissance de l’IA, notamment grâce à l’accélération de la croissance d’Azure au quatrième trimestre de l’exercice 2026. JMP Securities a également maintenu sa note « Market Outperform » pour Microsoft, soulignant les discussions avec la société chinoise Moonshot concernant d’éventuels accords de partage des revenus. Par ailleurs, l’acquisition de Hugging Face par Nvidia a été qualifiée de mesure défensive visant à protéger l’écosystème open source de l’IA, des comparaisons étant établies avec l’acquisition de GitHub par Microsoft. Ces développements soulignent le positionnement stratégique de Microsoft dans le secteur de l’IA.
Pourtant, un analyste de MacroStrategy Partnership a affirmé en 2025 que la bulle de l’IA serait dix-sept fois plus grosse que celle de la frénésie Internet du début des années 2000 et quatre fois plus importante que la bulle des subprimes. Selon lui, non seulement l’ampleur des investissements dans l’IA excède largement celle des bulles technologiques antérieures, mais les conditions de financement et d’optimisme exacerbées pourraient préparer le terrain à un effondrement sévère.
Source : Document déposé auprès de la SEC
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Voir aussi :
Microsoft perd 400 milliards $ en valeur boursière à cause de la bulle monétaire circulaire de l'IA qui a créé une illusion de 750 milliards $, un fantasme de Sam Altman qui ruine l'avenir de Microsoft
Microsoft enregistre son pire trimestre à Wall Street depuis 2008 en raison des inquiétudes liées à l'IA : l'action chute de 23 % au premier trimestre, effaçant près d'un quart de sa valeur
Satya Nadella durcit le ton face aux dirigeants de Microsoft : embarquez dans l'aventure de l'IA ou partez, le PDG continue la mutation du fonctionnement de l'entreprise
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Les rats quittent le navire... Avant l'entrée en bourse... Intéressant non?![]()
Mouef.
il vient de se séparer de 8.61% de ce qu'il détient en action microsoft.
Les actions ont grimpé, il encaisse sa plus-value. Ça représente même pas 6 mois de salaire pour lui.
Et les 43 millions sont à relativiser.
OpenAI a levé des capitaux à hauteur de quasiment un million de million de dollars.
Et OpenAI a immédiatement "acheté" à "hauteur de quasiment un million de million de dollars" des services et prestations auprès de ceux chez qui OpenAI est sensé avoir levé des fonds
OpenAI n'a rien levé du tout, ce ne sont que des mouvements comptables sous couvert de la nouvelle pratique que l'industrie tech américaine a inventé: Le financement circulaire!!!
La seule levée de capitaux réelle que fera peut-être OpenAI un jour sera son entrée en bourse!![]()
L'IA devra générer 6 000 milliards de revenus annuels d'ici 2031 pour rentabiliser les investissements colossaux dans les centres de données
or les applications actuelles n'en couvriront qu'une fraction
Bain & Company estime que l'industrie mondiale de l'IA devra générer environ 6 000 milliards de dollars de revenus annuels d'ici 2031 pour justifier les investissements massifs dans les centres de données et l'infrastructure informatique. Cependant, les applications actuelles et la productivité des employés ne combleront qu'une fraction de ce montant. Le cabinet indique que la majorité devra provenir de nouvelles avancées, telles que les systèmes autonomes, la robotique et les technologies médicales. Actuellement, les bénéfices sont financés par les investisseurs plutôt que générés par les clients, faisant craindre l'éclatement de la bulle IA.
Dans un rapport publié le mois dernier, l'économiste Torsten Slok a souligné un déséquilibre financier au sein de l'industrie de l'IA. Actuellement, les profits des fabricants de puces sont financés par les capitaux des investisseurs plutôt que par des revenus réels. Les développeurs d'applications d'IA affichent des marges opérationnelles négatives, créant de ce fait un modèle économique très fragile qui repose sur « l'espoir d'une rentabilité future ».
Si les clients finaux ne génèrent pas rapidement un retour sur investissement concret, le financement massif pourrait se tarir brutalement, provoquant l'éclatement de la bulle de l'IA. Certaines entreprises font déjà face à des flux de trésorerie disponible négatifs. OpenAI, perçu comme le leader mondial du secteur, prévoit une perte de trésorerie de près de 280 milliards de dollars d'ici fin 2030 ; il aura épuisé les fonds des investisseurs dès 2028.
Torsten Slok n’est pas le premier économiste à tirer la sonnette d’alarme sur la dépendance démesurée de l’IA vis-à-vis des investissements. Dans son rapport annuel publié cet été, la Banque des règlements internationaux (BRI) a noté : « l’afflux massif d’investissements dans l’IA dépasse les bénéfices et les flux de trésorerie disponibles », ce qui a conduit ces entreprises à émettre des titres de dette pour lever des fonds supplémentaires.
Selon un rapport publié récemment par le cabinet de conseil en stratégie Bain & Company, l'industrie mondiale de l'IA devra générer environ 6 000 milliards de dollars de revenus annuels d'ici 2031 pour justifier les investissements massifs consacrés aux centres de données et aux infrastructures de calcul.
Un impératif de 6 000 milliards de dollars pour soutenir la bulle
Bain & Company a publié son septième rapport annuel « Global Technology Report ». Ce dernier s'intéresse particulièrement à l'industrie de l'IA générative et à la frénésie des investissements dans les centres de données. Le rapport suggère que l'industrie a besoin d'innovations de rupture capables de générer suffisamment de revenus, environ 6 000 milliards de dollars par an, pour que les paris actuels des investisseurs deviennent rentables.
Toutefois, c'est loin d'être gagné. Pour atteindre cet objectif, le cabinet estime que le secteur devra s'étendre bien au-delà des logiciels d'entreprise traditionnels. « Le débat actuel se concentre exclusivement sur la productivité des employés. L’économie des infrastructures d’IA exige des milliers de milliards de dollars de nouveaux revenus, au-delà des gains de productivité », a déclaré David Crawford, président du pôle Global Technology de Bain.
Le rapport indique que les services d’IA existants destinés aux particuliers et aux entreprises pourraient contribuer à hauteur de 1 800 milliards de dollars à ce chiffre d’affaires, laissant un écart d’environ 4 200 milliards qui devra être comblé par de nouveaux services et applications d’IA. Ces revenus supplémentaires pourraient provenir de domaines comme les machines autonomes, la robotique, la découverte de médicaments, l'IA physique, etc.
« Ce dont le secteur a besoin, c’est d’une vague d’innovation qui éclipsera largement ce qu’ont permis la téléphonie mobile et le cloud », ajoute David Crawford. Il rappelle que le développement des infrastructures d’IA devance actuellement largement la courbe de la demande, ajoutant que le maintien de ces investissements nécessiterait que l’IA contribue à hauteur d’environ 1 point de pourcentage à la croissance annuelle du PIB mondial.
L'explosion des coûts d'infrastructure d'IA et les défis matériels
Microsoft, Google, Amazon, Meta et Oracle investissent des centaines de milliards de dollars dans des centres de données et des infrastructures informatiques, alors qu'ils se livrent à une course effrénée pour répondre à la demande en matière de charges de travail liées à l’IA. Bain & Company prévoit que « les dépenses mondiales consacrées aux centres de données atteindront entre 5 000 milliards et 6 500 milliards d’ici la fin de cette décennie ».
Cela représentera une augmentation de capacité d’au moins 150 gigawatts. Selon le cabinet, cette expansion devrait exercer une pression supplémentaire sur l’approvisionnement en électricité et d’autres ressources. Le coût et l’envergure des centres de données augmentent également rapidement, doublant approximativement tous les 12 à 16 mois. Par ailleurs, les coûts pourraient continuer à grimper en raison de la pénurie de mémoires.
La hausse des prix des puces, notamment celles fournies par Nvidia et SK Hynix, ainsi que des équipements réseau et d’autres composants, contribue à cette augmentation. Selon le cabinet de conseil, les dépenses annuelles consacrées aux infrastructures d’IA, notamment les centres de données, la capacité de calcul et les mises à niveau des accélérateurs et des puces mémoire, pourraient atteindre 1 500 milliards de dollars d’ici 2031.
Par exemple, le centre de données Prometheus de Meta en Ohio, évalué à 24 milliards de dollars pour 600 mégawatts en 2025, pourrait atteindre une capacité de 9 gigawatts pour un coût estimé à 200 milliards de dollars d'ici 2030. Cette expansion effrénée accentue la pression sur l'approvisionnement en électricité et incitera les grands acteurs du cloud à développer leurs propres puces sur mesure pour réduire leurs dépenses.
Impact de l'IA sur la cybersécurité et le développement logiciel
L’IA transforme également rapidement le paysage de la cybersécurité. D'après les estimations de Bain & Company, « l’IA a réduit la durée d’une cyberattaque type d’environ quatre semaines à 18 heures ». L’utilisation croissante d’agents IA ajoute un niveau de risque supplémentaire, tandis que les approches existantes en matière de surveillance des logiciels et des fournisseurs d’IA peinent à suivre le rythme des changements fréquents.
L’enquête menée par Bain auprès des RSSI a révélé que les entreprises augmentent leurs budgets de remédiation de pourcentages à deux chiffres. Certaines réaffectent également 20 à 25 % de leur personnel dédié à la cybersécurité à la gestion des alertes générées par les analyses basées sur l’IA.
Le rapport identifie les plateformes héritées, les couches réseau et les fournisseurs de logiciels en tant que service (SaaS) parmi les principaux domaines sur lesquels les entreprises concentrent leurs efforts de mise en conformité. Dans son rapport, Bain & Company identifie également la vitesse d’adoption de l’IA, c’est-à-dire la rapidité avec laquelle les entreprises peuvent mettre l’IA en production, comme un nouveau facteur concurrentiel.
Les principaux acteurs de l’IA investissent jusqu'à 9,75 milliards de dollars dans des projets d’ingénierie proactifs pour aider les entreprises à intégrer l’IA dans leurs opérations. Les fournisseurs développent des couches applicatives et d’infrastructure qui relient les modèles d’IA aux systèmes d’entreprise. Malgré la baisse des prix des tokens, Bain ne s'attend pas à ce que les grands modèles de langage suivent le chemin traditionnel de la banalisation.
Le rapport révèle également que les dirigeants prévoient que l’IA permettra une amélioration de 148 % de la vitesse des cycles de déploiement et une augmentation de 95 % de la productivité des développeurs logiciels au cours des un à deux prochaines années. Les gains de productivité actuels varient entre 20 % et 27 %. Toutefois, les témoignages laissent suggérer que l'adoption de l'IA se fait au détriment du bien-être des développeurs.
Selon le cabinet, les gains liés à l’accélération du codage pourraient créer de nouveaux goulots d’étranglement au niveau de la révision, de la coordination, de la qualité et de la gouvernance des logiciels, rendant donc nécessaires des changements à l’échelle du cycle de vie global du développement logiciel.
Source : Bain & Company
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L'industrie de l'IA peut-elle générer 6 000 milliards de revenus par an d'ici 2030 ?
Des innovations de ruptures dans les robots autonomes sont-elles possibles sur cette période ?
Les dirigeants misent sur l'IA pour accélérer la livraison de logiciels. Comment cette tendance va-t-elle évoluer ?
L'intégration de l'IA dans le développement de logiciel se fait parfois au détriment du bien-être des employés. Qu'en pensez-vous ?
Voir aussi
Un éminent économiste avertit que les calculs relatifs à l'IA ne tiennent pas la route : « actuellement, les bénéfices sont financés par les investisseurs plutôt que générés par les clients »
Le boom des infrastructures informatiques destinées à l'IA, évalué à 11 000 milliards de dollars, pourrait laisser Wall Street avec un marché de la dette de 7 000 milliards de dollars sur les bras
L'IA perd de sa popularité et certains investisseurs commencent à craindre qu'elle ne leur apporte pas les profits considérables escomptés, d'autres restent toutefois optimistes quant au potentiel de l'IA
L'investisseur Michael Burry affirme qu'il serait « bénéfique pour l'humanité » qu'un krach boursier empêche OpenAI et Anthropic d'entrer en bourse
il doute que l'IA tienne un jour ses promesses de rentabilité
L'investisseur Michael Burry affirme qu'un krach boursier serait salvateur s'il empêchait l'entrée en bourse des laboratoires OpenAI et Anthropic. Selon lui, ces entreprises pourraient saigner des milliards de dollars de capitaux sans grand résultat à la clé. Il estime que ce serait le moindre mal, comparé à la création de Skynet. Il souligne également que le financement massif des projets de centres de données par la dette est intenable face à la hausse des taux d'intérêt. Il a parié contre plusieurs géants du secteur, tels que Nvidia et Palantir. OpenAI a repoussé son introduction en bourse à une date inconnue, mais Anthropic maintient son projet.
Michael James Burry est docteur en médecine et manager de gestion alternative. Il fonde Scion Capital LLC, qu'il dirige de 2000 à 2008, puis il se concentre plus spécifiquement sur ses propres investissements. Il est l'un des premiers investisseurs à spéculer sur l'imminence de la crise des subprimes de 2008. Michael Barry est célèbre pour ses prévisions dans « The Big Short », et est également un critique acerbe de l'industrie actuelle de l'IA.
Sa dernière salve est intervenue alors que le président Donald Trump réunissait des dirigeants du secteur de l’IA à la Maison Blanche pour promouvoir un pacte d’autorégulation volontaire pour l’industrie. Donald Trump s'oppose à une réglementation stricte, considérant que cela ralentirait la technologie.
« Pour le bien de l’humanité, les marchés devraient s’effondrer brutalement et empêcher les introductions en bourse d’OpenAI et d’Anthropic », a-t-il écrit dans un billet sur X (ex-Twitter). « Ce sont des entreprises qui vont engloutir, puis détruire des MILLIARDS de dollars de capital, et ce ne sera là que le moindre des dégâts qu’elles causeront ». Cette prise de parole intervient alors les investissements en IA continuent de monter en flèche.
Des besoins massifs de capitaux et des calendriers incertains
OpenAI et Anthropic ont besoin de capitaux importants pour développer des modèles avancés et mettre en place l’infrastructure informatique nécessaire à leur fonctionnement. Une introduction en bourse leur permettrait notamment d’accéder à des sources de financement plus importantes en s’ouvrant à un plus large éventail d’investisseurs. La course aux capitaux a déjà poussé Sam Altman à transformer OpenAI en une société à but lucratif.
À plusieurs reprises, Michael Burry a mis en doute la capacité des dépenses colossales dans les centres de données et l'infrastructure d'IA à générer des rendements suffisants. Il a affirmé que l'appel des entreprises telles qu'Anthropic et OpenAI à ralentir le développement de la technologie était « intéressés », laissant entendre qu’elles pourraient contribuer à créer un engouement autour des introductions en bourse de ces laboratoires d'IA.
Burry a également répondu « Dans le même ordre d’idées » à un utilisateur qui avait ironisé : « faites s’effondrer le marché pour que Skynet ne puisse pas entrer en bourse », une référence au système d’IA destructeur des films « Terminator ». Quelles que soient les répercussions plus larges qu'il avait en tête, les enjeux financiers autour de ces deux entreprises sont déjà colossaux. Un seul faux pas pourrait provoquer l'éclatement de la bulle de l'IA.
Michael Burry a récemment déclaré dans un article publié sur Substack qu’il était « plus confiant que jamais » quant à la concrétisation de sa thèse baissière sur l’IA au cours de l’année à venir, avançant ainsi son scénario de base initial, qui prévoyait 2028. L’investisseur a ajouté que sa conviction l’avait conduit à renouveler ses paris à la baisse sur toute une série de titres, notamment Nvidia, Palantir, Micron, Oracle, ainsi que l’indice Nasdaq 100.
Sam Altman a suspendu l'introduction en bourse de sa société
Sam Altman, PDG d'OpenAI, a annoncé la suspension de tout projet d’introduction en bourse. Cette pause durera jusqu’à ce que la société parvienne à maîtriser les cas où les modèles agissent de manière inappropriée. Selon un rapport de The Verge, Sam Altman a fait part de cette décision aux journalistes lors d’une séance de questions-réponses qui a suivi son discours d’ouverture à la conférence DevDay d'OpenAI, destiné aux développeurs.
« Nous avons l’intention de poursuivre les progrès en matière d’IA […], mais comme les modèles ont fait un bond en avant remarquable en matière de capacités, et que nous prévoyons d’autres évolutions de ce type à l’avenir, nous devons être en mesure de garantir leur sécurité en toute confiance », a-t-il déclaré.
Alors qu'une introduction en bourse n'était précédemment pas envisagée avant au moins 2027, la société décide désormais de faire passer en priorité les questions de la sécurité et du contrôle strict de sa technologie. Du moins, en apparence. D'après le rapport, il a poursuivi son intervention en déclarant de manière grandiloquente que le fait qu’OpenAI attende trop longtemps avant son introduction en bourse serait « néfaste pour le monde ».
Cette sortie est intervenue moins de 24 heures après qu'OpenAI a annulé la sortie de GPT-6.1 Astra, en raison d'un niveau élevé de désalignement. « Nous allons donner la priorité à la mission et à la sécurité, et veiller à pouvoir passer en toute confiance à la prochaine étape de l’IA sans que les gens se demandent quelle est la probabilité que nous commettions ces actions néfastes dans le monde », a ajouté le PDG, selon le Financial Times.
Le rival Anthropic maintient son projet d'introduction en bourse
Selon des documents consultés par Reuters, le principal concurrent d'OpenAI, Anthropic, se prépare à une introduction en bourse avec une valorisation potentielle de plus de 2 000 milliards de dollars. Mais les données financières indiquent que l'entreprise de Dario Amodei enregistrera une perte de 42 milliards de dollars pour l'exercice 2025 et dépensera plus 518 milliards de dollars en obligations liées au cloud, au calcul et à l’infrastructure.
Dans des rapports récents, des analystes des cabinets d'étude et de conseil en stratégie Bain & Company et Apollo ont fait valoir que les prévisions du secteur étaient bien trop optimistes ; il se peut donc que Sam Altman prenne le temps de se réorganiser pour préparer son propre argumentaire.
Il est également possible que le PDG d'OpenAI ait d’autres préoccupations que la sécurité, comme la responsabilité pénale ou civile. Une mauvaise surprise en matière de responsabilité pourrait certainement avoir un impact sur une introduction en bourse. OpenAI fait actuellement face à des poursuites judiciaires intentées par des groupes de défense, notamment en concernant l'usage loyal, menaçant la stabilité des acteurs majeurs du secteur.
L'organisation Legal Advocates for Safe Science & Technology (LASST) a engagé des poursuites contre l'entreprise devant un tribunal d'État en Californie pour l'obliger à adopter des mesures de précaution renforcées lors du développement de ses modèles. Sa représentante Vivian Dong a rappelé qu'il est illégal de pirater un système tiers et souligne : « je soupçonne qu'OpenAI est très consciente des risques juridiques de ce que font ses agents ».
Un impératif de 6 000 milliards de dollars pour soutenir la bulle
Brain & Company estime que l'industrie mondiale de l'IA devra générer environ 6 000 milliards de dollars de revenus annuels d'ici 2031 pour justifier les investissements massifs dans les centres de données et l'infrastructure informatique. Mais les applications actuelles et la productivité des employés ne combleront qu'une fraction de ce montant. Le cabinet indique que la majorité de cet argent devra provenir de nouvelles avancées technologiques.
Dans un rapport publié le mois dernier, l'économiste Torsten Slok a souligné un déséquilibre financier au sein de l'industrie de l'IA. Actuellement, les profits des fabricants de puces sont financés par les capitaux des investisseurs plutôt que par des revenus réels. Les développeurs d'applications d'IA affichent des marges opérationnelles négatives, créant de ce fait un modèle économique très fragile qui repose sur « l'espoir d'une rentabilité future ».
Si les clients finaux ne génèrent pas rapidement un retour sur investissement concret, le financement massif pourrait se tarir brutalement, provoquant l'éclatement de la bulle de l'IA. Certaines entreprises font déjà face à des flux de trésorerie disponible négatifs, notamment OpenAI et Anthropic. De son côté, Oracle est dos au mur après avoir accumulé plus de 150 milliards de dollars de dettes adossées à l'IA, et multiplie les licenciements massifs.
Source : Michael Barry
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