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La revue Nature retire un article sur les bénéfices de ChatGPT dans l’éducation

  1. #81
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    Par défaut Plus on délègue à l'IA, moins on sait faire sans elle : le paradoxe de l'augmentation cognitive
    Plus on délègue à l'IA, moins on sait faire sans elle : le paradoxe de l'augmentation cognitive qui finit par amputer la cognition qu'elle prétendait amplifier,
    les chercheurs avertissent que cette externalisation mentale a un coût

    Alors que des centaines de millions de personnes délèguent quotidiennement leurs tâches cognitives à ChatGPT, Claude ou Gemini, plusieurs études convergentes tirent la sonnette d'alarme : l'usage intensif des assistants conversationnels pourrait éroder nos capacités de mémorisation, de raisonnement critique et même d'originalité créatrice. Entre dette cognitive, capitulation intellectuelle et homogénéisation de la pensée, un tableau préoccupant se dessine au moment précis où l'industrie cherche à rendre ces outils encore plus omniprésents.

    Tout commence, ou presque, dans les locaux du MIT Media Lab, où la chercheuse Nataliya Kosmyna observe quelque chose d'inquiétant parmi les stagiaires dont elle examine les candidatures. Les lettres de motivation qui lui parviennent se ressemblent étrangement : bien construites, bien polies, mais creuses, décrochées de son travail de recherche dès le deuxième paragraphe. Elle n'a aucun mal à deviner leur origine. Parallèlement, dans ses cours au Massachusetts Institute of Technology, elle remarque que ses étudiants semblent retenir moins d'information que leurs prédécesseurs et oublier la matière plus vite.

    Pour aller au-delà du ressenti, Kosmyna monte une expérience rigoureuse. Elle recrute 54 participants âgés de 18 à 39 ans et les répartit en trois groupes chargés de rédiger plusieurs essais de type SAT sur des sujets variés. Le premier groupe utilise ChatGPT, le second Google (sans résumés générés par IA), et le troisième n'utilise aucun outil. L'originalité méthodologique tient à l'équipement de chaque participant d'un électroencéphalogramme (EEG) pour mesurer en temps réel l'activité électrique du cerveau sur 32 régions distinctes.

    Les résultats, publiés sous la forme d'un preprint intitulé « Your Brain on ChatGPT: Accumulation of Cognitive Debt when Using an AI Assistant for Essay Writing Task », sont sans équivoque. La connectivité cérébrale diminuait systématiquement avec le niveau de soutien externe : le groupe sans assistance présentait les réseaux les plus forts et les plus étendus, le groupe utilisant un moteur de recherche montrait une activité inférieure d'environ 34 à 48 %, et le groupe LLM affichait le couplage global le plus réduit, à -55%.

    Mais ce qui frappe davantage encore, c'est la dimension comportementale. Sur le plan du comportement, c'est dans la capacité à reconnaître la paternité de son propre travail que les différences sont les plus flagrantes : 83 % des utilisateurs de ChatGPT ont déclaré avoir des difficultés à se remémorer le texte qu'ils avaient rédigé quelques minutes auparavant. Sur quatre mois, les choses s'aggravent : les membres du groupe ChatGPT sont devenus de plus en plus passifs, ayant souvent recours au copier-coller pour rédiger leurs essais en fin d'étude.

    Cette dégradation progressive, les chercheurs la nomment « dette cognitive » (cognitive debt) : elle s'accumule session après session, et les participants ayant utilisé ChatGPT pendant trois sessions puis contraints d'écrire sans assistance n'ont jamais retrouvé les niveaux de connectivité neurale du groupe sans outil. L'atrophie, en d'autres termes, ne se résorbe pas spontanément.

    Il convient de noter que cette étude n'a pas encore été soumise à l'évaluation par les pairs, et que l'échantillon est relativement restreint. Kosmyna elle-même a tenu à publier ses conclusions rapidement, précisément pour alerter avant que les effets à long terme ne soient irréversibles.

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    La « capitulation cognitive » : faire confiance au robot même quand il a tort

    Si l'étude du MIT explore les traces neurophysiologiques du délestage cognitif, des chercheurs de l'école Wharton de l'Université de Pennsylvanie s'attaquent à son mécanisme psychologique profond. Leur papier, intitulé « Thinking — Fast, Slow, and Artificial », prolonge le cadre théorique de Daniel Kahneman (le système 1 (pensée intuitive rapide) et le système 2 (raisonnement délibéré lent)) en y ajoutant un troisième acteur : la cognition artificielle, qu'ils baptisent « système 3 ».

    Les participants devaient répondre à des tests de réflexion cognitive conçus pour mesurer si l'on raisonne par instinct ou par délibération. Certains avaient accès à un chatbot délibérément programmé pour donner des réponses incorrectes environ la moitié du temps. Le résultat est saisissant : les participants ont accepté les réponses du chatbot dans 93 % des cas lorsqu'elles étaient correctes, et dans près de 80 % des cas lorsqu'elles étaient erronées.

    Les chercheurs nomment ce phénomène « cognitive surrender », traduit en français par capitulation cognitive. La capitulation cognitive représente une abdication plus profonde que le simple délestage cognitif : l'utilisateur renonce au contrôle de l'évaluation critique et adopte le jugement de l'IA comme le sien propre. Ce n'est pas la paresse ; c'est la déférence épistémique. Les réponses du système 3 sont perçues comme dotées d'autorité, ce qui abaisse le seuil de scrutin et atténue les signaux métacognitifs qui auraient normalement orienté la réflexion vers le système 2.

    Paradoxalement, l'usage de l'IA rend les gens plus confiants dans leurs réponses, sans que cette confiance corresponde nécessairement à de meilleures décisions. On croit penser plus juste ; on se contente de penser moins.


    Le délestage cognitif : un vieux problème, un nouveau seuil

    Le concept de délestage cognitif (cognitive offloading) n'est pas nouveau. Nous avons toujours externalisé une partie de notre cognition : les listes sur papier, les calculatrices, les GPS, les moteurs de recherche. La crainte est que, désormais, plus nous déléguons de tâches complexes aux LLM, plus nous risquons d'éroder notre pensée critique et notre capacité cognitive globale.

    La différence avec les outils précédents tient à la nature de ce qui est délégué. Chercher une route sur Google Maps mobilise peu de raisonnement complexe. Demander à un LLM de rédiger un rapport, d'analyser un problème ou de structurer un raisonnement, c'est céder précisément les processus mentaux qui, lorsqu'on les pratique, nous rendent meilleurs. Les chercheurs s'accordent sur le principe des « difficultés désirables » (desirable difficulties) : l'IA facilite l'apprentissage initial mais semble saper les processus d'effort nécessaires à un apprentissage robuste.

    Une étude publiée dans la revue Social Sciences & Humanities Open illustre ce paradoxe : le groupe ayant utilisé ChatGPT pour apprendre a obtenu ses résultats 45 % plus vite (3,2 heures contre 5,8 heures), mais les participants du groupe « apprentissage traditionnel » ont mieux mémorisé et leurs résultats étaient plus homogènes vers le haut.


    Génération Z et médecins : personne n'est épargné

    L'étude de Michael Gerlich à la SBS Swiss Business School, portant sur 666 participants britanniques de tranches d'âge et de niveaux d'éducation variés, révèle que les jeunes participants présentent une dépendance plus élevée aux outils IA et des scores de pensée critique plus faibles que leurs aînés. La corrélation est nette : plus l'usage est fréquent, plus la détérioration est visible.

    Mais les effets ne se limitent pas aux étudiants. Une étude médicale multinationale récente a montré que des professionnels de santé ayant utilisé un outil d'IA pour dépister les cancers du côlon pendant trois mois étaient ensuite moins performants pour repérer les tumeurs sans cet outil. L'atrophie par délégation touche des compétences professionnelles acquises au fil d'années de formation. Ce n'est plus de la théorie éducative ; c'est un risque clinique.

    Homogénéisation de la pensée : la menace silencieuse

    Au-delà de l'affaiblissement individuel, c'est une homogénéisation collective de la pensée qui préoccupe certains chercheurs. L'expérience du MIT a montré que les essais rédigés avec ChatGPT étaient extrêmement similaires entre eux, manquant d'originalité et utilisant les mêmes expressions et idées et ce, quel que soit le pays d'origine ou la langue de départ des participants. Des étudiants hispanophones ayant utilisé ChatGPT en espagnol ont produit des essais en anglais quasi identiques à ceux de locuteurs natifs ayant utilisé l'outil en anglais.

    Une étude de l'Université Cornell confirme ce phénomène : l'IA homogénéise la langue. À l'échelle d'une société, si une fraction croissante de la production intellectuelle (articles, rapports, analyses, argumentaires) transite par les mêmes LLM, on peut légitimement s'interroger sur l'appauvrissement de la diversité des idées, des styles, des angles d'approche.

    Tout dépend de comment on l'utilise... mais le marché pousse dans la mauvaise direction

    Les deux études (celle du MIT et celle de Wharton) convergent sur le même mécanisme central : la manière dont on utilise l'IA est le facteur déterminant. Déléguer entièrement sa réflexion à la machine dégrade la capacité de raisonnement autonome, tandis qu'un usage de l'IA comme complément semble mieux la préserver.

    Les participants qui prenaient le contrôle de la production de l'IA (en l'éditant, en la remettant en question ou en la rejetant) montraient une plus grande confiance et un plus grand sentiment de paternité sur leur travail final.

    Le problème est structurel : les modèles économiques des grandes plateformes IA ne sont pas conçus pour encourager la friction productive. Ils sont optimisés pour la fluidité, la rapidité, le sentiment de satisfaction immédiate. L'industrie, par un mélange de termes techniques ronflants et de marketing, pousse à traiter l'IA comme une boîte magique capable de faire tout le travail à notre place. Le design même de ces outils tend vers la capitulation cognitive, pas vers l'augmentation.

    Kosmyna, dont les travaux ont déclenché cette nouvelle vague de débat, est claire sur ce point : la solution n'est pas l'interdiction. C'est l'éducation à un usage délibéré, actif et critique, ce qui suppose de former aussi bien les utilisateurs que les enseignants, dans un contexte où les établissements scolaires adoptent ces outils souvent plus vite que leur pédagogie ne peut s'y adapter.

    Sources : étude de la chercheuse du MIT Nataliya Kosmyna, étude des chercheurs de Pennsylvanie

    Et vous ?

    Ces études vous semblent-elles crédibles ou pertinentes ? Partagez-vous leurs conclusions ? Dans quelle mesure ?

    La métaphore de la calculatrice suffit-elle ? On dit souvent que l'IA, comme la calculatrice, nous libère de tâches mécaniques pour nous concentrer sur des tâches de plus haut niveau, mais les études citées ici suggèrent que le raisonnement est précisément ce qui s'atrophie. La calculatrice avait-elle le même effet sur notre arithmétique mentale, et était-ce grave ?

    Les entreprises tech ont-elles une responsabilité de conception ? Si l'usage passif des LLM dégrade les capacités cognitives, les entreprises comme OpenAI, Google ou Anthropic ont-elles l'obligation de concevoir des interfaces qui encouragent l'engagement actif plutôt que la simple consommation de réponses ?

    Quelles implications pour les recruteurs et les managers ? Si un candidat ou un employé a largement délégué ses tâches cognitives à l'IA depuis deux ou trois ans, comment évaluer ses capacités réelles ? Les entretiens « sans IA » vont-ils devenir la norme comme les oraux sans calculatrice ?

    La dette cognitive est-elle réversible ? Les études suggèrent que l'atrophie s'installe mais ne précisent pas si elle est réversible avec un « sevrage » de l'IA. Existe-t-il une fenêtre de récupération, comme pour l'apprentissage d'une langue abandonnée ?

    Est-ce un problème de génération ou d'usage ? Les seniors qui adoptent l'IA tardivement, avec des décennies de pratique cognitive autonome derrière eux, sont-ils moins vulnérables que les natifs du numérique qui grandissent en déléguant dès le départ ?

    Voir aussi :

    Entre gain de temps et perte de savoir-faire : l'utilisation de l'IA nous ramollit-elle le cerveau ou nous rend-elle plus efficace ?

    Le piège de la facilité : une expérience du MIT révèle que l'usage intensif de ChatGPT peut nuire à la mémoire, à la réflexion et à l'autonomie intellectuelle des étudiants, entrainant une « dette cognitive »
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  2. #82
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    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    Les deux études (celle du MIT et celle de Wharton) convergent sur le même mécanisme central : la manière dont on utilise l'IA est le facteur déterminant. Déléguer entièrement sa réflexion à la machine dégrade la capacité de raisonnement autonome, tandis qu'un usage de l'IA comme complément semble mieux la préserver.
    Ouais c'est comme quand tu te concentres trop sur le GPS quand tu conduis.

    En pire :
    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    La différence avec les outils précédents tient à la nature de ce qui est délégué. Chercher une route sur Google Maps mobilise peu de raisonnement complexe. Demander à un LLM de rédiger un rapport, d'analyser un problème ou de structurer un raisonnement, c'est céder précisément les processus mentaux qui, lorsqu'on les pratique, nous rendent meilleurs. Les chercheurs s'accordent sur le principe des « difficultés désirables » (desirable difficulties) : l'IA facilite l'apprentissage initial mais semble saper les processus d'effort nécessaires à un apprentissage robuste.
    Il est possible de demander des toutes petites choses à l'IA, on est pas obligé de lui demander de structurer le raisonnement.
    « George ? Qu’est-ce que j’ai à voir avec George ? Rien en fait ! Parce que si on réfléchit bien, moi je suis un vrai démocrate. »

  3. #83
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    Ce qui a fait la réussite du genre humain dans l'évolution des espèces, c'est sa capacité à "faire avec le moindre effort"...

    Ce qui a fait son succès au fil des millénaires va être la cause de sa disparition en quelques années à cause de l'IA!

    Et oui, pourquoi apprendre une langue pendant des années quand une IA peut vous traduire une phrase en 100 langues différentes en quelques secondes? Pourquoi est-ce que un étudiant universitaire devrait entraîner ses capacités d'analyse et de réflexion, l'IA va bien faire son travail à sa place...

    Au final, l'IA va être un producteur intensif de crétins

  4. #84
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    Plus on délègue à l'IA, moins on sait faire sans elle
    Petite nuance pratique : si, avant de déléguer à l’IA on ne savait déjà pas ou plus faire alors effectivement, moins on saura faire sans elle.

    le paradoxe de l'augmentation cognitive qui finit par amputer la cognition qu'elle prétendait amplifier
    Il y a d'autres études relatives à l'IA qui ont mis en évidence ses effets irréversibles sur les capacités cognitives, notamment chez les zoomers.

    Le documentaire du youtubeur français "Micode" intitulé "La Fabrique à idiots" est assez pertinent:

  5. #85
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    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    Plus on délègue à l'IA, moins on sait faire sans elle
    C'est à peu près vrai de tous les outils.

    Le fond du problème est d'ailleurs d'ordre sélectif:
    • Dans le travail, l'IA permet aux personnels déjà formés de mieux répondre aux contraintes de rentabilité plus fortes, mais en conséquence, ils perdent progressivement leur capacité à répondre rapidement de manière autonome aux demandes,
    • Dans la formation des jeunes, l'IA rend obsolète l'acquisition d'un savoir autonome, et ils n’acquièrent donc pas ces connaissances fondamentales.

    Toute l'histoire de notre civilisation est comme ça: une perte d'autonomie individuelle face à la technostructure.
    Qui saurait survivre et trouver sa nourriture sans l'aide de notre agriculture industrielle et de nos réseaux de distribution?

  6. #86
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    Citation Envoyé par fdecode Voir le message
    Qui saurait survivre et trouver sa nourriture
    Là c'est bien pire que tout ce qu'on a vu jusqu'à présent.
    Des jeunes vont trop se reposer sur les chatbots IA et ne feront jamais le moindre effort de réflexion.
    Ils ont le choix entre faire un effort et trouver une solution seule, ou demander au chatbot d'IA et avoir instantanément une bonne réponse.

    Ils vont commencer par l'utiliser pour rédiger des messages sur les applications de rencontre ou pour écrire des SMS à leur conjoint, après ils vont s'en servir pour remplacer les moteur de recherche, à la fin ils vont peut-être l'utiliser pour faire leur Devoir à la Maison...

    La thèse de doctorat d'un type né en 2015 sera quasiment intégralement réalisé par un chatbot IA.
    « George ? Qu’est-ce que j’ai à voir avec George ? Rien en fait ! Parce que si on réfléchit bien, moi je suis un vrai démocrate. »

  7. #87
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    à la fin ils vont peut-être l'utiliser pour faire leur Devoir à la Maison...
    C'est déjà le cas. Je connais des enseignants qui isolent complètement les élèves pendant les épreuves pour éviter toute forme d'aide par IA. Si l'élève doit aller aux toilettes, il rend sa copie.

    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    La thèse de doctorat d'un type né en 2015 sera quasiment intégralement réalisé par un chatbot IA.
    C'est une question complexe. La rédaction par IA est détectable pour l'instant. Même un outil grand public comme GPTzero peut donner des résultats étonnamment justes. Les outils pour altérer la statistique des textes générées par des IA commencent à apparaitre, mais je ne sais pas ce qu'ils valent.
    Pour ce qui est de la recherche effectuée, l'IA est un excellent outil de recherche bibliographique, et peut aussi apporter des débuts de solution.
    Mais pour l'instant, c'est le chercheur ou l'apprenti chercheur qui reste à la manœuvre pour la partie innovante et pour diriger l'exploration.

    Le problème le plus immédiat est qu'il viendra un moment où ce ne sera plus directement rentable de recruter des thésards, car l'IA fournira plus rapidement des réponses pertinentes aux équipes de recherche.
    Le recrutement de thésard sera alors un effort responsable à faire par les équipes de recherche afin de renouveler les générations.
    Et cela va s’aggraver du fait que la formation fondamentale reçue par les étudiants sera dégradée à cause de l'IA.
    Les lourdeurs administratives, toujours croissantes en France, lors du recrutement des thésards ne vont pas aider non plus...

    En fait, ces problèmes de recrutement se voient déjà avec les stagiaires, même pour les stages de recherche.

  8. #88
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    Citation Envoyé par fdecode Voir le message
    Le problème le plus immédiat est qu'il viendra un moment où ce ne sera plus directement rentable de recruter des thésards
    J'ai bossé dans une société de service elle adorait recruter des doctorants, voir des gens qui venaient d'avoir un doctorat, il devait y avoir une magouille de CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche) ou de CIR (Crédit Impôt Recherche), l'entreprise devait forcément avoir un avantage à recruter ce type de profil.

    Les gars ne bossaient même pas sur quelque chose en rapport avec leur thèse, ils étaient mal payé.

    Quand quelqu'un fait un doctorat il sait que ça lui fermera plus de porte que ça lui en ouvrira.
    Bon à la limite celui qui a fait une thèse en lien avec l'IA a peut-être trouvé un job en 2024...
    « George ? Qu’est-ce que j’ai à voir avec George ? Rien en fait ! Parce que si on réfléchit bien, moi je suis un vrai démocrate. »

  9. #89
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Là c'est bien pire que tout ce qu'on a vu jusqu'à présent.
    Des jeunes vont trop se reposer sur les chatbots IA et ne feront jamais le moindre effort de réflexion.
    Cela dépend des points de vue. Certains vous diront que ne plus savoir trouver sa pitance dans la nature par ses propres moyens et sans dépendre de l'industrie agroalimentaire est la plus grande et la plus grave capitulation de l'humanité.
    Le point de vue se comprend: après tout, l'alimentation est le socle minimal pour la survie.

  10. #90
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Quand quelqu'un fait un doctorat il sait que ça lui fermera plus de porte que ça lui en ouvrira.
    Quelqu'un qui est vissé à l'idée de faire une carrière académique en France fait peut-être un mauvais choix.
    Mais si vous envisagez le recrutement dans le privé comme une possibilité intéressante, je pense que la thèse vous ouvre des perspectives.
    Il est vrai que la France maintient sans doute encore un biais négatif vis à vis des docteurs. Il ne faut pas hésiter à s'expatrier si nécessaire; c'est une porte qui est ouverte aux docteurs, en tout cas sur des thématiques exportables.

  11. #91
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Des jeunes vont trop se reposer sur les chatbots IA et ne feront jamais le moindre effort de réflexion.
    Ils ont le choix entre faire un effort et trouver une solution seule, ou demander au chatbot d'IA et avoir instantanément une bonne réponse.

    Ils vont commencer par l'utiliser pour rédiger des messages sur les applications de rencontre ou pour écrire des SMS à leur conjoint, après ils vont s'en servir pour remplacer les moteur de recherche, à la fin ils vont peut-être l'utiliser pour faire leur Devoir à la Maison...
    C'est déjà bien pire.
    J'en discute avec tous les enseignants que j'ai sous la main. tout le monde m'a dressé un tableau dramatique en aggravation franche (sauf une pote qui enseigne dans les REP+ du "9 3", elle brosse un tableau apocalyptique constant depuis au moins 15 ans).
    Ex : prof de lettres classiques : "je ne donne plus aucun devoir à la maison car ça ne m'intéresse pas de corriger chatGPT" "en classe, j'arrive encore à inventer des exercices auxquels les chatbots échouent pour le moment " "au bac, j'ai des élèves qui ne savent plus quoi faire car ils n'ont pas appris par coeur l'analyse du texte qui leur est soumis [alors qu'ils ont le temps pour analyser le texte et que ça n'a aucun sens d'apprendre par coeur une analyse]."

    Prof de math agrégé : "Je pense à changer de métier car je fais semblant d'enseigner à des élèves qui comprennent quelque chose à ce que je dis ; et les élèves font juste semblant de comprendre quelque chose mais c'est même pas 10%"

    Enseignante chercheur de licence-master de bio (maintenant juste chercheuse) "en fin de licence ils ne comprennent pas les énoncés. j'en ai même qui ne savent pas lire l'heure sur une pendule analogique pour déterminer la fin de l'épreuve. même en leur faisant la correction pendant l'épreuve, individuellement, ils n'ont pas eu la moyenne" .

    On vit une époque formidable... pour les esprits bien formés qui n'auront aucune difficulté à sortir du lot...

  12. #92
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    Cela dépend des points de vue. Certains vous diront que ne plus savoir trouver sa pitance dans la nature par ses propres moyens et sans dépendre de l'industrie agroalimentaire est la plus grande et la plus grave capitulation de l'humanité.
    Le point de vue se comprend: après tout, l'alimentation est le socle minimal pour la survie.
    En vrai c'est pas si dur avec les outils, c'est juste les gens des villes qui ne savent pas le faire, mais c'est un savoir assez répandu.

    Il y a beaucoup de gens qui gèrent un jardin potager. Les forêts sont pleines de cueilleurs. Il y a beaucoup de haies sauvages et lisières productives en fin d'été. En automne c'est la fête. Là ramasser les orties c'est encore bon.
    Mes potes à la campagnes savent élever les ruminants (j'ai juste de l'XP en poules).
    Pour la chasse... la forêt est pleine de chasseurs, et en fait les humains sont des super-prédateurs nés (enfin, pas tout le monde mais c'est fréquent). La plupart des gens tu leur files un fusil, le résultat est bon.

    Même avec un arc, avec un peu d'entraînement on tire bien. Par contre, s'il faut fabriquer un arc composite et des flèches à pointes métalliques j'aurais besoin de chatGPT

  13. #93
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    à la fin ils vont peut-être l'utiliser pour faire leur Devoir à la Maison...
    Est-ce un problème?
    les devoirs à la maison ont un intérêt minime, c'est l'exercice parfait pour utiliser l'IA : remplacer les taches à faibles valeur ajoutée.
    Citation Envoyé par fdecode Voir le message
    Pour ce qui est de la recherche effectuée, l'IA est un excellent outil de recherche bibliographique, et peut aussi apporter des débuts de solution.
    Mais pour l'instant, c'est le chercheur ou l'apprenti chercheur qui reste à la manœuvre pour la partie innovante et pour diriger l'exploration.

    Le problème le plus immédiat est qu'il viendra un moment où ce ne sera plus directement rentable de recruter des thésards, car l'IA fournira plus rapidement des réponses pertinentes aux équipes de recherche.
    Bref le système se tire une balle dans le pied et pleurera dans 5 ans qu'ils n'ont plus de main d'œuvre à faire évoluer en professionnels expérimentés.
    Le problème que je soupçonne est que dans 5 ans les décideurs se seront bien contenté de demie vérités et de demie performances donc même celui qui aura maintenu son niveau de compétence au plus élevé risque de ne même pas retrouver de travail comme fixeur des merdes IA. Il finira youtubeur de niche à critiquer l'ambition de médiocrité de notre société.
    Citation Envoyé par Fagus Voir le message
    Prof de math agrégé : "Je pense à changer de métier car je fais semblant d'enseigner à des élèves qui comprennent quelque chose à ce que je dis ; et les élèves font juste semblant de comprendre quelque chose mais c'est même pas 10%"
    Ma vie d'étudiant, faire semblant de m'intéresser à une matière que le prof fait semblant de comprendre.

    Je pense que tous les outils diminuent notre autonomie et chaque génération s'en scandalise pour les suivantes.
    Mais pour l'IA ce qui m'inquiète est la vitesse à laquelle elle envahi toutes les couches du personnel de bureau et à quel point les directeurs la prennent comme une opportunité économique absolue.
    Il y a une semaine un gars nous demande un truc qui parait simple mais qui dépend d'un outil qui va arriver rapidement. Après la réunion un collègue expert m'envoie "sa réflexion" sur la démarche à suivre, c'était une réponse ChatGPT même pas remise en forme.
    Ce même expert est en admiration devant un IA a disposition qui a été capable de compter le nombre d'employés au RH chez nous et une partie du miracle vient du faire que l'IA a découvert d'elle même que RH signifiait Rssources Humaines.
    Voici le futur idéal que me promettent certains. Moi je vais envisager d'éviter d'utiliser des objets dangereux d'ici quelques années

  14. #94
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    Citation Envoyé par Fagus Voir le message
    j'en ai même qui ne savent pas lire l'heure sur une pendule analogique pour déterminer la fin de l'épreuve.
    On peut faire la blague : La France rattrape enfin son retard sur les États-Unis ! (NYC teachers discover teens can’t read clocks after school cellphone ban )

    Citation Envoyé par fdecode Voir le message
    Le problème le plus immédiat est qu'il viendra un moment où ce ne sera plus directement rentable de recruter des thésards
    Ils ne coûtent pas si cher que ça. (
    Et il y a parfois moyen de les utiliser pour faire de l'optimisation fiscale.

    Citation Envoyé par fdecode Voir le message
    Quelqu'un qui est vissé à l'idée de faire une carrière académique en France fait peut-être un mauvais choix.
    Il fait ça parce que c'est son délire. Il aime bien la recherche.
    Il ne fait pas ça pour avoir une bonne carrière ou un gros salaire...

    Citation Envoyé par totozor Voir le message
    Est-ce un problème?
    D'un côté c'est vrai que ce serait sympa de ne pas avoir de devoir (en plus les devoirs favorisent les riches ).

    D'un autre côté, j'ai fais des études d'informatique et chaque année, dans différents modules, il fallait créer des programmes à la maison et c'était super cool
    C'est magique le développement logiciel ! Avec un ordinateur tu peux tout faire, t'as pas besoin d'autre chose !
    Être noté là dessus c'est génial. (bon alors parfois c'est chiant quand on ne supporte pas le module, mais si le projet est en équipe ça redevient cool )
    « George ? Qu’est-ce que j’ai à voir avec George ? Rien en fait ! Parce que si on réfléchit bien, moi je suis un vrai démocrate. »

  15. #95
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Ils ne coûtent pas si cher que ça. (
    Et il y a parfois moyen de les utiliser pour faire de l'optimisation fiscale.
    Vous ne m'avez pas compris. Le thésard, il faut le former, surtout avec le niveau des formations actuelles en amont. C'est ça qui est couteux, tout au moins en temps.
    Peut-être que les sociétés de services agissent autrement. Ceci-dit, il y a quand même un minimum syndical exigé pour la soutenance.

    Une IA peut s'utiliser directement. C'est beaucoup moins d'investissement que l'encadrement d'un doctorant.
    Mais en même temps, former des thésards est indispensable pour l'avenir des labos. Donc, quelle va être la stratégie de ces laboratoires?

  16. #96
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    Citation Envoyé par fdecode Voir le message
    C'est ça qui est couteux, tout au moins en temps.
    Normalement le gars qui fait sa thèse se démerde tout seul. Il doit être en totale autonomie. C'est sa thèse.
    Pour l'entreprise c'est un gars qui coûte le prix d'un stagiaire et qui peut un peu travailler sur des vrais projets.

    Bon à la limite l'entreprise va lire sa thèse et lui faire faire des soutenances blanches...
    « George ? Qu’est-ce que j’ai à voir avec George ? Rien en fait ! Parce que si on réfléchit bien, moi je suis un vrai démocrate. »

  17. #97
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Normalement le gars qui fait sa thèse se démerde tout seul. Il doit être en totale autonomie. C'est sa thèse.
    De mon expérience, ils sont rares les doctorants débutants capables de se débrouiller de manière totalement autonome.
    C'est une vision bien idéale du thésard que vous avez!

  18. #98
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    Citation Envoyé par fdecode Voir le message
    C'est une vision bien idéale du thésard que vous avez!
    Les élèves sont formés.
    Il y a doit y avoir des cours du genre "méthodologie de la recherche", "éthique et intégrité scientifique".

    Enfin bref, si certains ont besoin d'être très encadré, il y a bien un manager qui n'a que ça a foutre...
    Comme ça tout le monde est content, le doctorant reçoit de l'aide, le manager a une tâche (un sens à sa vie pendant un instant).

    ======

    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    Les résultats, publiés sous la forme d'un preprint intitulé « Your Brain on ChatGPT: Accumulation of Cognitive Debt when Using an AI Assistant for Essay Writing Task », sont sans équivoque. La connectivité cérébrale diminuait systématiquement avec le niveau de soutien externe : le groupe sans assistance présentait les réseaux les plus forts et les plus étendus, le groupe utilisant un moteur de recherche montrait une activité inférieure d'environ 34 à 48 %, et le groupe LLM affichait le couplage global le plus réduit, à -55%.

    Mais ce qui frappe davantage encore, c'est la dimension comportementale. Sur le plan du comportement, c'est dans la capacité à reconnaître la paternité de son propre travail que les différences sont les plus flagrantes : 83 % des utilisateurs de ChatGPT ont déclaré avoir des difficultés à se remémorer le texte qu'ils avaient rédigé quelques minutes auparavant. Sur quatre mois, les choses s'aggravent : les membres du groupe ChatGPT sont devenus de plus en plus passifs, ayant souvent recours au copier-coller pour rédiger leurs essais en fin d'étude.
    Ça me fait penser à un truc : il y a des études qui montrent qu'être chauffeur de taxi (sans GPS) fait augmenter le volume de matière grise dans la partie postérieure de l’hippocampe et que si ça se trouve il y a un mécanisme de Neurogenèse (ajout de nouveaux neurones).

    Il semblerait que faire travailler son cerveau, au lieu de s'appuyer sur une béquille technologique, serait bon pour lui.
    Quand on s'appuie trop sur l'IA on fait moins travailler son cerveau.

    Parfois vous essayer de vous rappelez d'un truc, vous avez le choix entre faire l'effort ou poser la question à un chatbot, si quelqu'un choisit systématiquement le chatbot, sa mémoire va probablement se dégrader.
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  19. #99
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    Par défaut La revue Nature retire un article sur les bénéfices de ChatGPT dans l’éducation
    La revue Nature retire un article sur les bénéfices de ChatGPT dans l’éducation. La décision intervient dans un contexte de controverse autour de l’IA pointée comme poison pour la pensée critique.

    Une étude affirmant que ChatGPT, développé par OpenAI, pouvait avoir un impact positif sur l'apprentissage des élèves a fait l’objet de retrait près d'un an après sa publication. L'éditeur de la revue, Springer Nature, invoque des incohérences dans l'analyse et un manque de confiance dans les conclusions. Ledit article avait déjà accumulé des centaines de citations sur les réseaux sociaux. La décision intervient dans un contexte de controverse autour de l’intelligence artificielle pointée comme un poison pour la pensée critique des élèves.

    L'article retiré tentait de quantifier « l'effet de ChatGPT sur les performances d'apprentissage, la perception de l'apprentissage et la réflexion de haut niveau des élèves » en analysant les résultats de 51 études antérieures. Sa méta-analyse s’appuyait sur l'ampleur de l'effet entre les groupes expérimentaux de diverses études ayant utilisé ChatGPT dans le cadre de l'enseignement et les groupes témoins n'ayant pas utilisé cette intelligence artificielle.

    L’étude avait débouché sur la conclusion selon laquelle « ChatGPT a un impact positif important sur l'amélioration des performances d'apprentissage », ainsi qu'un « impact modérément positif sur l'amélioration de la perception de l'apprentissage » et « la promotion de la réflexion de haut niveau », selon les chercheurs auteurs de l'article. Les résultats, désormais retirés, ont été publiés pour la première fois dans la revue Nature en mai 2025.

    En gros, une conclusion aux antipodes avec celle de plusieurs autres études selon lesquelles l’utilisation de l’intelligence artificielle a un mauvais impact sur les élèves

    Une étude publiée dans l'International Journal of Educational Technology in Higher Education arrive par exemple à la conclusion que l’utilisation de ChatGPT ruine la mémoire, les performances scolaires et rend les étudiants moins intelligents.

    A mi-parcours de l’année précédente, une enseignante dresse un constat alarmant pour ce qui est de l’impact de l’impact de l’intelligence artificielle dans l’éducation. L'enseignante a exprimé une frustration profonde face à la détérioration des compétences fondamentales en lecture et en pensée critique chez ses élèves. Selon elle, une grande partie de la jeunesse actuelle manifeste un désintérêt marqué pour l'apprentissage traditionnel, préférant la gratification instantanée offerte par les écrans. Elle a noté que de nombreux adolescents peinent à comprendre des textes complexes et à mener des réflexions autonomes, des compétences pourtant essentielles à leur développement intellectuel et à leur future insertion professionnelle.

    Elle ne parle pas d'enfants en bas âge, mais d'adolescents. « Beaucoup d'enfants ne savent pas lire », dit-elle. « On leur a lu des choses... Ces enfants s'en moquent. Ils ne se soucient pas de faire une différence dans le monde. Ils ne se soucient pas de savoir comment rédiger un CV ou une lettre de motivation - parce que ChatGPT le fera pour eux ».

    Selon l’enseignante, les étudiants lèvent les yeux au ciel et « piquent des crises » lorsqu'on leur demande d'écrire à la main un paragraphe de base. « Nous parlons de cinq phrases », dit-elle, stupéfaite. « Ils deviennent vraiment... très indisciplinés ». Et les journées cinéma ? Ce n'est plus le cas. « Ils veulent un film en arrière-plan pour faire du bruit pendant qu'ils naviguent sur leur téléphone, mettent leurs écouteurs et regardent TikTok », explique-t-elle.


    C’est la raison pour laquelle certains observateurs prônent un retour au stylo et au papier

    Certains parents choisissent de plus en plus de retirer leurs enfants des activités scolaires s’appuyant sur l'utilisation des appareils numériques fournis par l'école, tels que les Chromebooks et les iPads, au profit des méthodes d'apprentissage traditionnelles avec papier et crayon. Ce mouvement est principalement motivé par des préoccupations liées au temps excessif passé devant les écrans, aux distractions, aux maux de tête causés par les écrans ; en gros, à la mauvaise influence que l’exposition à la technologie est susceptible d’avoir sur leurs enfants. Le tableau anime le débat autour de la comparaison entre les technologies éducatives et les méthodes traditionnelles d’apprentissage.

    Source : Nature

    Et vous ?

    Faut-il envisager une « désintoxication numérique » (digital detox) obligatoire à l'école ou à la maison pour les jeunes ? Quelles en seraient les modalités et les limites ?

    Comment sensibiliser efficacement les parents à l'importance de la lecture et à une gestion plus encadrée du temps d'écran de leurs enfants ?

    Quelles initiatives l'école peut-elle mettre en place pour mieux collaborer avec les familles et les accompagner dans l'éducation numérique de leurs enfants ?

    Comment l'éducation peut-elle intégrer les outils d'IA comme ChatGPT de manière bénéfique, plutôt que de les percevoir uniquement comme des outils de triche ?

    Le système éducatif actuel est-il adapté aux réalités des générations nées avec le numérique ? Faut-il repenser les programmes, les méthodes pédagogiques et les modes d'évaluation ?

    Comment valoriser davantage la profession enseignante pour attirer et retenir les talents, et leur donner les moyens de faire face à ces nouveaux défis ?
    Contribuez au club : Corrections, suggestions, critiques, ... : Contactez le service news et Rédigez des actualités

  20. #100
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    Rédiger un CV, une lettre de motivation ou une dissertation fait partie de ce que j'appelle personnellement les non-savoirs.

    Ces tâches ont peut-être une certaine utilité sociale dans le sens où elles permettent à quelques personnes de justifier de leur gros salaire. Leur nullité n'en est pas moins flagrante d'un point de vue strictement intellectuel.

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