Google serait en train de sévir contre les déplacements des employés,
en demandant aux managers de renoncer aux "happy hours" et autres réunions d'équipe

Google aurait décidé de restreindre les déplacements de ses employés et aurait également demandé à certains cadres supérieurs, à la fin de la semaine dernière, de limiter leurs déplacements aux voyages « essentiels ». Cette mesure est un signe de l'abandon des habitudes dépensières des managers et indique que même les entreprises les plus rentables et les plus riches prennent des mesures pour fonctionner plus efficacement dans un contexte économique plus difficile.

La société aurait indiqué à ses cadres qu'elle mettrait la « barre très haut » pour ce qui doit être considéré comme un voyage d'affaires essentiel. Il serait interdit aux responsables de Google d'approuver pour l'ensemble de l'équipe les déplacements des employés pour des événements en personne qui ont une option virtuelle.

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L'entreprise, habituellement connue pour ses avantages, aurait déclaré que les fonctions sociales et les réunions d'équipe ne devraient pas être approuvées. Cette décision intervient alors que Google et d'autres entreprises technologiques réduisent leurs dépenses pour se préparer à un éventuel ralentissement économique.

Google serait en train de se serrer la ceinture en ce qui concerne certains avantages offerts aux employés. Les hauts responsables de Google auraient dit aux cadres qu'à l'avenir, il y aurait une « barre haute » pour ce qui est considéré comme un voyage critique. Les fonctions sociales, les offsites d'équipe et les voyages pour des événements qui offrent une option virtuelle ne devraient plus être approuvés.

Dans une déclaration, un porte-parole de Google a confirmé qu'ils « ont récemment partagé des conseils sur l'adoption d'une approche responsable de la gestion des dépenses, y compris les voyages et les événements. Différentes zones de produits et fonctions sont en train de les mettre en œuvre de la manière qui convient le mieux à leurs équipes, compte tenu de leurs besoins professionnels. »

Google, qui a acquis au fil des ans la réputation d'offrir à ses employés des avantages enviables tels que des repas gratuits, de l'alcool et des salles de sport sur place, s'est joint à de nombreuses entreprises technologiques pour réduire leurs dépenses en prévision d'un éventuel ralentissement économique.

De façon générale, la crise économique oblige de nombreuses entreprises à pratiquer le télétravail (c’est-à-dire le travail depuis le domicile) à grande échelle. Cette contrainte pourrait déboucher sur une mise en œuvre plus généralisée du télétravail avec d’amples répercussions et dont l’effet net sur la productivité et d’autres indicateurs reste discutable.

De l’avis de certains analystes, pour un impact positif d’un recours accru au télétravail sur la productivité et le bien-être, les pouvoirs publics et les entreprises doivent encourager les investissements dans la capacité physique et managériale des entreprises et de leurs employés à pratiquer le télétravail et répondre aux risques que pourrait entraîner la réduction d’échelle excessive des espaces de travail en particulier pour le bien-être des employés et l’innovation à long terme.

Toutefois, le télétravail fait appel à d’autres contraintes à l’exemple de la capacité des FAI à mettre à la disposition des domiciles un Internet de bonne qualité, une SAV rapide pour de nombreuses pannes qui peuvent survenir et empêcher l’employer de travailler ou l’obliger à e rendre au bureau. Malheureusement, ces conditions ne sont pas toujours réunies.

David Williams, ingénieur californien, a enclenché un recours collectif contre Amazon affirmant que l'entreprise a violé les lois de l'État en ne mettant pas en place une politique d'indemnisation des travailleurs pour les dépenses liées au travail à distance. Amazon a tenté de faire annuler l'action en justice, mais un juge californien a rejeté la tentative du détaillant en raison de la section 2802 du code du travail de l'État stipule. Cette dernière estime que les employeurs devraient rembourser les dépenses ou pertes nécessaires encourues par un employé en conséquence directe de l'exercice de ses fonctions ou de son obéissance aux instructions de l'employeur.

Également, la crise économique oblige, les outils numériques remplacent certains voyages jugés superflus. Pour des raisons de budget, les dirigeants d’entreprises préfèrent les réunions virtuelles aux réunions physiques. Cependant, le souci avec les réunions virtuelles est qu’elles requièrent un minimum de matériel/conditions, et qu’il est plus difficile de souder des équipes qu’avec des réunions physiques. Selon Dave Saint-Amour, professeur au Département de psychologie de l’UQAM, les réunions virtuelles sont plus épuisantes que les réunions virtuelles.

Afin d’interpréter les données sans trop dépenser d’énergie, nos neurones s’appuient beaucoup sur les connaissances accumulées, si bien qu’il ne leur suffit que de quelques indications subtiles pour saisir rapidement ce qui se passe. « Lors d’un échange en personne, un paquet d’éléments liés au langage corporel, par exemple un hochement de tête ou un changement du rythme de la respiration, nous signalent que l’autre veut prendre la parole ou qu’il est d’accord avec ce qu’on vient de dire, illustre Dave Saint-Amour. Nous le décodons automatiquement, sans faire effort, ce qui rend la conversation fluide. »

Apple a demandé aux employés de retourner au bureau 3 jours par semaine dans le cadre d'un ajustement de son programme pilote de travail hybride, contesté par des employés contre le retour au bureau. Elle applique sa nouvelle politique de travail hybride depuis le 23 mai et vient d’en proposer un ajustement avec un dénominateur commun : le nombre de jours à passer au bureau reste le même, soit la majorité des jours ouvrables sur une semaine.

Au cours du mois d’avril de l’année en cours, l’on en était au stade de commentaires faisant état de ce que les employés du géant technologique américain sont remontés contre cette approche. En mai, c’est dans une lettre ouverte aux dirigeants de l’entreprise qu’ils l’ont fait savoir. Le tableau se présente dans un contexte où des employés sont prêts à poser leurs démissions si leur entreprise ne leur offre pas de flexibilité conséquente en matière de travail à distance.

Une étude de Foundry révèle que 72 % des décideurs informatiques pensent qu'il y a eu un changement positif dans l'état d'esprit du travail à distance et hybride en raison de la transition du travail à domicile.

« Lorsque le confinement a commencé il y a plus de deux ans, les entreprises ont dû trouver comment faire en sorte que leurs employés restent productifs dans ces nouvelles circonstances difficiles », explique Stacey Raap, responsable marketing et recherche chez Foundry. « Cela s'est avéré largement réussi et une fois que tous les avantages du travail à domicile sont devenus évidents, elles ont commencé à repenser la structure du fonctionnement de toute leur entreprise. »

« Le changement a un effet sur les plans futurs, 69 % des décideurs informatiques s'accordent à dire que le passage au travail à domicile a un impact sur la façon dont ils planifient l'espace de bureau global, la dotation en personnel technique et la dotation globale en personnel. Lorsqu'on leur demande où ils s'attendent à ce que leur personnel se trouve dans un avenir prévisible, 41 % des personnes interrogées répondent "hybride", 29 % « bureau uniquement » et 30 % « à distance uniquement ».

Et vous ?

« Google aurait choisi de sévir contre les déplacements des employés », que pensez-vous de cette mesure ?

Les entreprises privilégient le télétravail et les réunions virtuelles pour se préparer à un éventuel ralentissement économique, qu'en pensez vous ?

Selon vous, le choix de supprimer les voyages d'affaires est il une bonne ou une mauvaise idée ?

Voir aussi :

94 % des entreprises aux USA ont adopté une forme de structure de travail hybride en raison de la pandémie et 71 % prévoient de rendre ces pratiques permanentes, selon une nouvelle étude de Foundry

Apple demande aux employés de retourner au bureau 3 jours par semaine dans le cadre d'un ajustement de son programme pilote de travail hybride, contesté par des employés contre le retour au bureau

Un ingénieur poursuit Amazon pour ne pas avoir pris en charge les factures d'électricité et d'Internet liées au télétravail, mais Amazon estime que ces dépenses ne relèvent pas de sa responsabilité