Microsoft n'interdira plus à son personnel de chercher des postes chez ses concurrents
et prévoit de divulguer les salaires sur les offres d'emploi

Microsoft a annoncé cette semaine qu'il s'engage à supprimer les clauses de non-concurrence des contrats des employés et à améliorer sa culture du travail. L'entreprise a en effet pris quatre grands engagements visant à améliorer le bien-être de ses employés. Elle s'engage en outre à mener un audit des droits civils de ses politiques de travail existantes et à fournir des fourchettes de salaires sur toutes les descriptions de postes internes et externes. Dans un billet de blogue explicatif, Microsoft a précisé que ces mesures ne concernent pour l'instant que les employés basés aux États-Unis.

Microsoft a lancé mercredi quatre nouvelles initiatives visant à créer une culture d'entreprise plus transparente. Il s'agit notamment des modifications des politiques et des pratiques en vigueur aux États-Unis concernant l'application des clauses de non-concurrence, les accords de confidentialité dans le règlement des litiges, la transparence des salaires dans les pratiques d'embauche et le lancement d'un audit des droits civils. Les nouvelles politiques visent à répondre aux préoccupations soulevées par les employés selon lesquelles les clauses de non-concurrence actuelles sont utilisées comme une tactique de rétention forcée.

Microsoft a appliqué les clauses de non-concurrence dans certains contrats d'employés, mais à compter d'aujourd'hui, la société les supprimera des contrats d'employés, et n'appliquera pas les clauses existantes aux États-Unis. « Nous avons entendu des préoccupations selon lesquelles les clauses de non-concurrence figurant dans certains contrats d'employés américains, même lorsqu'elles sont rarement et raisonnablement appliquées, vont à l'encontre de nos principes en matière de talents », ont expliqué Amy Pannoni, directrice juridique adjointe de Microsoft, et Amy Coleman, vice-présidente des RH de Microsoft, dans un billet de blogue.

Nom : Microsoft_1626896176.jpg
Affichages : 1079
Taille : 120,3 Ko

Ce changement intervient dans le cadre d'un mouvement croissant visant à restreindre l'utilisation des clauses de non-concurrence. Les clauses de non-concurrence sont déjà limitées dans une poignée d'États, dont l'État de Washington, d'où est originaire Microsoft, où ils sont inapplicables aux employés gagnant moins de 100 000 dollars. En juillet, le président américain Joe Biden a publié un décret demandant à la Federal Trade Commission (FTC) de limiter ou d'interdire l'utilisation des clauses de non-concurrence afin d'encourager une plus grande mobilité sur le marché du travail et stimuler l'innovation.

Microsoft, qui a fait face à plusieurs allégations concernant sa culture toxique ces dernières années, a déclaré que les changements visaient à "améliorer sa culture du travail". « L'entreprise évalue en permanence l'expérience de ses employés et les écoute pour déterminer les changements à apporter en fonction de leurs besoins et de leurs préoccupations », indique le billet de blogue. En outre, l'engagement de l'entreprise à favoriser un espace sûr pour les préoccupations vise à répondre aux plaintes autour des clauses de non-divulgation dans les accords des employés.

Selon le billet de blogue, les accords de règlement et de séparation de Microsoft aux États-Unis ne contiendront plus de clauses dites de confidentialité, qui interdisent aux travailleurs de divulguer "une conduite présumée qu'ils perçoivent comme une discrimination illégale, un harcèlement, des représailles, une agression sexuelle ou une violation du salaire et des horaires sur le lieu de travail". Outre ces points, l'initiative de transparence salariale accrue verra Microsoft divulguer publiquement les fourchettes de salaires dans toutes les offres d'emploi internes et externes aux États-Unis, à compter de janvier 2023 au plus tard.

Les groupes de défense affirment depuis longtemps que le fait de laisser les demandeurs d'emploi dans l'ignorance de leur salaire et de celui de leurs collègues potentiels renforce les écarts de rémunération existants entre les sexes et les ethnies. Une étude menée par le recruteur britannique Reed a révélé que le fait de ne pas divulguer les détails des salaires et d'utiliser des termes tels que "compétitif" rendait les gens moins enclins à postuler à des postes. Selon l'étude, en fournissant plus d'informations aux femmes et aux personnes de couleur, les recruteurs leur permettent de négocier des salaires plus élevés et d'égaliser les chances.

Le Colorado, le Nevada, le Connecticut, la Californie, l'État de Washington et le Maryland ont tous introduit des règles de transparence salariale au niveau des États au cours de ces dernières années. De même, les employeurs de la ville de New York doivent désormais fournir des informations salariales sur les offres d'emploi, après l'entrée en vigueur d'une nouvelle législation le mois dernier.

Enfin, la promesse de l'entreprise de mener un audit sur les droits civils verra Microsoft s'engager à réaliser un audit mené par un tiers, qui sera achevé au cours de l'exercice 2023, avec un rapport de synthèse et des actions de suivi qui seront publiés peu après. Ces changements ne concerneront pour l'instant que les politiques et pratiques relatives aux employés basés aux États-Unis.

Source : Microsoft

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous de la suppression des clauses de non-concurrence par Microsoft ?
Que pensez-vous des nouvelles politiques de l'entreprise sur la transparence des salaires ?
En quoi ces initiatives pourraient-elles impacter l'entreprise et améliorer le bien-être des employés ?
Selon vous, ces actions suffisent-elles pour améliorer la culture du travail au sein de l'entreprise ?

Voir aussi

Seulement 23 % des entreprises ont une politique claire en matière de travail hybride, selon Microsoft

La Belgique approuve la semaine de travail à quatre jours et donne le droit aux employés d'ignorer leurs patrons après les heures de travail, un mouvement mondial en faveur de la formule se dessine

La génération Z se fait avoir par le télétravail et a le sentiment de ne pas bénéficier de l'évolution de carrière qui se produit au bureau, d'après une étude de Microsoft

La moitié des patrons est déconnectée de la réalité, d'après le deuxième rapport annuel de Microsoft sur l'indice des tendances du travail