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  1. #1
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    Par défaut 300 scientifiques demandent à Zuckerberg l'accès aux données de recherche de Meta sur la santé mentale des ado
    300 scientifiques demandent à Marc Zuckerberg l’accès aux données de recherche de Meta sur la santé mentale des enfants et des adolescents :
    Quel impact ont les médias sociaux sur la santé mentale ?

    Avez-vous déjà eu l’impression que votre vie est ennuyeuse ou que vous n’en profitez pas assez lorsque vous parcourez votre fil d’actualité Facebook ? Vous êtes-vous déjà sentis nuls ou déprimés en regardant les photos, vidéos et autres réalisations de tiers sur Facebook ? C’est ce qui est susceptible d’arriver aux plus jeunes. C’est en tout cas ce que confirment plusieurs études qui établissent que les médias sociaux nuisent à la santé mentale des adolescents. Une récente publication de recherche de Facebook (devenu Meta) s’aligne à cette conclusion. Problème : une coalition mondiale de scientifiques estime qu’elle ne respecte pas les standards scientifiques établis.

    La santé mentale des adolescents est mise à mal par une utilisation intensive des médias sociaux et le problème est même plus marqué chez les filles. Tout part en général d’une comparaison que l’adolescent(e) fait entre sa vie et celle du tiers visible sur le réseau social. Les chiffres mis en avant par le réseau social Instagram à ce propos font état de ce que « 81 % des adolescents se sentent plus proches de leurs amis grâce au réseau social et que 26 % développent des complexes en lien avec leur image personnelle. » La même étude est allée plus en détail pour ce qui est des filles en soulignant que 33 % des participantes à l’enquête se sentaient moins bien dans leur corps en raison des comparaisons avec d’autres sur Instagram.

    Des conclusions sommaires du contenu de recherche ne sont apparues à la lumière du jour qu’après avoir fait l’objet de fuite. Y faisant suite, une coalition internationale de plus de 300 scientifiques travaillant dans les domaines de la psychologie, de la technologie et de la santé a publié une lettre ouverte à Mark Zuckerberg. Elle demande au PDG de Meta d'ouvrir les portes de son entreprise aux chercheurs extérieurs qui doivent étudier les effets de Facebook et Instagram sur la santé mentale des enfants et des adolescents.

    Nom : 3.png
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    L’intégralité de la lettre ouverte

    Cher Mark Zuckerberg,
    Nous sommes une coalition mondiale de chercheurs dont l’expertise se situe à la croisée de la psychologie, de la technologie du numérique et de la santé. Récemment, nous avons eu accès à des articles de presse relatant des recherches menées au sein de vos entreprises sur la santé mentale des enfants et adolescents, utilisateurs de Facebook, Instagram et WhatsApp. Malheureusement, ces recherches se déroulent à huis clos et sans aucune supervision indépendante. Par conséquent, nous n’avons qu’une vision parcellaire des études menées par vos entreprises. Nous pensons que les méthodologies employées jusqu’à présent ne répondent pas aux standards scientifiques élevés qui sont requis pour étudier de manière responsable la santé mentale des enfants et des adolescents. Bien que rien dans vos fuites ne permette de dire que les réseaux sociaux provoquent des suicides, de l’automutilation ou des maladies mentales, ce sont des sujets de recherche sérieux. Ce travail, ainsi que les outils que vous utilisez, ne devrait pas être développé sans une supervision indépendante. Il faut disposer de données scientifiques solides avant de tirer des conclusions définitives ou de lancer de nouveaux outils. Vous et vos organisations avez l’obligation morale et éthique d’aligner vos recherches internes sur des standards scientifiques rigoureux privilégiant le souci de la preuve en science de la santé mentale, à fortiori si cela concerne les enfants et les adolescents.
    Avec trois milliards de personnes utilisant les plateformes Meta pour leurs activités sociales, leurs loisirs et leurs affaires, il est tout à fait possible que ces environnements virtuels aient des effets considérables sur la santé mentale des jeunes utilisateurs, que ce soit de manière positive ou négative. Le fait que vous meniez les recherches révélées dans de récents articles de presse montre clairement que vous concevez que de tels effets sont possibles. Bien que nous saluions vos tentatives de comprendre dans quelle mesure vos plateformes peuvent avoir un impact sur la santé mentale des jeunes, nous pensons que la manière dont vos équipes conduisent cet important travail de recherche (en secret et avec une méthodologie critiquable) est discutable et, dans son état actuel, vouée à l’échec. Au lieu de produire des résultats scientifiques fiables, le travail a – de manière prévisible – suscité un grand scepticisme de la part des scientifiques et une inquiétude généralisée de la part des législateurs, des journalistes, des parents et des jeunes. C’est frustrant, car si les bons outils scientifiques et éthiques étaient mis en place, les données collectées par Meta pourraient éclairer, de manière inédite, notre compréhension de l’usage des technologies numériques et leur influence sur la santé mentale.
    Nous vous écrivons pour vous aider à atteindre cet objectif et vous demandons donc de vous engager à trois actions concrètes afin de construire une confiance globale dans vos entreprises en tant que gestionnaires de nos données et architectes des mondes (en ligne) dans lesquels nos enfants vont grandir.

    1. S’engager à une transparence absolue en matière de recherche sur la santé mentale des enfants et des adolescents

    Le fondement de la science moderne est parfaitement illustré par la devise de la Royal Society : Nullius in verba, qui signifie en latin “ne croyez personne sur parole”. Ce principe s’applique aussi bien aux scientifiques indépendants qu’à ceux qui travaillent pour Meta. La science ne fonctionne que si on peut vérifier, en toute indépendance, les méthodes, le plan d’analyse et accéder aux données d’un projet de recherche de manière publique. Les études que nous avons vues ces dernières semaines sont loin de respecter ce standard de base. Personne ne peut prendre de décisions éclairées si nous ne prenons connaissance des efforts déployés pour étudier la santé mentale que par le biais d’articles de presse incomplets et parfois trompeurs. Par conséquent, il est essentiel que vous adoptiez une position de premier plan en matière de science ouverte dans le champ de la santé mentale, et que vous offriez aux scientifiques indépendants une alternative crédible à la nécessité de vous croire – ou de croire n’importe qui – sur parole.

    Nous vous demandons de solliciter des analyses indépendantes et transparentes de toutes vos recherches passées, présentes et futures sur la santé mentale des enfants et des adolescents, y compris les recherches sur les jeunes du nord et du sud de la planète et des régions en conflit. L’étude de la santé mentale exige les plus hauts standards de preuve en science, y compris une méthodologie solide, dont la pertinence doit être évaluée avant la collecte des données. Meta doit inviter des experts indépendants à analyser ses projets de recherche dans le champ de la santé mentale, et divulguer les résultats de ces expertises, avant le début des projets de recherche ; et par la suite commanditer des analyses indépendantes de ces projets avec des rapports accessibles au public. Ces examens exigeraient la publication des rapports, des diapositives, du matériel de recherche, du code pour l’analyse et des données sous-jacentes, une fois qu’ils auront été correctement anonymisés.

    Le respect de cet engagement fera fondamentalement progresser la science de la santé mentale des enfants et des adolescents. Premièrement, en savoir plus sur la façon dont Meta étudie la santé des enfants et des adolescents aidera les scientifiques indépendants et les parties prenantes à comprendre vos objectifs et vos résultats. Deuxièmement, cela augmentera la qualité des recherches sur les effets du numérique en général en aidant à établir des règles de bonnes pratiques en recherche pour des plateformes similaires. Troisièmement, cela limitera le gaspillage de ressources investies dans des études qui donnent des résultats discutables et ne sont finalement jamais publiées. Enfin, cela vous permettra de gagner la confiance du public et d’établir une feuille de route que les autres plateformes de réseaux sociaux devront suivre.

    2. Contribuer à la recherche indépendante sur la santé mentale des enfants et des adolescents dans le monde entier

    Des études à grande échelle menées dans des dizaines de pays suivent activement des cohortes de jeunes gens tout au long de leur vie, en utilisant des données génétiques, sociales, psychologiques, nutritionnelles, éducatives et économiques pour comprendre le développement humain. À mesure que les frontières entre le monde en ligne et le monde hors ligne s’estompent, ces sources d’information deviennent de plus en plus inadéquates pour saisir l’ensemble des déterminants de la santé mentale. Les plateformes Meta sont le lieu d’un large éventail de comportements dont l’étude est essentielle pour faire progresser les connaissances scientifiques en matière de santé mentale des enfants et des adolescents en général, et les effets sur la santé mentale liés aux plateformes Meta en particulier.

    Meta fournit une pièce manquante essentielle à un puzzle de données de la plus haute importance : il sera impossible d’identifier et de promouvoir la santé mentale au 21e siècle si nous ne pouvons pas étudier comment les jeunes interagissent en ligne. La combinaison des données Meta avec des projets d’études de cohortes à grande échelle fera progresser de manière significative notre compréhension des implications du monde en ligne pour la santé mentale. Meta a également le potentiel de surmonter un défi connexe : presque toutes les recherches sur la santé mentale des jeunes sont basées sur des populations européennes, nord-américaines ou anglophones. Une approche aussi restrictive renforce les biais existants dans la représentation d’autres populations et néglige la santé mentale de la plupart des jeunes dans le monde. Meta doit travailler avec des chercheurs d’Afrique, d’Asie, d’Océanie, d’Amérique latine et des îles du Pacifique afin de co-développer des possibilités de collaborations à long terme dans ces régions. Pour comprendre la santé mentale dans le monde, il faut également s’engager avec des chercheurs du monde entier, et pas seulement de certaines parties du monde.

    Meta a la grande opportunité de devenir un leader en contribuant à ces études de cohortes en cours, en collaborant avec des chercheurs des pays du sud et en aidant à fournir des informations sur les relations entre nos vies numériques et notre santé mentale. Alors que la vie des jeunes se déroule de plus en plus en ligne, Meta se doit d’agir maintenant. En intégrant vos données aux études mondiales sur la santé mentale des enfants et des adolescents, cela permettra aux scientifiques d’évaluer de manière robuste les influences potentielles du numérique sur la santé mentale. Meta pourrait ainsi ouvrir la voie et montrer l’exemple : la contribution de vos données aux études de cohortes en cours permettra d’atteindre le plein potentiel de ces travaux pour comprendre les facteurs de risque et de résilience de la condition humaine.

    3. Créer une instance indépendante de surveillance de la santé mentale des enfants et des adolescents sur les plateformes Meta

    Le moment est venu de créer un nouvelle instance mondiale chargée de promouvoir une surveillance crédible, indépendante et rigoureuse des conséquences de Meta sur la santé mentale. En s’inspirant du modèle du Facebook Oversight Board, cette instance effectuerait une surveillance scientifique indépendante (à la place des décisions quasi judiciaires). L’évaluation des risques matériels pour la santé mentale, la collecte de preuves scientifiques et la validation des outils et des solutions relèveraient de sa compétence. Il est essentiel que cette instance soit régie par des acteurs issus de pays développés aussi bien qu’en voie de développement, ainsi que par des acteurs qui travaillent avec les réfugiés et les jeunes dans les zones de conflit. Vous avez démontré votre engagement en faveur d’une gouvernance indépendante en soutenant le Conseil de surveillance sur les questions de liberté d’expression et de normes juridiques. Nous vous demandons d’étendre cette responsabilité à la question cruciale de la santé mentale des jeunes.

    Une instance dédiée à la science de la santé mentale des enfants et des adolescents permettrait de faire progresser notre compréhension des risques et des avantages pour la santé des jeunes. Elle permettrait de promouvoir des solutions véritablement fondées sur des preuves scientifiques pour évaluer les risques en ligne à l’échelle mondiale. Elle s’associerait à des efforts de recherche à grande échelle sur la santé mentale des enfants et des adolescents dans les pays du nord et développerait des synergies dans les pays du sud. Une instance mondiale renforcée par des données Meta et alimentée par les connaissances des experts et des parties prenantes peut relever les défis de l’étude et de la promotion de la santé mentale des jeunes.

    Pour conclure :

    Comprendre et soutenir la santé mentale des enfants et des adolescents à l’ère numérique est un défi si important qu’il ne peut être relevé par une seule personne, une seule entreprise ou une seule équipe. Nous pensons que vos plateformes ont le potentiel de jouer un rôle majeur pour le bien commun en touchant des milliards de jeunes. Ce défi mondial exige une solution mondiale.
    Nous pensons que Meta peut faire mieux et nous vous écrivons pour vous proposer notre aide.

    Sources : Instagram, Oxford Institute

    Et vous ?

    Quelle solution préconisez-vous pour résorber l’impact des médias sociaux sur la santé mentale ? La réglementation comme les entreprises de l’industrie du tabac ?

    Voir aussi :

    Est-ce que passer du temps sur les réseaux sociaux peut nous porter mentalement préjudice ? Des chercheurs de Facebook essayent d'y répondre

    Dangers des médias sociaux : Facebook devrait être réglementée comme les entreprises de l'industrie du tabac, affirme le PDG de Salesforce

    La Chine cherche à restreindre l'utilisation des réseaux sociaux par la presse, les médias ne pourront plus les citer comme source d'information

    Les réseaux sociaux inquiètent le plus les parents en ce qui concerne les activités sur les nouvelles technologies, selon une étude

    Facebook peut-il causer la dépression ? Une étude établit un lien entre l'utilisation intensive du réseau social et des symptômes de dépression
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  2. #2
    Invité
    Invité(e)
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    Donc Facebook doit donner gratuitement ses données durement acquises ?

    Ils se foutent un peu du monde les scientifiques. Ça met à genoux l'économie d'un pays à cause d'un pseudo virus et après ça demande des données gratuites.

    Vraiment honteux.

  3. #3
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    300 psychologues cherchent un emploi chez Meta.

  4. #4
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    Je pense que les objectifs entre les recherches de la communauté scientifiques et les recherches de Meta sur la santé mentale des "jeunes" face aux réseaux sociaux divergent totalement, l'un pour accroitre les connaissances communes et pouvoir commencer à envisager une politique de prévention, l'autre étant pour protéger ses intérêts, et voir s'il y a moyen d'en tirer du profit.

    Donc, non, ce vœu pieux aura comme seule réponse un non "poli et bienveillant" de la part de Meta. Mais vous le savez déjà

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