Top 250 : malgré la crise, les éditeurs de logiciels français réalisent un chiffre d'affaires de 17,9 milliards d'euros en 2020.
tour d'horizon de cet écosystème

Malgré la crise sanitaire, la filière des éditeurs de logiciels français est restée dynamique : 17,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisé en 2020, soit une croissance de 9 % pour l'ensemble de 269 entreprises du panel, contre 16,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires réalisé en 2019, pour une croissance de 7 %. Le hic ? Un peu plus de la moitié de cette croissance est générée par trois entreprises sans lesquelles elle tomberait à 5 % au lieu des 9 %. Néanmoins, le secteur parie sur une accélération en 2021, selon les résultats de la onzième édition du Top 250 des éditeurs de logiciels français, menée par Numeum et EY.

À l’occasion de son assemblée générale qui s’est tenue le 17 juin 2021, Syntec Numérique a annoncé sa fusion avec TECH IN France donnant ainsi naissance à « numeum », le premier syndicat de représentation de l’écosystème numérique en France. Numeum a vocation à représenter les ESN (Entreprises de Services du Numérique), les ICT (entreprises de conseil en technologies), les éditeurs de logiciels, les plateformes et plus largement toutes les entreprises du numérique. Cette nouvelle organisation, membre de la Fédération Syntec, portera la voix de 2 300 entreprises réalisant 85 % du chiffre d’affaires total du secteur du numérique et représentant 530 000 emplois en France.

Le premier rapport Top 250 sous le blason Numeum (le onzième de Syntec Numérique) nous indique qu'en 2020 le secteur a enregistré un chiffre d’affaires de 17,9 milliards d’euros malgré la crise, soit une croissance de 9,1 % contre 7,2 % en 2019. Comme à l'accoutumée, cette croissance est fortement impactée par la contribution des poids lourds du secteur tels que Dassault Systèmes, Ubisoft et Criteo. En neutralisant cet impact du Top 3, le taux de croissance s’élève à 5 % contre 9 % en 2019.

Le chiffre d'affaires du secteur pour sa part a plus que doublé en une décennie.

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Les éditeurs sectoriels de logiciels, poids lourds du secteur, continuent de dominer le panel aussi bien en ce qui concerne le chiffre d’affaires généré que le nombre de sociétés. Le chiffre d’affaires moyen des éditeurs sectoriels est également sensiblement supérieur. Comme les années précédentes, la contribution de cette catégorie est très concentrée sur Dassault Systèmes et Criteo qui, à eux seuls, représentent 53 % de la catégorie. La catégorie particuliers & jeux génère un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros principalement grâce à Ubisoft.

Dans un contexte de crise, les taux de croissance des éditeurs sectoriels et horizontaux sont moins élevés en 2020. Ces deux catégories affichent un retard équivalent (5 %) par rapport au taux de croissance généré en 2019. Au sein des éditeurs sectoriels, Dassault Systèmes enregistre une fois encore une croissance à deux chiffres
en 2020 alors que Criteo affiche un chiffre d’affaires en recul de 6 %. Dans la catégorie des éditeurs horizontaux, Talend, récemment racheté par un fonds américain, a généré un chiffre d’affaires croissant de 20 % en 2020.

À l’inverse des autres catégories, celle des particuliers et jeux connaît une très forte accélération en 2020 (+35 % versus -5 % en 2019) portée principalement par Ubisoft (+40 % en 2020 versus -14 % en 2019). Comme attendu, le contexte du confinement semble avoir eu un effet positif sur le dynamisme de cette catégorie.

Les éditeurs de plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires contribuent à hauteur de 74 % du chiffre d’affaires du panel alors qu’ils ne représentent que 9 % des éditeurs. La concentration du secteur reste donc importante malgré l’émergence de nouveaux acteurs parvenant à générer rapidement plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Tous les éditeurs, quelle que soit leur taille, ont vu leur croissance se ralentir en 2020 à l’exception des éditeurs de plus de 100 millions d’euros (+9 % en 2020 contre +5 % en 2019). Hors Top 3, cette catégorie affiche néanmoins un taux de croissance de +4 % en 2020 contre +7 % en 2019.

Les éditeurs réalisant entre 50 et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires enregistrent une croissance de 6 %, plus faible que les autres catégories. Ce phénomène affecte la plupart des éditeurs de cette catégorie.

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Résultat opérationnel à la clôture en 2020

78 % des éditeurs de logiciels du panel ont réalisé un bénéfice d’exploitation lors de l’exercice 2020. Ce niveau est proche du pourcentage constaté dans le cadre de
l’étude 2019. En effet, les éditeurs sont parvenus à générer de la croissance sur 2020 et ont eu également recours aux aides de l’État (principalement chômage partiel). Cela a permis de limiter l’impact sur leur rentabilité.

Seulement 48 % des start-up (sociétés de moins de 8 ans) ont réalisé un bénéfice d’exploitation. De manière générale, la plupart des sociétés du panel avec une croissance très rapide privilégient un modèle économique générant des pertes d’exploitation avec des investissements en R&D et en marketing massifs au moins durant les premières années afin de conquérir rapidement des parts de marché.

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Après une année 2020 marquée par la crise, les éditeurs de logiciels sont beaucoup plus optimistes pour 2021. 56 % d’entre eux misent sur des prévisions de croissance sur 2021 supérieures à deux chiffres. Seules 1,5 % des entreprises prévoient de la décroissance. L’année 2021 pourrait ainsi être une année record pour ce qui concerne la croissance.

À l'international

Le chiffre d’affaires réalisé à l’étranger s’élève à 59 %, contre 57 % dans le panorama de l’année dernière. Malgré la crise et un environnement incertain, les éditeurs ont poursuivi leur internationalisation.

La zone EMEA (Europe, Middle East, Afrique) est la plus représentée. Le niveau d’internationalisation des entreprises est dépendant du chiffre d’affaires. En effet, les entreprises de moins de 50 millions de chiffre d’affaires ont tendance à se concentrer sur le marché français. Au contraire, les entreprises de plus de 50 millions de chiffre d’affaires sont plus présentes sur les autres marchés internationaux comme les Amériques ou l’Asie.

Les éditeurs de plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires continuent à être les plus internationaux avec 67 % d’activité réalisée en dehors de la France contre
62 % dans le panorama de l’année dernière. Cette progression s’explique notamment par la contribution plus importante de Ubisoft dans cette catégorie.

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La France est le premier pays contributeur en matière de chiffre d’affaires pour 85 % des éditeurs du panel. Dans la projection, la contribution de la France passe à 69 %, au profit des États-Unis qui passent à 16 %.

La contribution des États-Unis dans la projection est toutefois en léger retrait par rapport au panorama de l’année dernière. Le contexte incertain de 2020 et de début 2021 a peut-être incité certains éditeurs à se montrer plus prudents pour leur stratégie internationale. Les éditeurs de logiciels français portent également leur regard sur l’Europe, et notamment sur les pays limitrophes de la France (Espagne, Allemagne, Royaume-Uni) pour augmenter leur présence à l’international.

Software as a service (SaaS) et offres cloud

L’accélération de la transition vers un modèle SaaS continue en 2020 puisque 43 % du chiffre d’affaires Édition du panel est réalisé par l’activité SaaS, soit une progression de 5 points par rapport à 2018. La bascule vers le modèle SaaS s’est donc poursuivie en 2020, malgré un contexte de crise et de croissance plus modérée
du chiffre d’affaires Édition. Le modèle SaaS a démontré une forte résilience grâce à son mode de contractualisation, généralement par abonnement, qui a permis de limiter les impacts de la crise.

Lors de la première étude du Top 250 de logiciels en 2010, le chiffre d’affaires SaaS représentait 10 % de l’activité de l’édition de logiciels française.

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L’investissement dans le Cloud et le SaaS reste la principale priorité des éditeurs français de logiciels, et ce d’une manière très marquée. Néanmoins, nous
constatons cette année une forte progression de la sécurité dans les priorités technologiques des éditeurs qui apparaît en premier choix dans 10 % des cas contre
8 % dans la précédente étude. Cette tendance est à mettre en relation avec l’accroissement du risque de cybersécurité et la multiplication des attaques en 2020.

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À l’image des priorités technologiques, le mode de contractualisation par abonnement, souvent associé au modèle SaaS, continue à être très largement privilégié. La notion de chiffre d’affaires récurrent, fondé sur les abonnements, constitue aujourd’hui un indicateur de référence dans l’édition de logiciel, en particulier en matière d’évaluation des sociétés. Les éditeurs privilégient ce modèle pour des questions de visibilité, mais également pour maximiser leur valorisation.

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54 % des éditeurs de logiciels français privilégient, cette année encore, une facturation annuelle. Ils parviennent également à engager leurs clients à souscrire à des abonnements de longue durée, puisque 60 % des éditeurs contractualisent sur des durées de 3 ans ou plus. Ces données sont globalement en progression par rapport à l’étude précédente, ce qui constitue un gage de solidité des éditeurs. Ce système leur permet d’encaisser la trésorerie plus rapidement et de réduire ainsi leurs besoins de financement.

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Le SaaS étant devenu un standard marché, les éditeurs de logiciels ont structuré leur gestion pour intégrer des KPIs propres au SaaS comme le revenu mensuel récurrent (ARR ou MRR) qui est suivi par 94 % des éditeurs du panel ou le taux de non-renouvellement des contrats (Churn) utilisé par 77 % des éditeurs. L’adoption de ces indicateurs est en progression continue démontrant un suivi de la performance en constante amélioration chez les éditeurs.

Les effectifs (croissance des embauches, perspectives, profils recherchés)

Les effectifs des entreprises françaises d’édition de logiciels continuent de croître en 2020, mais à un rythme moins élevé : +8 % contre +12 % en 2019 (effectif pure
players). Hors contribution du Top 3 des éditeurs, cette croissance serait de +8 % contre +9 % en 2019. Cette évolution est cohérente avec la croissance constatée sur le chiffre d’affaires, plus modérée dans le contexte de crise. Néanmoins, plus de 80 % des entreprises ont fait croître leurs effectifs sur l’année montrant une volonté de continuer à investir sur le futur.

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La croissance des effectifs devrait repartir fortement à la hausse en 2021. En effet, 85 % des éditeurs prévoient d’augmenter leurs effectifs sur 2021 contre 72 % dans l’étude 2020. La volonté des éditeurs de relancer leur recrutement se traduit par des difficultés de recrutement, en hausse : 83 % des entreprises sont concernées contre 78 % dans le panorama de l’année dernière.

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Le profil le plus demandé par les éditeurs de logiciels reste naturellement celui des développeurs. Néanmoins, ces derniers semblent être de plus en plus recherchés : ils représentent 68 % des profils recherchés, en hausse de +3 points par rapport à l’étude précédente.

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Sans surprise, la crise sanitaire a conduit à une généralisation du télétravail. Néanmoins, les éditeurs semblent envisager à court terme le retour à un mode hybride où le télétravail ne serait pratiqué qu’occasionnellement ou à raison de 3 à 4 jours par semaine.

Pour attirer et garder leurs talents, les entreprises misent largement sur des salaires attractifs et la mise en place de primes ; viennent, dans un second temps, les politiques d’intéressement et de participation. L’accès au capital reste limité.

Source : rapport

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