Un développeur a réussi à lancer Windows 10 pour ARM sur un Mac muni d'un processeur Apple M1,
grâce à une version personnalisée de l'outil de virtualisation QEMU

Le nouveau processeur M1 d'Apple fait les gros titres depuis son lancement. Si elle est connue pour son faible rendement énergétique, la puce M1 excelle également en termes de vitesse. Et ce n’est pas tout.

Le développeur Alexander Graf vient aussi de prouver que le nouveau silicium d'Apple est capable de démarrer avec succès la version ARM de Windows 10. Le 27 novembre 2020, il s'est emparé de son compte Twitter pour publier la capture d'écran du gestionnaire des tâches de Windows 10, qui affiche l'onglet Performance. L'onglet montrait que la puce M1 peut exécuter l'édition Windows 10 ARM64.

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Pour ce faire, le développeur a eu recours à une version personnalisée du célèbre outil de virtualisation QEMU, afin de faire fonctionner le système d'exploitation de Microsoft, Windows 10 ARM 64 Insider Previews. Une fois la virtualisation terminée, il l'a ensuite lancée à partir de l'outil Apple Hypervisor.framework. Avec cette combinaison, Alexander Graf a obtenu en effet un remarquable résultat, puisqu'en plus de pouvoir faire tourner Windows 10 ARM64 Insider Preview sur la puce M1 d'Apple, il a également pu enregistrer quelques benchmarks tout à fait satisfaisants. L'analyse comparative de l'unité centrale de Geekbench a montré que la puce M1 avait certains atouts par rapport à la puce Microsoft Surface Pro X. Le nouveau processeur d'Apple, virtualisé, a enregistré un score monocœur de 1288 et un score multicœur de 5449, tandis que celui de Microsoft a enregistré un score plus faible de 762 pour le monocœur et de 3005 pour le multicœur.

Il est important de rappeler qu'auparavant, il n'était pas possible d'installer la version x86 des applications Windows en utilisant Boot Camp puisque la puce M1 est un SoC Arm personnalisé. Mais le développeur vient de prouver que Windows ARM64 peut très bien exécuter des applications x86 s'il est virtualisé sur un Mac M1. Cette technique n'est pas aussi rapide que sur MacOS via l'émulateur Rosseta 2 mais le résultat est tout à fait tolérable. En outre, cela va permettre aux utilisateurs d'interagir avec les technologies de virtualisation sans avoir à écrire des extensions de noyau (KEXT).

« Il est certainement possible de reproduire mes résultats - tous les correctifs sont sur la liste de diffusion - mais ne vous attendez pas encore à un système stable et entièrement fonctionnel », a déclaré Alexander Graf dans un Tweet, tout en espérant que d'autres puissent reproduire ses résultats.

D'après Craig Federighi, chef de l'ingénierie logicielle chez Apple, le lancement de Windows sur le Mac M1 repose sur la volonté de la firme de Bill Gates. Selon lui, les technologies de base de la puce M1 sont certainement capables de faire fonctionner Windows, en revanche, il appartient à Microsoft de décider de l'octroi ou non d'une licence pour sa version Arm de Windows aux utilisateurs de Mac.

« La licence actuelle de Microsoft ne permet pas sa version ARM de Windows 10 à utiliser par Apple (car elle n’est pas préinstallée). Et auparavant, Microsoft a déclaré qu’il n’avait aucune nouvelle à partager à propos de l'autorisation de Boot Camp sur les Mac ARM », a-t-il indiqué lors d’une interview.

Pour sa part, Microsoft a précédemment fait savoir que d'ici la fin de 2020, il apporterait la prise en charge des applications AMD64 aux assemblages internes de la version ARM du système d'exploitation. Ce qui signifie que ses fonctionnalités seront bientôt renforcées.

En ce qui concerne la découverte d'Alexander Graf, la firme de Cupertino, en Californie, n'a pas manqué de laisser quelques remarques.

« Il a pu y parvenir en exécutant Windows ARM64 Insider Preview en le virtualisant via Hypervisor.framework. Ce framework permet aux utilisateurs d’interagir avec les technologies de virtualisation dans l’espace utilisateur sans avoir à écrire des extensions de noyau (KEXT). De plus, cela n’aurait pas été possible sans appliquer un correctif personnalisé au virtualiseur QEMU. QEMU est un émulateur et un virtualiseur de machine open source. Il est connu pour « atteindre des performances quasi natives » en exécutant le code invité directement sur le processeur hôte. Il va donc sans dire que seuls les invités ARM peuvent être parfaitement virtualisés sur une machine ARM comme les Mac compatibles M1 », a expliqué Apple.

Source : Twitter

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