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  1. #1
    Chroniqueur Actualités

    IBM, Red Hat, VMWare lancent une initiative de suppression des termes comme blacklist et slave de l'univers IT
    IBM, Red Hat, VMWare lancent une initiative de suppression des termes comme blacklist, whitelist, master et slave de l’univers IT
    Pour les remplacer par d’autres jugés plus inclusifs et explicites

    Faut-il opérer le retrait de termes comme blacklist, whitelist, master, slave ou encore kill (longtemps utilisés au sein de bases de code et de documentations) au motif de ce qu’ils véhiculent des stéréotypes raciaux ? C’est l’un des débats qui divisent le plus la communauté des développeurs informatique à date. Avec les développements en lien avec la mort de Georges Floyd, il a pris plus d’ampleur. Désormais, le passage à des termes considérés comme plus inclusifs se généralise pour lutter contre le racisme dans le monde de l’informatique. IBM, Red Hat, VMWare et d’autres se mobilisent pour donner l’exemple.

    C’est dans le cadre d’un groupe de travail qui a pour objectif d’épurer l’univers des technologies de l’information de termes qui véhiculent des stéréotypes raciaux. Sans détour, les entreprises de ladite sphère soulignent que le problème avec des termes comme blacklist, whitelist, master et slave est qu’ils renforcent des associations du type black (noir) = bad (mauvais) et white (blanc) = good (bon) et font remonter une expérience humaine douloureuse (l’esclavage) au souvenir. C’est la raison pour laquelle l’initiative vise à les remplacer par d’autres jugés plus inclusifs : "allowlist" (liste d’autorisation), "blocklist" (liste de refus), primary (primaire) ou encore secondary (secondaire). Les termes proposés en remplacement sont jugés plus explicites (ou moins ambigu) que ceux d’origine.


    « L'hypothèse sous-jacente de la métaphore whitelist/blacklist est que blanc = bon et noir = mauvais. Les couleurs n'ayant en elles-mêmes aucune signification prédéterminée, toute signification que nous leur attribuons est culturelle : par exemple, la couleur rouge dans de nombreux pays d'Asie du Sud-Est est porteuse de chance et est souvent associée à des événements comme les mariages, alors que la couleur blanche a les mêmes connotations dans de nombreux pays européens. Dans le cas de whitelist/blacklist, les termes proviennent de l'industrie de l'édition - une industrie dominée par les États-Unis et l'Angleterre, deux pays qui ont participé à l'esclavage et qui sont encore aujourd'hui aux prises avec leur héritage raciste.

    Du point de vue de la communication technique, l'utilisation de whitelist/blacklist comme convention de dénomination fait appel à la métaphore (et, par conséquent, à une signification involontaire) lorsque cela n'est pas nécessaire. Des mots plus directement descriptifs comme allowlist/denylist améliorent la compréhension. Allowlist/denylist, ou simplement l'utilisation de allowed/denied comme préfixe d'entité a l'avantage supplémentaire d'être facilement traduisible dans d'autres langues humaines », indiquent les membres de l’initiative.

    « Comme le dit l'IETF, "maître-esclave est une métaphore oppressante qui ne sera et ne devrait jamais se détacher complètement de l'histoire". Les origines et l'utilisation historique du mot révèlent un usage au mieux chauvin et raciste et dans presque tous les cas connotatif de la propriété. Bien qu'il y ait une petite ambiguïté sur le terme "maître", le terme "esclave" concerne sans ambiguïté la propriété et la soumission d'une autre personne, et ce depuis sa création.

    Les termes maître/esclave sont préjudiciables aux Noirs, aux personnes de couleur, aux collaborateurs et aux employés. L'esclavage est une tradition abolie depuis à peine 3 générations - il y a des grands-parents vivants aujourd'hui qui étaient de véritables esclaves non métaphoriques. La ségrégation et l'apartheid sont encore plus récents. Conformément à la plupart des codes de conduite et des manuels d'entreprise open source, le mandat de toutes les personnes participant à un projet est de créer un espace accueillant, quel que soit le niveau d'expérience, le sexe, l'identité et l'expression sexuelles, l'orientation sexuelle, le handicap, l'apparence personnelle, la taille du corps, la race, l'ethnicité, l'âge, la religion ou la nationalité. Maître/esclave ne sont pas des mots accueillants », ajoutent-ils.

    À date, l’initiative regroupe IBM, Red Hat, LF Networking et Kubernetes en son sein. Elle ne fait néanmoins pas l’unanimité quant à ce qui concerne son orientation en matière d’interprétation des termes. « Un peu confus par cet argumentaire centré sur "Black Hat est raciste". Le terme vient des couleurs des chapeaux dans les films de western et n'a rien à voir avec la race. La mauvaise chose à faire est justement de trouver des connotations racistes à des termes non racistes, puis essayer de les changer pour ces raisons », réagit MalwareTech.


    Ces efforts pour s'éloigner des termes jugés offensants comme master, slave, blacklist, whitelist, etc. ont commencé avant même les manifestations en lien avec le mouvement Black Lives Matter. Des entreprises et des projets open source tels que Drupal, Python, PostgreSQL et Redis avaient déjà donné l’exemple. En mai 2020, l'agence de cybersécurité du gouvernement britannique a annoncé qu'elle cesserait d'utiliser les termes whitelist et blacklist en raison de la stigmatisation et des stéréotypes raciaux entourant ces deux termes.

    Source : inclusivenaming

    Et vous ?

    Laquelle des directions vous semble la plus pertinente dans ce débat ? Celle des associations black (noir) = bad (mauvais) et white (blanc) = good (bon) ou celle de l’origine des termes utilisés ?
    Procéder au changement de termes techniques peut-il mettre un terme à des siècles d’injustice raciale ?
    Êtes-vous en accord avec le justificatif selon lequel les termes proposés en remplacement sont plus explicites ?

    Voir aussi :

    Python va supprimer les termes "master/slave" de sa documentation et sa base de code pour des raisons de diversité et leur connotation à l'esclavage

    L'équipe du langage Go retire les termes "whitelist", "blacklist", "master" et "slave" de sa documentation et de sa base de code parce qu'ils véhiculent des stéréotypes raciaux

    Amazon annonce que la police ne pourra pas utiliser sa technologie de reconnaissance faciale pendant un an, suite aux manifestations liées à la mort de George Floyd

    Après Apple, Google supprime à son tour l'application Gab de son Play Store, pour avoir violé sa politique relative aux discours haineux
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  2. #2
    Membre expérimenté
    "la métaphore whitelist/blacklist est que blanc = bon et noir = mauvais. Les couleurs n'ayant en elles-mêmes aucune signification".

    Seul, vous préférez vous promener en plein jour dans une rue bien éclairé ou la nuit dans une ruelle sombre ?

    Dans la Bible et donc depuis l'antiquité , si le bien est associé au blanc et le noir au mal, on y trouve aussi la notion de lumière et d'obscurité.

    On parle toujours d'obscurentisme et de siècle des lumières.

    Je ne suis donc pas certain que blanc et noir fasse référence à la couleur de la peau de qui que ce soit, mais bien plus à la nuit, plus inquiétante que le jour.

    Reste que je comprend la susceptibilité américaine sur ce sujet, compte tenu de son histoire.
    C'est Bill Clinton, en 1997 qui pour la première fois accorda la médaille d'honneur à un noir - non qu'aucun ne l'ai mérité, puisqu'elle a été accordé à des vétérans des 2 guerres mondiales.
    Le droit de vote a été accordé au noir qu'en 1965.

    Vu mon age avancé, j'aurais presque pu connaitre l'époque où les noirs n'avait pas le droit de vote. Ca me parait fou.
    --
    vanquish

  3. #3
    Membre extrêmement actif
    Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
    « Un peu confus par cet argumentaire centré sur "Black Hat est raciste". Le terme vient des couleurs des chapeaux dans les films de western et n'a rien à voir avec la race. La mauvaise chose à faire est justement de trouver des connotations racistes à des termes non racistes, puis essayer de les changer pour ces raisons », réagit MalwareTech.
    Il est moins con que les autres lui !

    Citation Envoyé par vanquish Voir le message
    Je ne suis donc pas certain que blanc et noir fasse référence à la couleur de la peau
    Ça n'a effectivement aucun rapport, mais il y a des gens qui deviennent fou et qui veulent supprimer toutes les expressions négatives qui contiennent le mot "noir" et toutes les expressions positives qui contiennent le mot "blanc".
    Quelle est la suite ? Ils vont interdire la neige parce que quand elle est fraiche elle est belle et blanche et avec le temps et la pollution elle devient dégueulasse ?
    Comme là avec de la poussière de charbon : De la neige noire est tombée en Sibérie.
    Ça ne sert à rien de supprimer les expressions comme "slave" ou "blacklist", c'est n'importe quoi leur délire…

    Je ne sais pas si ils réussiront à supprimer le terme blacklist de l'univers IT, mais en tout cas il est très utilisé en dehors de l'IT.
    On le retrouve régulièrement dans les médias mainstream :
    Un appel à témoins pour éclaircir la «liste noire» de Michel Fourniret
    Biélorussie. L’Union européenne va sanctionner des entrepreneurs et des sociétés
    Les États membres doivent maintenant identifier les cibles des prochaines sanctions et réunir des preuves suffisantes pour ajouter leurs noms à la liste noire de l’UE, a-t-il expliqué. La prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE est prévue le 7 décembre et l’unanimité est nécessaire.
    Keith Flint 1969 - 2019

  4. #4
    Membre émérite
    Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message

    « Comme le dit l'IETF, "maître-esclave est une métaphore oppressante qui ne sera et ne devrait jamais se détacher complètement de l'histoire". Les origines et l'utilisation historique du mot révèlent un usage au mieux chauvin et raciste et dans presque tous les cas connotatif de la propriété. Bien qu'il y ait une petite ambiguïté sur le terme "maître", le terme "esclave" concerne sans ambiguïté la propriété et la soumission d'une autre personne, et ce depuis sa création.
    Ben justement, il faut donc garder les terme esclave et maître dans le cas ou, par exemple, une machine pilote littéralement les autres. Par exemple, dans un contrôleur qui contiens toute la puissance de calcul et dispatche des commandes aux machines esclaves via un bus 485. Dans ce cas, les esclaves n'ont même pas le droit de parler tant qu'on ne leur demande rien, parce que sinon c'est la foire aux collisions et corruptions de trames.

    Accessoirement, que les USA aient mis perpette a comprendre que les noirs ne sont pas des animaux est une chose, mais je ne vois pas pourquoi le monde entier devrais changer ses usage pour ce pays qui produit des individus qui ne jurent que par les procès, y compris pour attaquer le gagnant d'une élection parce qu'il a osé gagner...

    L'esclavage était encore légal du temps de mes grands parents? Désolé, mais pas chez moi. D'ailleurs, je découvre sur wikipedia que les lois sur le sujet ont commencé a fluctuer depuis 1315, bien avant qu'on aille en Amérique.
    Je n'ai pas le temps de tout lire, mais en gros, c'est vers 1850 que l'esclavage a été aboli en France. Admettons 10 ans de propagation, pourquoi pas. Nous sommes en 2020. 2020 - 1860 = 160 ans. Je sais qu'on vit de plus en vieux, mais tout de même, ça me paraît beaucoup la.

    Le terme "secondaire" ne colle pas du tout. Il est déjà utilisé, d'ailleurs, par exemple dans le cas d'un serveur DHCP. Il implique que la machine ou le logiciel est capable de supplanter le primaire, ce qui est faux dans un grand nombre de cas.
    L'appellation client-serveur non plus, ne marche pas: dans ces cas, le serveur est au service de plusieurs clients, ce sont donc les clients qui commandent. Ce terme est, encore une fois, utilisé depuis longtemps la ou il fait sens.

    Et sinon, il faut aussi retirer le terme "asservissement" des manuels d'automatisme? Tout ça à cause d'un problème de culture localisé aux USA? Désolé mais je refuse. D'ailleurs, le terme esclave n'est en rien contre les noirs: les amérindiens aussi ont été asservis, tout comme des européens. En fait, l'esclavagisme a été pratiqué par toutes les nations du monde. Mais pour comprendre ça, il faut une capacité qui semble être en rupture de stock ces dernières années: la capacité de prendre du recul.

  5. #5
    Membre éprouvé
    pourquoi supprimer blacklist, black faisant référence au cote sombre de la couleur rappelant entre autre la nuit et non a une personne ayant un teint noire.
    Plus vite encore plus vite toujours plus vite.

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