Huawei veut prouver que ses équipements 5G ne représentent pas une menace pour la sécurité nationale,
en ouvrant ses portes aux experts indépendants

Le mercredi 30 septembre 2020, le président de Huawei Italie, Luigi De Vecchis, a déclaré que la société chinoise est prête à révéler les fonctionnements internes de son entreprise à ceux qui souhaitent les connaître pour prouver que sa technologie 5G ne constitue aucun risque pour les pays qui choisiraient d'utiliser ses équipements.


Huawei est prêt à être « disséqué » pour répondre aux pressions politiques

Dans le but de remettre les pendules à l’heure, Luigi De Vecchis a profité de la cérémonie d'inauguration d'un nouveau centre de cybersécurité à Rome pour faire une déclaration concernant ce sujet très particulier.

« Nous allons ouvrir nos portes, nous sommes disposés à être disséqués pour répondre à toutes ces pressions politiques. Je reste abasourdi par le fait qu'un pays de la taille des États-Unis puisse attaquer un autre pays en le démolissant, via des accusations sans fondement visant l'une de ses entreprises », a-t-il dit.

Il a également ajouté que même si la société a reçu de telles accusations et toutes ces pressions, elle n’a nullement l’intention de quitter le marché italien.

« Les chances que Huawei abandonne le marché à cause de la situation en cours sont extrêmement minces. », a-t-il confié avant d'évoquer le lancement de produits nouveaux et différents, spécialement conçus pour l'Italie.

Par coïncidence, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a entamé une visite de deux jours en Italie le jour même où le président de Huawei Italie a fait ces commentaires.

En effet, le vendredi 25 septembre 2020, Mike Pompeo a fait une déclaration concernant les investissements de Huawei. Celui-ci a affirmé que les investissements de la société « ne sont pas privés, car ils sont subventionnés par l'État (chinois). De ce fait, ce ne sont pas des transactions commerciales transparentes, libres comme le sont beaucoup d'autres, mais des transactions réalisées au profit exclusif de l'appareil de sécurité (chinois) ».

Il a d'ailleurs lancé un appel à l'Europe et aux États-Unis pour qu'ils unissent leurs forces afin d'entraver les projets du Parti communiste chinois dans les pays étrangers.

« (Les) investissements (de Huawei) sont des opérations prédatrices qu'aucune action ne doit ou ne peut autoriser », a-t-il évoqué.

Mike Pompeo a profité d'une réunion avec le Premier ministre italien Giuseppe Conte pour souligner les liens commerciaux et d'investissements substantiels que les États-Unis entretiennent avec l'Italie. En outre, le secrétaire d'État américain a mis en garde La Botte contre les risques d'une éventuelle relation commerciale avec la Chine, a fait savoir un porte-parole du secrétaire d'État américain.

Comme l’avait indiqué la société chinoise Huawei, les accusations des États-Unis sont « sans fondement ».

Un centre de cybersécurité et de transparence à Rome

Un porte-parole de Huawei Italie a annoncé le jeudi 1er octobre 2020 que le nouveau Centre pour la cybersécurité et la transparence à Rome sera prêt à fonctionner l'année prochaine, plus précisément en septembre 2021. Il fera alors partie des autres centres déjà en activité à Banbury (Royaume-Uni), Bruxelles, Bonn (Allemagne), Dubaï, Shenzhen et Toronto.

Le centre vise par ailleurs à mettre en place une plateforme de communication et d'innovation pour tous les acteurs italiens. Sans oublier qu'il fournit une plateforme de vérification et d'évaluation technique pour le gouvernement et les clients de Huawei.

« Les technologies 5G vont amener une nouvelle dimension numérique à laquelle nous ne sommes pas encore habitués aujourd'hui. (...) La 5G est un véritable tournant, qui permettra d'élargir le potentiel que représente le cyberespace pour nos sociétés, nos économies et nos modes de vie (...) Nous souhaitons offrir un environnement constructif, dans lequel nous pourrons démontrer notre ouverture, notre esprit de collaboration et notre transparence pour construire une Italie numérique », a souligné le président de Huawei Italie, Luigi De Vecchis.

Le responsable de la cybersécurité de Huawei Italie, Giuseppe Pignari a d’ailleurs confié que pour la firme, la cybersécurité était « une priorité majeure depuis 2010. »

« Les Centres de cybersécurité et de transparence font partie de la stratégie que nous avons mise en place (...) pour permettre aux clients, partenaires, institutions et gouvernements italiens de mieux comprendre et de vérifier comment Huawei traite la cybersécurité dans toutes ses démarches et dans tous ses produits », a-t-il expliqué.

Source : Reuters

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