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  1. #1
    Communiqués de presse

    Appel à la diversité des approvisionnements informatiques face aux GAFAM
    Appel à la diversité des approvisionnements informatiques face aux GAFAM

    25 personnalités de la tech appellent les entreprises françaises et européennes à rejoindre le "club des IT50", qui les engage à investir plus de 50% de leur budget IT (logiciel, services, cloud et télécoms) auprès d'acteurs français et européens, afin de réduire leur dépendance auprès des GAFAM.

    Par un collectif de 25 personnalités de la tech.

    "Ne devenons pas des vassaux numériques des GAFAM !"

    Alors que l'Europe n'est pas parvenue à appliquer son amende record de 13 milliards d'euros sur Apple et que le géant ne paie plus beaucoup d'impôt depuis longtemps sur le vieux continent, en y réalisant des dizaines de milliards de vente, nous avons décidé de dire stop à la mort de l'écosystème IT innovant en Europe par le monopole des approvisionnements IT des entreprises et institutions européennes auprès de quelques géants non européens.

    Nous proposons un engagement simple. Afin de permettre l'innovation technologique européenne et de développer une vraie diversité numérique tant au niveau de l'infrastructure que des plateformes logicielles, je m'engage, en tant qu'organisation ou dirigeant, à investir plus de 50 % de tout nouveau budget IT (périmètre logiciel, service, cloud et télécom) d'investissement ou de fonctionnement auprès d'acteurs français et européens et ce à échéance des engagements en cours et au plus tard dans les 3 ans".

    Lançons "Le club des IT50+" !

    Le club des dirigeants qui s'engagent :

    • à investir plus de 50 % de tout nouveau budget IT d'investissement ou de fonctionnement auprès d'acteurs français ou européens,
    • à contribuer via un budget ETD - European Technology Development (à l'instar du budget RSE) à la création d'écosystèmes et de réseaux d'entreprises innovants,
    • à retenir dans tout appel d'offre un minimum de 50 % d'acteurs européens,
    • à produire des communications de références européennes et permettre aux pépites technologiques européennes de les communiquer.


    Le secteur privé est en droit de demander a minima un engagement équivalent par le secteur public qui doit être exemplaire en la matière.

    L'Europe à la traîne face aux GAFAM

    Le constat est amer. L'Europe est le seul continent à ne pas avoir classé d'entreprise IT dans le FT500 (500 premières entreprises mondiales en valorisation ou chiffre d'affaires) ces 20 dernières années. Le seul "géant" du logiciel européen était et reste SAP suivi de Dassault Systèmes. Ce dernier n'étant pas classé dans le FT500.

    Voici 20 ans, l'Europe était en avance sur la 3G et disposait de plusieurs fabricants hardware de premier plan, ce n'est plus le cas (nous sommes à la traîne sur la 5G, la recherche à Lannion est l'ombre d'elle-même et nos fabricants ont tous disparus sauf deux, en piteux états).

    D'un autre côté, les entreprises mondiales les plus puissantes forment un oligopole, le club des près de 1000 milliards de capitalisation entre GAFAM américains et BAHTX chinois. Les USA et la Chine ont aidé les plateformes à devenir des géants à travers l'attribution de marchés publics, l'Europe doit se montrer volontariste en la matière.

    Le livret blanc de la commission mentionne que "les subventions étrangères peuvent accorder un avantage indu aux soumissionnaires en leur permettant par exemple de soumettre des offres à un prix inférieur au prix du marché, voire au prix de revient, et d'obtenir de ce fait des marchés publics qu'ils n'auraient pas obtenus autrement".

    Ainsi, plus de 80 % des entreprises françaises et allemandes ainsi que des institutions publiques font tourner leurs systèmes stratégiques sur les technologies Google-Microsoft-Amazon-Oracle (les exemples récents de la Deutsche Bank ou encore de Renault ou d'Orange sont à ce titre édifiants). Dans le même temps les GAFA n'auraient payé que 43 millions d'euros au fisc français en 2017.

    Privilégier les startups françaises

    Kat Borlongan (directrice de la mission French Tech) a déclaré récemment : "70 % des scaleup en France sont B2B. Or 0,01% seulement du budget achat des grands groupes va aux startups. Si on arrive à faire bouger cela, on pourra faire grandir nos pépites. Le président souhaite 25 licornes en 2025 contre 5 en 2020. Ce fléchage des budgets vers les startups donnera de l'agilité aux grands groupes, une augmentation des transactions pour les startups et de meilleures chances de rachat, qui font aujourd'hui figures d'exception".

    Mais Bpifrance représente l'État, investisseur dans la French Tech, et se fournit chez les GAFAM ! Pourquoi pas, pour reprendre le mapping de PlayFrance.digital ou l'excellente étude de David Fayon, choisir par exemple OVH, Ionos, LWS ou Amen pour l'hébergement et Talkspirit, Jamespot ou Jalios pour le réseau social d'entreprise ?

    Croire qu'en choisissant l'IT US (ou chinoise), on fait le choix du moins-disant est souvent faux. Les calculs de ce genre ne tiennent en effet pas compte des coûts cachés ou à venir : coût de la dépendance, impossibilité de s'opposer aux hausses futures des coûts de maintenance dont les fournisseurs US sont coutumiers, coût du risque géopolitique...

    La fourniture des données européennes à des tiers extra-continentaux affaiblit la résilience économique et politique du continent. Pour les protéger, le RGPD doit être respecté et appliqué et les lois extra territoriales américaines ne doivent plus être imposées aux instances juridictionnelles française et européenne.

    Les GAFA ont dépensé, en 2018, 55 millions de dollars en lobbying en 2018, doublant ainsi leurs dépenses combinées de 27,4 millions de dollars en 2016. 238 personnes sont mobilisées pour faire du lobbying pour les quatre entreprises au cours des trois premiers mois de 2019. 75% de ces personnes ont déjà servi au sein du gouvernement ou lors de campagnes politiques américaines.

    La prise de conscience de l'écosystème

    Parallèlement, l'écosystème commence à prendre conscience que cette dépendance américaine est néfaste. Tariq Krim commentait fin 2019 "comment la France s'est vendue aux GAFAM" et plus récemment : "Un autre numérique est possible pour la France".

    L'Institut G9+ a lancé une grande consultation franco-allemande sur Make.org intitulée "Comment faire émerger les champions du numérique européen". La European Champions Alliance est lancée dans la foulée qui vise à rapprocher l'écosystème technologique européen, à accélérer la croissance à l'échelle des entreprises européennes à fort potentiel et qui permettra aux acheteurs européens d'identifier les meilleures solutions technologiques européennes applicables. Un an plus tard, Frans Imbert-Vier dénonce dans Forbes l'abandon du libre arbitre politique français face aux enjeux du numérique.

    Nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus vouloir laisser passer ce type d'argumentaire au sein d'institutions financées par le contribuable. Les innovateurs français ne sont pas juste bons à pitcher dans des "BIG" meetings. Ils peuvent et doivent aussi engranger des commandes, des références et en la matière chaque client compte.

    Alors, oui, nous avons besoin d'insuffler un état d'esprit d'entrepreneurs et probablement aussi à la tête de nos institutions. Faire comprendre que bâtir un écosystème ne pourra se faire que sur des bases technologiques locales solides tant en infrastructure qu'en logiciel.

    Il faut modifier le code du marché public

    Nous demandons au législateur de modifier le code du marché public et de protéger les investissements sur appel d'offres à hauteur de 50 % auprès d'acteurs français et européen. Nous proposons, avec le think tank Digital New Deal Foundation, que soit considérée subvention étrangère l'attribution d'un marché sans AO et / ou dans le cadre d'un AO excluant des entreprises européennes.

    Pourquoi devrait-on se borner à l'approvisionnement en cycle court pour les seuls fruits et légumes ? Quelle écologie économique voudrait que les développeurs talentueux, formés par l'investissement européen, soient condamnés à émigrer de l'autre côté de l'Atlantique ou en Asie ou à travailler pour les filiales d'exécution européennes de ces oligopoles mondiaux ?

    Heureusement un nombre croissant de "vrais" entrepreneurs agissent pour changer le réel, en accord avec une raison d'être et des valeurs vécues, loin de déclarations corporate gratuites. Ils ont une idée aiguë de la diversité technologique et d'innovation.

    A nous de renverser la pyramide et de reconnaître ceux qui font ce qu'ils disent et préconisent, de trouver un chemin, nourri de valeurs européennes, entre les Big Brothers Business américains et chinois. Reprenons notre destin en main !

    Signataires :

    • Andréa Vaugan, Co-Fondatrice et Directrice Générale de la European Champions Alliance, Co-fondatrice Wyngs.co
    • Gilles Babinet, Entrepreneur, Professeur Associé à Sciences Po, Digital expert à l'Institut Montaigne
    • Viviane Chaine-Ribeiro, Présidente du CS de Talentia-software, Co Présidente de la commission Europe et Internationale du Medef, Présidente de la FTPE France
    • Luc Bretones, Président Institut G9+, Président Purpose for Good
    • Isabelle Delage, Avocat-DPO fondatrice Phygitalaw
    • Nicolas d'Hueppe, CEO et fondateur d'Alchimie, membre du Comité directeur de CroissancePlus
    • Dominique Tessier, Président Dote.Conseil, en charge du groupe cybersécurité de European Champions Alliance
    • Philippe Pinault, CEO talkspirit & holaspirit
    • Frans Imbert-Vie, CEO UBCOM
    • Jean-François Vermont, CEO PFLS, VP Institut G9+
    • Alain Garnier, CEO Jamespot, représentant PlayFrance.digital
    • Pascal Gayat, Producer Les Cas d'OR du Digital
    • Pierre-Alain Raphan, Député de l'Essonne et COO chez Accia Consulting
    • Michel Paulin, CEO OVHcloud
    • Philippe Le noir, Co-fondateur de Mailo
    • Pascal Voyat, Co-fondateur de Mailo
    • David Fayon, expert transformation digitale, membre de La Fabrique du Futur
    • Michaël Tartar, CEO et fondateur DIMM.UP
    • Ana Semedo, CEO ILExpansions
    • Hervé Pilllaud, Member of french digital council Conseil National du Numérique (CNNum)
    • Emmanuelle Larroque, CEO & Founder Social Builder
    • Evelyne Platnic Cohen, Présidente chez Booster Academy et The Artist Academy
    • Susanne Aebischer, Founder TRNSTN
    • Arno Pons, Directeur THINK & DO TANK Digital New Deal Foundation
    • Eric Nizard, CEO LIC


    Ajoutez votre nom pour soutenir cette initiative

    Retrouvez le livre blanc de la commission sur les subventions étrangères

    Tout savoir sur le mapping du collectif Playfrance.digital

    European Champions Alliance

    Source : Le club des IT50+

    Et vous ?

    Que pensez-vous de ce collectif ?
    Cet appel à la diversité des approvisionnements informatiques est-il légitime ?
    Pensez-vous joindre le collectif ?
    Cette dépendance numérique aux GAFAM s'est-elle déjà faite ressentir, de quelque façon que ce soit, au niveau de votre start-up ?
    Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : Corrections, suggestions, critiques, ... : Contactez le service news et Rédigez des actualités

  2. #2
    Membre extrêmement actif
    c'est moi ou ce sont les mêmes qui appellent à la dérégulation en temps normal qui font soudainement dans le protectionnisme. Ca tombe tout juste après l'endettement de 750M. hasard, coïncidences et faux semblant....
    C'est la vieille lubie française d'une europe forte coordonnées qui refait surface. Cet appel, qui semble particulièrement franco-français à la lecture des signataires énoncés, ne s'attaque pas au problème par le bon bout car ce n'est pas en travaillant bottomup que vous changerez le problème topdown d'une UE organisée pour se vendre aux plus offrant, qu'ils soient européens, américains ou chinois. Ce que vous réussirez à faire en france et dans les quelques pays concernés par ce projet d'UE, vous n'y arriverez pas dans des pays plus pragmatique et moins lunatique. Le ver étant dans le fruit, les règles de la concurrence et de la désunion politique, made in EU, finiront d'achever le travail d'enterrer cette vaine tentative de sursaut.

    Une autre analyse moins complaisante consiste à comprendre que ce n'est là qu'une tentative opportuniste d'occuper un marché qui va, un peu, se vider des éléments non européens au détriment des autres acteurs européens dans un contexte de protectionnisme généralisé.

    Finalement, histoire de rajouter un peu de sel, vraiment juste trois grains, je m'interroge encore à savoir comment on fera tourner toutes ces machines à coûts de panneaux solaires et de turbines éoliennes. Faudrait quand même voir que pendant que l'IT française se réveillent le problème énergétique européen lui avance à grand pas. Et c'est pas dit qu'on puisse tenir sous le joug de la terreur des mannes tels que la lybie pendant très longtemps. A titre de rappel, les champs danois sont en déplétion. pathétique.

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