Ginni Rometty va quitter son poste de PDG chez IBM pour être remplacée par Arvind Krishna,
actuellement vice-président senior du cloud d'IBM qui a dirigé le rachat de Red Hat

L'ère Ginni Rometty chez IBM touche à sa fin. En effet, la société a annoncé que Rometty va quitter son poste de PDG d'IBM en avril après un mandat de huit ans qui a vu l'entreprise technologique âgée de 108 ans traverser une transition difficile vers l'ère du cloud computing. Cette décision de quitter ses fonctions vient d'elle même et la nouvelle intervient à l'issue d'une longue recherche de PDG, selon une personne proche de l'entreprise.

Elle sera remplacée en tant que PDG par Arvind Krishna, vice-président senior du cloud d'IBM. Ce même jour, Jim Whitehurst, le PDG de la filiale Red Hat d'IBM, deviendra président d'IBM. IBM a acheté Red Hat pour 34 milliards de dollars dans le cadre d'un accord annoncé en octobre 2018 et qui a été conclu en juillet 2019. Comme l'a noté la structure, il s'agit d'une acquisition qui renforce la position d'IBM sur le marché du cloud hybride pour les entreprises : « Ensemble, IBM et Red Hat souhaitent accélérer l’innovation en proposant une plateforme multicloud hybride de nouvelle génération. Basée sur des technologies open source, telles que Linux et Kubernetes, la plateforme permettra aux entreprises de déployer, d'exécuter et de gérer de manière sécurisée des données et des applications sur site, sur des clouds privés et publics multiples », expliquait Red Hat dans un billet de blog.

Après la transition, Rometty sera confiné à son rôle de présidente exécutive de l'entreprise jusqu'à la fin de l'année, après quoi elle quittera définitivement IBM, mettant fin à une ère qui a commencé lorsqu'elle a rejoint pour la première fois en tant qu'analyste des systèmes en 1981.

« Arvind est le bon PDG pour la prochaine ère chez IBM », a déclaré Rometty dans un communiqué. « C'est un brillant technologue qui a joué un rôle important dans le développement de nos technologies clés telles que l'intelligence artificielle, le cloud, l'informatique quantique et la blockchain. Il est également un superbe leader opérationnel, capable de gagner aujourd'hui tout en bâtissant l'entreprise de demain ».

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Rometty a salué le rôle de Krishna dans le renforcement de la position de l'entreprise sur le cloud, un marché où règnent les solutions d'Amazon et de Microsoft. Le cloud a permis aux entreprises de réduire ou même d'abandonner les centres de données privés, ce qui a nui à l'activité des acteurs traditionnels de la technologie d'entreprise comme IBM. L'émergence du cloud en entreprise a donc eu un effet sur les parts d'IBM qui ont diminué étant donné que la société avait du mal à s'adapter au changement du paysage technologique d'entreprise.

Aussi, IBM s'est concentré sur la tendance du cloud hybride, dans laquelle les entreprises maintiennent des réseaux sur des plateformes de cloud public tout en conservant d'énormes morceaux de leurs données et applications dans des centres de données internes. Rometty et Krishna ont déclaré s'attendre à ce qu'IBM domine ce qu'ils prévoient être un marché de 1 billion de dollars.

L'acquisition de Red Hat l'année dernière, que Krishna a dirigée, était censée être un élément clé de cette stratégie. D'après le dernier rapport d'IBM sur les résultats, l'achat de Red Hat porte ses fruits pour Big Blue. « Nous avons fini 2019 sur une note forte, revenant à une hausse du chiffre d'affaires sur le trimestre grâce à une meilleure performance du cloud », s'est félicité Ginni Rometty. Au dernier trimestre de 2019, le chiffre d'affaires tiré de cette activité a augmenté de 21 % (hors taux de change et cessions) à 6,8 milliards de dollars, son plus important jusqu'ici. Sur l'ensemble de l'année la hausse a été de 11 à 21,2 milliards de dollars. Cela est dû en partie aux revenus de Red Hat, qui ont dépassé le milliard de dollars au quatrième trimestre, en hausse de 24% d'une année sur l'autre. Le recentrage d'IBM, sur des créneaux jugés plus porteurs, comme les services d'informatique à distance (« cloud »), l'analytique, le mobile et la sécurité, semble être une combinaison gagnante.

« Arvind a développé l'activité cloud et les logiciels cognitifs d'IBM et a mené la plus grande acquisition de l'histoire de l'entreprise », a noté Rometty. « Il est bien placé pour conduire IBM et ses clients dans l'ère du cloud et de la cognition ». Il faut noter qu'en 2018, la société avait modifié sa structure de reporting ; ses deux principaux segments sont désormais le cloud et les logiciels cognitifs, ainsi que les services technologiques mondiaux.

Certaines spéculations voyaient en Jim Whitehurst, le directeur de Red Hat, un successeur potentiel compte tenu de son rôle au sein de cette entité qui devrait être un élément essentiel de l'offensive sur le cloud hybride d'IBM. D'ailleurs Rometty estimait que Whitehurst est un « leader chevronné qui a positionné Red Hat comme le premier fournisseur mondial de solutions et de services informatiques d'entreprise open source, et a rapidement étendu la portée et les avantages de cette technologie à un public encore plus large au sein d'IBM ».

« Avec Arvind et Jim, le conseil d'administration a élu une équipe de direction éprouvée sur les plans technique et commercial », a déclaré Rometty.

Source : annonce

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