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  1. #1
    Chroniqueur Actualités

    « On va devoir abaisser le niveau des maths dans le supérieur », selon Sébastien Planchenault
    La difficulté à recruter de bons ingénieurs en informatique résulte-t-elle de la baisse générale du niveau scolaire
    Notamment, en maths et en sciences ?

    En ce début d’année 2020, s’il est un exercice auquel on peut s’adonner sur la base des chiffres Pôle emploi, c’est de dresser un état des lieux des besoins en main-d’œuvre dans le secteur des technologies de l’information et de la communication. En d’autres termes, il s’agit de répondre à la question de savoir si les entreprises arrivent à se procurer les ressources humaines dont elles ont besoin pour l’atteinte de leurs objectifs. Si le rapport Pôle emploi pour l’année en cours est toujours attendu, il est possible d’apporter des éléments de réponse sur la base de celui de l’année qui précède.

    Les entreprises ont-elles de plus en plus de difficultés à recruter ?

    Dans le cadre du rapport Pôle emploi pour l’année 2019, Le secteur des technologies de l’information et de la communication pèse pour 3,9 % sur l’enveloppe globale de 2 693 000 projets de recrutement annoncés par les 1,7 million d’établissements qui participent à l’enquête. Dans ce domaine qui regroupe 29 % des participants à l’enquête, le nombre de projets d’embauche augmente de près de 21 % de 2018 à 2019 : on passe de 87 113 projets de recrutements en 2018 à 105 451 en 2019. Interrogées entre septembre et octobre 2018, 51 % des entreprises de ce secteur qui prévoient d’intégrer des travailleurs à leurs effectifs anticipent sur des difficultés à y parvenir. En 2018, c’est 50 % des établissements participant à l’enquête qui faisaient des prévisions similaires.


    L’étude regroupait les ingénieurs et cadres d’étude, les chercheurs et chefs de projet en informatique dans une famille de métier pour laquelle les recruteurs anticipent le plus sur des difficultés de recrutement. Dans les chiffres, cette catégorie du secteur des technologies de l’information et de la communication concentrait 72,3 % de parts de projets difficiles. Ici, le métier d’employé et opérateur en informatique fermait la boucle avec ses 58,2 % de parts de projets difficiles. Récapitulatif…


    La publication de ce rapport se faisait pourtant dans un contexte où le taux de chômage en France tournait autour de 8,8 % au terme de l’année 2018. Pourtant, comme on peut le voir, les entreprises étaient de plus en plus nombreuses à anticiper sur des difficultés à recruter. Tous secteurs confondus, la part des projets de recrutement prévus difficiles avait augmenté de 5,7 % par rapport à 2018 pour atteindre 50,1 %.


    Pour l’année 2019, la pénurie ou le profil inadéquat des candidats étaient les principales causes de difficultés anticipées de recrutement mises en avant par les employeurs.

    « Près de six établissements recruteurs sur dix (57 %) s’attendent à rencontrer des difficultés de recrutement en 2019. Les motifs les plus souvent avancés sont liés aux candidatures : 79 % des recruteurs anticipant des difficultés de recrutement mentionnent une « pénurie de candidats », et 77 % des candidatures au profil inadéquat. Cette part est plus importante dans les grands établissements, ce qui peut s’expliquer par le nombre parfois très important de recrutements envisagés par ces établissements.

    35 % des recruteurs anticipant des difficultés mentionnent des conditions de travail défavorables (pénibilité du travail, horaires décalés, manque d’attractivité). Par ailleurs, 15 % citent des difficultés d’accès au lieu de travail, et autant des problèmes d’image du métier ou de l’entreprise. Au total, près de la moitié des recruteurs anticipant des difficultés de recrutement citent l’un de ces trois critères. Les établissements agricoles ainsi que ceux de l’industrie sont les plus nombreux à envisager ce type de difficultés liées au poste de travail (respectivement 66 % et 54 %, contre 38 % des établissements du commerce).

    Enfin, 18 % des établissements anticipant des difficultés de recrutement envisagent de possibles difficultés économiques (manque de budget), et 7 % des difficultés liées aux procédures internes de recrutement. Ces situations concernent plus souvent les petites structures qui n’ont pas nécessairement de service RH », précisait le rapport.


    Grosso modo, le rapport attribuait l’inadéquation des profils des candidats à des facteurs comme le manque de compétences et d’expérience. Dans le secteur des technologies de l’information et de la communication, 12 % des recruteurs anticipaient ne pas parvenir à mettre la main sur l’employé idéal pour un job à cause du manque de compétences techniques en informatique. D’après ce qui ressortait des résultats de l’enquête Pôle emploi, des facteurs additionnels comme la difficulté à s’exprimer à l’oral, la présentation et le relationnel, le manque de motivation des candidats, l’importance des périodes de chômage étaient susceptibles d’étendre la liste.

    S’il faut rappeler que les tendances pour l’année en cours restent attendues, il faut dire qu’on ne devrait pas connaître d’inversion radicale. Donc, réponse affirmative à la question posée d’entrée de jeu.

    Baisse générale du niveau scolaire : la cause de ces difficultés à recruter ?

    Cela fait plusieurs années que les enquêtes se succèdent et relèvent une baisse du niveau scolaire, notamment, en mathématiques et en sciences. Depuis 1995, l’International Association for the Evaluation of Education Achievement (IEA) apporte des éclairages à ce sujet au travers de son enquête Trends In Mathematics and Science Study (TIMSS). De façon brossée, il ressort de l’enquête TIMSS 2015 qu’en comparaison à d’autres pays et à la moyenne internationale, les représentants de l’éducation française sont à la traîne. L’enquête TIMSS 2015 révèle que les pays d’Asie de l'Est – notamment Singapour, Hong Kong, la Corée, Taipei de Chine et le Japon – dominent les autres pays en mathématiques comme en sciences, et ce, quel que soit le niveau. Elle vient confirmer les chiffres du Program for International Student Assessment (PISA) de l’OCDE dans son édition 2012…




    De quoi questionner la qualité des produits des formations informatiques de France ? Quand on sait que les mathématiques et les sciences sont des matières clés pour des tiers désireux de poursuivre une carrière en informatique, une conclusion évidente semble se dégager… Les chiffres de l’enquête « lire, écrire, compter » qui mesure les performances des élèves de CM2 à vingt ans d’intervalle (1987-2007) va dans le même sens en soulignant que « les élèves très bons en calculs d’il y a 30 ans ont quasiment disparu et que les meilleurs élèves d’aujourd’hui sont au niveau des élèves moyens d’hier. »


    C’est aussi avec le détail que cette étude apporte qu’une contradiction fait surface. En effet, elle montre également que des tiers avec un socle en maths suffisant pour s’attaquer à la filière TIC peuplent la workforce française. C’est des personnes qu’on peut estimer dans la fourchette 30-40 ans. Il semble donc que la baisse de niveau des apprenants à elle seule ne puisse expliquer les difficultés que les entreprises disent avoir à recruter. Une relecture du rapport Pôle emploi 2019 suggère qu’il y aurait une inadéquation entre l’offre et la demande. En sus, il semble judicieux d’intégrer le volet salarial à la réflexion.

    Sur cet axe, la France n’est pas toujours comptée parmi les pays qui traitent le mieux les professionnels de la filière TIC. Il n’y a qu’à voir avec les chiffres d’une étude du site de recrutement Hired (parue en 2017) qui souligne que les salaires des développeurs et de l'IT en France sont parmi les plus bas en comparaison à d’autres pays. Cette étude précède une autre plus récente de la firme anglaise Yells qui met en avant le fait que la Chine est le pays où l’on est le mieux payé en tant que développeur web. Dans ce comparatif des salaires ajustés par rapport au coût de la vie, la France arrive en 5e position.


    Sources : Pôle emploi, Twitter

    Et vous  ?

    Qu’en pensez-vous ?
    La baisse de niveau en mathématiques et en sciences peut-elle expliquer les difficultés que les entreprises disent avoir à recruter ? Où se situe le lien selon vous ?
    Partagez-vous l’avis selon lequel le traitement salarial est l’une des raisons pour lesquelles les entreprises éprouvent des difficultés ?
    Quel autre facteur pourriez-vous mettre en avant ?

    Voir aussi :

    Étude : les salaires des développeurs et de l'IT en France sont parmi les plus bas, pour quelle raison selon vous ?
    À coût de la vie égal, le salaire d'un professionnel de l'IT à San Francisco est 67 % plus élevé que celui d'un Parisien, d'après une étude de Hired
    Étude sur les salaires des offres d'emploi en 2016*: TypeScript, Go et Ruby sont les mieux payés
    Offres d'emploi en 2016 : Java largement en tête, suivi par JavaScript et PHP
    Emploi IT: Linux et l'open source sont l'eldorado aux USA, qu'en est-il de la France ?
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  2. #2
    Expert confirmé
    Bonjour

    La question globale est: y a t'il une baisse du niveau scolaire?
    Les plus concernés parmi nous serons les pères de famille. #Anecdote: lors de la réunion parents professeurs au collège de ma fille (en 6ème et bonne élève), je me suis fait pratiquement engueuler par la prof' de math car j'enseignais à ma fille des éléments de maths de classe supérieure. Ouais, c'est vrai que le calcul en croix, les calculs sur fractions et nombres relatifs ainsi que les ensembles; c'est 'achement compliqué ! Mais, ma fille le comprenait et surtout l'appliquait en classe, en particulier le calcul en croix, bien utile pas seulement pour "l'initiation à la proportionnalité" à son cours de maths ainsi qu'en sciences. Et oui, j'avais déjà vu cela qu'en j'étais en 6ème! La prof' m'explique que je ne dois pas me substituer à elle, je lui répondais que ma fille voulait en savoir plus et que c'était sa demande, et qu'en tant que père, si je peux lui donner ce qu'elle demande, je lui donne.
    Pour moi, la baisse est bien réelle. Mais elle vient des programmes scolaires. Je suis convaincu que nos enfants ne sont pas plus crétins que nous à leurs âges. Ainsi, d'où vient cette volonté d'en faire toujours moins dans les programmes scolaires?
    Et oui, faudra pas s'étonner d'avoir en suite des manques dans la vie professionnelle, en terme de connaissances comme en terme d'initiative.

    @++
    GLDavid
    Consultez la FAQ Perl ainsi que mes cours de Perl.
    N'oubliez pas les balises code ni le tag

    Je ne répond à aucune question technique par MP.

  3. #3
    Membre confirmé
    Bonjour les gens,

    Qu’en pensez-vous ?
    Il y a des difficultés de recrutements, quelque soit le secteur.

    La baisse de niveau en mathématiques et en sciences peut-elle expliquer les difficultés que les entreprises disent avoir à recruter ?
    Où se situe le lien selon vous ?

    C'est une baisse générale du niveau que nous pouvons constater chaque jour autour de nous, en entreprise, dans la presse, à la télévision, etc ... et pas seulement en Sciences mais aussi dans ce que l'on appelait autrefois les humanités.
    Pour en revenir au recrutement, il y aussi une tendance très forte à l'instantanéité. Les entreprises recherchent le mouton à 5 pattes pour éviter d'avoir des frais de formation. E

    Partagez-vous l’avis selon lequel le traitement salarial est l’une des raisons pour lesquelles les entreprises éprouvent des difficultés ?
    Incontestablement. Quand vous recrutez des gens au smic, ou pas très au dessus, vous devez bien vous douter qu'ils vont partir dans quelques années. Surtout s'ils ont un peu d'expérience préalable, dans d'autres domaines.

    Quel autre facteur pourriez-vous mettre en avant ?
    La motivation par l'intérêt du travail par exemple. En France nous avons encore trop une organisation hiérarchique. C'est le chef qui décide de tout, et le salarié, voire le cadre moyen, lambda n'a qu'à obéir. Donner plus de responsabilité (et donc un peu plus de sous aussi à moyen terme) à un salarié ne peut que le motiver.

    Le recrutement par le clonage. Trop souvent une entreprise recrute dans les mêmes "viviers" que les personnes déjà en place, et se privent ainsi de profils qui pourraient lui apporter beaucoup. Un profil atypique et/ou un profil qui a montré de grandes capacités de résiliences, pourraient être des atouts pour gérer les situations tendues … etc …

    Autre facteur, la récompense de la fidélité par la promotion interne. Aujourd'hui dans une ESN celui ou celle qui reste trop longtemps (au delà de quelque années) est la plupart du temps mis au placard. On ne le fait plus monter, on ne l'augmente plus, et pire il/elle voit arriver des personnes externes pour remplir un nouveau poste que lui/elle même aurait pu remplir.
    Alors quelle est la réaction ? Ben les démissions pour aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte. Et c'est normal !

    Tant que les entreprises ne prendront pas plus en compte la richesse du capital humain qu'elles possèdent, ça continuera ainsi

  4. #4
    Membre éclairé
    Si c'était du à une baisse du niveau scolaire, les personnes qui évaluent n'auraient-elles pas aussi du voir leur niveau baisser chaque année et donc accepter plus facilement des gens au niveau scolaire nivelant si on suit cette logique ?

  5. #5
    Rédacteur/Modérateur

    Non, rien à voir avec la baisse du niveau scolaire, ou à la marge. Qui a appris quoi que ce soit d'utile pour l'informatique à l'école (jusqu'au lycée tout du moins) ?

    C'est surtout que les fonctions techniques restent sous valorisées par rapport aux postes axés sur le management (Chef de Projets, qui reste un objectif pour beaucoup d'informaticiens français) ou sur les aspects commerciaux et relations clients.

    Pourtant, in fine, sans la technique, il n'y a rien à manager, ni rien à vendre.

    La route reste encore longue en France pour que les mentalités évoluent et pour que l'expertise soit valorisée comme il se doit.
    Tutoriels et FAQ TypeScript

  6. #6
    Membre actif
    Citation Envoyé par L33tige Voir le message
    Si c'était du à une baisse du niveau ...
    Non, notamment parce que l'enquête est internationale et que l'on parle ici de la baisse de niveau scolaire en France.

  7. #7
    Membre averti
    De toutes façon, le niveau technique on s'en fiche !
    Sois un beau parleur, sais bien vendre les trucs que tu ne sais pas faire, fais toi apprécier de tes collègues et supérieurs en privilégiant les interactions sociales et paf !
    Dans deux ans, t'es chef de projet et t'en a plus rien à taper si tu sais pas aligner deux lignes de code

  8. #8
    Membre éclairé
    Citation Envoyé par egann538 Voir le message
    Non, notamment parce que l'enquête est internationale et que l'on parle ici de la baisse de niveau scolaire en France.
    Dans ce cas le recrutement sera forcément biaisé par le fait que les prétentions salariales soient moindres.

  9. #9
    Membre éclairé
    Citation Envoyé par egann538 Voir le message
    Non, notamment parce que l'enquête est internationale et que l'on parle ici de la baisse de niveau scolaire en France.
    L’enquête et internationale et on cite pole emploi en source, OK.

  10. #10
    Inactif  
    C'est simple, parce que la vision de l'égalité pour certains, c'est le nivellement par le bas.

    Faut que personne redouble, faut que tout le monde ai le BAC, faut que tout le monde puisse aller à la FAC, faut que tout le monde ai son diplôme…


    Quand t'as compris ça, t'as plus besoin de bosser pour passer, et à part les bonnes poires, plus personne n'étudie réellement sérieusement. Donc à partir de là, c'est normal de se retrouver avec un niveau minable en sortie d'école.

  11. #11
    Membre expérimenté
    L'abaissement du niveau scolaire, dans tous les domaines, est une réalité. L'éducation nationale fonctionne avec des quotas et se fout de la réalité du terrain. Ainsi les passages en classe supérieure sont quasi automatiques même pour les mauvais élèves car on ne veut pas faire redoubler. Et si on propose le redoublement les parents viennent râler et obtiennent presque tout le temps gain de cause. Le bac est devenu une farce car on veut maintenir un taux de réussite donc on ajuste les sujets et/ou les consignes de notations.

    Je vous invite à chercher sur le net, les quantités de témoignages de profs à ce sujet est terrifiant.

    Cela dit, pour ce qui est de l'informatique je ne pense pas que ça ai un lien direct. Pour moi il y a 2 facteurs : le premier étant qu'on a vendu pendant pas mal d'années le fait que tout le monde pouvait être informaticien et que c'était un peu l'eldorado de l'emploi. Du coup on se retrouve avec des gens qui n'aiment pas spécialement ça et qui se heurtent au passage vers dev. intermédiaire voir senior car dans ce milieu en évolution constante si tu ne suis pas tu peux vite être à la traîne. On ne dit pas aux gens que tout le monde peut être architecte ou médecin ou je ne sais quoi, l'informatique c'est pareil. Le deuxième facteur c'est juste que les conditions de travail dans encore trop d'entreprises sont pourries, en lien direct avec le système de hiérarchie à la française. Dans beaucoup de boites on a encore ces milles feuilles de chefs et de responsables dont le but est de ne pas être responsable de quoi que ce soit et de donner des ordres. Et on ne paye toujours pas les techniciens correctement.

  12. #12
    Membre habitué
    Il faut aussi prendre en considération l'environnement qui a changé, la densité d'éléve, par classe, le niveau des écoles, les contraites donné par l'éducation National, le facteur d'augmentation dans les autres pays, etc...

    Perso quand je suis passé de la primaire au collège. Mes notes avaient chuté. Car le process avait changé. Quand tu finis un contrôle de math en 15 min. Que ta feuille que tu fait pas 12 étapes pour un calcul mais 3 voir 0 et que tu fournit la bonne réponse. C'était 0. Même constat dans toutes les matières scientifique.

    Je dis pas que les professeurs sont des quiches. En tout cas pas tous... Mais, l'éducation National ne cherche pas à donner à l'élève un épanouissement éducatif. Mais, une direction strict qui ne permet pas de se dévelloper au sein du système.

    Une seul fois j'ai eu un prof de sciences qui m'a laissé en BEP faire à ma vitesse. Il faisait du cas par cas. Au final en BEP je pouvais voir des choses Universitaire proche du Master... On avait déjà fini le BEP en 1 trimestre... C'était que de l'entrainement ensuite.

  13. #13
    Membre éprouvé
    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    C'est simple, parce que la vision de l'égalité pour certains, c'est le nivellement par le bas.

    Faut que personne redouble, faut que tout le monde ai le BAC, faut que tout le monde puisse aller à la FAC, faut que tout le monde ai son diplôme…


    Quand t'as compris ça, t'as plus besoin de bosser pour passer, et à part les bonnes poires, plus personne n'étudie réellement sérieusement. Donc à partir de là, c'est normal de se retrouver avec un niveau minable en sortie d'école.
    Je suis d'accord qu'on peut avoir cette vision mais je me permettrait aussi d'aller plus loin. Quand un diplôme devient suffisamment courant cela devient le minimum requis pour accéder à bien des emplois. Par exemple pour développer, en France, il faut généralement être bac+5. Alors qu'avec une licence, tu as potentiellement plus pratiqué que quelqu'un qui a fait une prépa intégré+ diplôme d'ingé info.
    De plus la réputation des écoles (lcyée, faq, master, école d'ingénieur) est affectés par le taux de réussite, que ce soit sur des examens communs, mais aussi sur des examens qui leur sont spécifiques. Cela fait donc un effet domino.

    De fait je suis d'accord avec le nivellement par le bas, cependant c'est tout un système qui entraîne cela.

    En revanche je suis aussi d'accord avec ceci

    Citation Envoyé par yahiko Voir le message


    C'est surtout que les fonctions techniques restent sous valorisées par rapport aux postes axés sur le management (Chef de Projets, qui reste un objectif pour beaucoup d'informaticiens français) ou sur les aspects commerciaux et relations clients.

    Pourtant, in fine, sans la technique, il n'y a rien à manager, ni rien à vendre.

    La route reste encore longue en France pour que les mentalités évoluent et pour que l'expertise soit valorisée comme il se doit.
    Je rajouterais même que quand des gens qui n'y connaissent rien t'impose des décisions techniques ou coupe tes chiffrages en deux en mode "ça passera" il n'y a juste aucun respect pour la technique et nos années d'études/d'expérience.

  14. #14
    Membre expert
    Citation Envoyé par MRSizok Voir le message

    Perso quand je suis passé de la primaire au collège. Mes notes avaient chuté. Car le process avait changé. Quand tu finis un contrôle de math en 15 min. Que ta feuille que tu fait pas 12 étapes pour un calcul mais 3 voir 0 et que tu fournit la bonne réponse. C'était 0. Même constat dans toutes les matières scientifique.
    En fait, ce qui est normal, car les controles de math, ne servent pas a savoir si tu arrives au final au bon resultat, mais si tu as compris le raisonnement et les etapes pour y arriver. Accesoirement, s'assurer aussi que tu n'a pas tricher en utilisant par exemple une calculette ou en copiant la reponse sur le voisin.
    Ce post à été écrit par un panda
    Apollo 11 - AGC revue de code
    -- qwerty keybord

  15. #15
    Expert éminent sénior
    Les difficultés de recrutement sont réelles, je suis 100% d'accord avec la première partie de l'article. Maintenant, sur les causes..... Le niveau scolaire est un problème potentiel, mais il ne me semble pas le principal. Celà étant, ça n'empêche pas de s'y pencher.

    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    C'est simple, parce que la vision de l'égalité pour certains, c'est le nivellement par le bas.
    Ma fille en 5ème, hurle de dépit quand elle a 19/20 seulement, là ou la moyenne en maths est 6, et en Français 8. Tout le monde passe, et sa prof de maths se demande comment faire bosser ceux qui n'en ont rien à battre. De mon temps, il y avait des classes de niveau sous la forme de "allemand première langue", ce qui permettait de se frotter à d'autres bons élèves. Je ne sais pas comment ma fille arrive à se motiver. Entouré de médiocrité, j'aurais eu plus de mal à bosser.

    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    Faut que personne redouble, faut que tout le monde ai le BAC, faut que tout le monde puisse aller à la FAC, faut que tout le monde ai son diplôme
    En gras le point essentiel. On a besoin de gens qui aient un certain niveau. Dans l'esprit de beaucoup de gens, si tu as le diplôme, alors tu as le niveau. Les recruteurs exigent toujours plus de gens avec toujours plus de diplômes(l'économie de la connaissance est alimentée par les gens qui ont le niveau). Résultat : le diplôme sanctionne de moins en moins un niveau réel, de moins en moins une capacité à réellement régler les problèmes.

    Quand j'étais en SSII, j'estimais la proportion de diplômés en info incapables de faire un fizzbuzz à 40%. Bon, les gens qui sont en édition de logiciels(et on est plus qu'une bruit statistique), eux, ne sont pas concernés. Mais il reste quand même sans doute facile 30% de gens qui n'ont rien à faire là. Que le système ne filtre pas. Par contre, les entreprises commencent à se méfier, et s’aperçoivent que le diplôme ne suffit pas. donc sont plus pointilleuses sur les recrutements. Et n'arrivent plus à remplir leurs quotas de recrutements. La branche Française de ma boite avec 7 postes ouverts en 2019. Elle en a rempli 2, donc un alternant. Les italiens viennent de signer un énorme contrat, ils ont besoin de recruter 45 personnes. Ca coince. Ca fait en outre 4 ans qu'ils cherchent à recruter en qualité. Ils n'ont toujours vu personne sur ce poste.

    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    Quand t'as compris ça, t'as plus besoin de bosser pour passer, et à part les bonnes poires, plus personne n'étudie réellement sérieusement. Donc à partir de là, c'est normal de se retrouver avec un niveau minable en sortie d'école.
    J'ai bossé comme une brute jusqu'à avoir mon concours(une école des mines). Après, j'ai pu me permettre de finir en roue libre. De nos jours, la roue libre, ça commence en 6ème - au grand désespoir des profs.

    Citation Envoyé par walfrat Voir le message
    Je suis d'accord qu'on peut avoir cette vision mais je me permettrait aussi d'aller plus loin. Quand un diplôme devient suffisamment courant cela devient le minimum requis pour accéder à bien des emplois. Par exemple pour développer, en France, il faut généralement être bac+5. Alors qu'avec une licence, tu as potentiellement plus pratiqué que quelqu'un qui a fait une prépa intégré+ diplôme d'ingé info.
    De plus la réputation des écoles (lcyée, faq, master, école d'ingénieur) est affectés par le taux de réussite, que ce soit sur des examens communs, mais aussi sur des examens qui leur sont spécifiques. Cela fait donc un effet domino.
    Sous-jacent à celà, il y a le fait que les compétences dont on a réellement besoin sont rarement identifiées. En tant que non-informaticien reconverti, il y a 2 choses qui m'ont vraiment aidé en informatique
    1. la capacité à voir un sujet sous tous les angles - que j'ai particulièrement bossé...en histoire géo.
    2. L'obsession pour optimiser les process, qui me vient du SMED, un standard de l'industrie lourde.


    Pas le genre de cours qu'on penserait mettre au programme d'un reconverti. Mais ce sont bien ceux qui m'ont permis de tailler la route dans cette industrie. La technique, je l'ai acquise sur le tas.

    Citation Envoyé par walfrat Voir le message
    De fait je suis d'accord avec le nivellement par le bas, cependant c'est tout un système qui entraîne cela.
    On pourrait aussi citer le jeunisme, et d'autres biais de recrutement(quelqu'un a parlé de clonage au recrutement, c'est tellement vrai - une fois en mission, ma chef voulait renforcer l'équipe, elle m'a demandé si je connaissais mon clone. Elle a trouvé mieux, un type moins bon en programmation...mais avec une expérience en exploitation qui nous a sauvé les fesses à de nombreuses reprises. Nous étions complémentaires - et ça, ça a une très grande valeur).

    Citation Envoyé par walfrat Voir le message
    Je rajouterais même que quand des gens qui n'y connaissent rien t'impose des décisions techniques ou coupe tes chiffrages en deux en mode "ça passera" il n'y a juste aucun respect pour la technique et nos années d'études/d'expérience.
    Boeing MAX?
    Les 4 règles d'airain du développement informatique sont, d'après Michael C. Kasten :
    1)on ne peut pas établir un chiffrage tant qu'on a pas finalisé la conception
    2)on ne peut pas finaliser la conception tant qu'on a pas complètement compris toutes les exigences
    3)le temps de comprendre toutes les exigences, le projet est terminé
    4)le temps de terminer le projet, les exigences ont changé
    Et le serment de non-allégiance :
    Je promets de n’exclure aucune idée sur la base de sa source mais de donner toute la considération nécessaire aux idées de toutes les écoles ou lignes de pensées afin de trouver celle qui est la mieux adaptée à une situation donnée.

  16. #16
    Membre actif
    Il ne faut pas oublier que la concurrence internationale pousse les meilleurs profils à partir à l'étranger pour obtenir de meilleurs salaires ou conditions de travail, en conséquence la qualité des candidats disponibles baisse.

    Quant au niveau en sciences, les Asiatiques travaillent comme des malades. Les enfants manquent de sommeil parce que les parents les inscrivent à des cours particuliers d'anglais, de maths, de sport, de musique et ce dès l'âge de 4 ou 5 ans. On en fait des machines qui trustent les classements internationaux mais présentent aussi des taux de suicide très élevés. 90% des jeunes coréens rêvent de quitter leur pays, être bon à l'école ne résout pas tout (source https://info.arte.tv/fr/coree-du-sud...nesse-en-fuite)

  17. #17
    Membre extrêmement actif
    La difficulté à recruter de bons ingénieurs en informatique résulte-t-elle de la baisse du niveau scolaire ?
    2 éléments dans une même phrase qui n'ont pas de lien direct!


    1. Oui, le niveau scolaire baisse! Il suffit pour un RH de comparer la qualité des dossiers de candidature d'aujourd'hui et ceux vieux de 10 ou 20 ans! Il suffit de lire le rapport écrit par un ingénieur fraichement sorti d'une haute école pour voir une faute d'orthographe, de syntaxe ou de grammaire à chaque ligne (et attention, on parle bien d'un "gugusse" de langue maternelle française!)
    2. Les compétences nécessaires à un bon ingénieur ingénieur en informatique se développent par la pratique et non pas sur le banc de l'école. Problème: L'économie ne laisse pas le temps à l'ingénieur de développer son expérience technique. Pour peu qu'il montre des qualités, il est immédiatement extirpé de ses activités techniques pour devenir un administratif (chef de projet, ingénieur de vente, etc.)

  18. #18
    Membre éclairé
    Bon ok le niveau baisse, mais quid du nombre de personne arrêtant l'école à 16 ans en 1987 et maintenant ?

    Et puis bon attention à pas flatter l’ego surdimensionné des boomers et froisser les millenials fragiles avec des articles comme ça

  19. #19
    Membre habitué
    Je pense qu'avec cet article met en parallèle deux choses qui ne sont pas directement liées : la baisse du niveau scolaire globale et l'absence de ressources à l'embauche.

    Or même s'il est difficilement contestable que le niveau scolaire est en baisse (merci le nivellement vers le bas), pour moi, le problème de fond est que les entreprise veulent une ressource disponible de suite et formée. Il n'y a plus de formations en entreprise possibles.

    Et je le vois spécialement dans ma spécialité, les ERP.
    Tu es un consultant SAP et tu veux travailler sur NAV ou SAGE X3 ou Infor? Non, tu restes sur SAP.
    Certes, il faut une connaissance produit mais ça ne change rien à la connaissance métier...

    Vous remarquerez que vous pouvez remplacer SAP par C#, NAV par Java et connaissance métier par algorithmie. Le raisonnement reste le même.
    Les entreprises souhaitent des gens formés à leurs besoins tout de suite, sans avoir à former en interne.

  20. #20
    Modérateur

    Citation Envoyé par yahiko Voir le message
    Qui a appris quoi que ce soit d'utile pour l'informatique à l'école (jusqu'au lycée tout du moins) ?
    C'est pas les théorème et les formules que tu apprends qui sont important c'est surtout l'apprentissage de la réflexion et de la capacité à résoudre des problème. Et ca ca commence dès le début.

    Perso j'explique la baisse du niveau plus par le profil des candidats. Dans ma génération (#modevieuxcon) de trentenaire , personne ou presque ne fait de l'informatique par hasard. C'est en général avant tout une passion. De fait on est en général très investis et intéressé ce qui inévitablement créer des profils technique fort.
    Aujourd'hui tout le monde sait que l'informatique ca recrute beaucoup et que ça paie plutôt bien , du coup on passe de petite promo de passioné ,à des promos de avec des mecs qui font de l'info comme il aurait pu faire de la bio ou des maths. C'est juste alimentaire , du coup en fait le minimum.

    Perso quand j'ai l'opportunité d'essayer une nouvelle techno , je suis toujours vachement enthousiaste. Aujourd'hui la majorité des stagiaires que je rencontre , ça les emmerdes de sortir de leur zone de confort , ont pas envie de chercher et ne s'intéresse à rien ... Du coup il sont "ok" dans leur domaine ou sur le framework qu'on leur à imposé à l'école et mauvais ailleurs.
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