Microsoft Defender ATP arrive sur les serveurs Linux l’an prochain
Dans un effort de Microsoft « d’aller encore plus loin dans l’amélioration de la sécurité pour tous »

C’est l’une des annonces passées au cours de l’édition 2019 de la conférence Ignite qui a démarré en début de semaine et s’achève ce jour : Microsoft Defender Advanced Threat Protection (ATP) arrive sur les serveurs Linux l’an prochain. La manœuvre de la firme de Redmond s’inscrit dans le cadre de l’extension des possibilités offertes par ses outils de détection d’activités suspectes et d’autres problèmes sur les terminaux au sein des réseaux d’entreprise.

« Nous prévoyons d'offrir Microsoft Defender ATP pour les serveurs Linux, ce, pour offrir une protection supplémentaire pour les réseaux hétérogènes de nos clients », écrit un responsable de l’entreprise qui ajoute que la solution arrive sur Linux en 2020.

Windows Defender ATP est une solution orientée sécurité qui permet aux entreprises de détecter et de répondre aux menaces informatiques sur les réseaux. Advanced Threat Protection (ATP) est une fonctionnalité de Windows Defender utilisée sur trois axes : prévention, investigation, post-détection. Windows Defender a fait ses premiers pas comme logiciel espion dans Windows XP. Microsoft l’a par la suite dédié au même rôle sous Windows Vista et Windows 7. Depuis Windows 8, le logiciel fait office de solution antivirus complète.

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L’annonce de Microsoft est à relire dans le contexte des récents développements les plus importants en ce qui concerne la filière serveurs d’entreprise. En effet, même s’ils ne donnent pas de chiffres précis, des responsables de Microsoft reconnaissent que « l'adoption de Linux sur [le cloud de Microsoft] dépasse celle de Windows. »

À ce propos, pas de surprise si l’on prend le temps de faire une certaine rétrospective. Jusqu’au dernier trimestre 2018, Linux et Windows Server étaient au coude à coude sur Microsoft Azure. Les deux systèmes d’exploitation se partageaient à parts égales les machines virtuelles tournant sur la plateforme cloud de Microsoft, mais par moment, Linux prenait le dessus et cela était d'ailleurs l’événement le plus fréquent. Ce qui peut attirer notre attention cependant, c'est la vitesse avec laquelle Linux a réalisé cet exploit. En effet, quatre ans plus tôt (en 2015), Linux représentait seulement un quart des machines virtuelles Azure. En juin 2016, c'était un peu moins d'un tiers des machines virtuelles Azure qui exécutaient Linux et fin octobre 2017, Linux tournait sur 40 % de toutes les machines virtuelles Azure, avant de rattraper Windows Server en septembre de l’année précédente.

Cet état de choses peut être vu comme que la résultante de ce que la firme de Redmond a commencé par doter Azure du support de Linux, ce, pour permettre au fil du temps à un certain nombre de distributions Linux d'être prises en charge sur la plateforme cloud. Aujourd’hui, des partenaires de Microsoft fournissent des images Linux dans l'Azure Marketplace et l'entreprise continue de travailler avec différentes communautés Linux pour étoffer la liste des distributions prises en charge par sa plateforme cloud. Entre-temps, si une distribution n'est pas disponible sur l'Azure Marketplace, il est possible de l’intégrer en suivant des instructions fournies par Microsoft pour créer et télécharger un disque dur virtuel contenant le système d’exploitation Linux.

Au premier trimestre de l’année précédente, Windows server 2019 est paru en préversion avec une meilleure prise en charge de Linux. Dans Windows server 2019, les machines virtuelles blindées prennent désormais en charge les machines virtuelles Linux. L’outil VMConnect a également fait l’objet d’extensions pour améliorer le dépannage des machines virtuelles blindées pour Windows server et Linux.

En toile de fond, on parle de la pérennité d’Azure – la plateforme cloud de Microsoft. Si Windows server y a fait son bout de chemin comme système d’exploitation roi avec comme atout Windows Defender ATP sur le volet sécurité, pourquoi pas Linux ?


Source : Microsoft

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Cet état de choses était-il inéluctable ?

Microsoft peut-il faire autrement que composer avec Linux ?

En quoi Windows Defender ATP peut-il être un plus pour la sécurité des serveurs sous Linux ?

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