Des chercheurs ont annoncé avoir aidé une personne paralysée à écrire à la main
grâce à l'IA qui est parvenue à identifier les lettres alphabétiques imaginées par le patient

Aujourd’hui, l’un des plus grands défis des neuroscientifiques est de parvenir à mettre au point une interface cerveau-machine qui permettrait d’améliorer les capacités du cerveau humain et surtout de venir en aide aux personnes paralysées ou atteintes d’une maladie neurologique pour leur permettre de communiquer. Cette semaine, des chercheurs de l’institut de neurosciences Wu Tsai de l'université de Stanford ont annoncé qu’ils ont aidé une personne paralysée à écrire grâce à l’IA. Lors de l’expérience, leur IA est arrivée à identifier les phrases imaginées par le patient.

La technologie a permis aux patients paralysés et complètement enfermés d’échanger avec le monde extérieur. Autrefois, certains de ces patients ne pouvaient communiquer qu'en clignant des yeux. Avec les dernières avancées de la technologie, beaucoup se sont fait implanter des électrodes dans le cerveau qui leur permettent de déplacer un curseur et de sélectionner des lettres sur un écran. Lors de la réunion de cette semaine de la Société des neurosciences, des chercheurs ont rapporté une nouvelle expérience qui accélère grandement le processus.

Des chercheurs de l’institut de neurosciences Wu Tsai de l'université de Stanford ont annoncé cette semaine avoir mis au point une IA capable de reconnaître les caractères et ensuite lire les phrases imaginées par une personne. Dans leurs nouvelles expériences, un volontaire paralysé du cou aux pieds est invité à s'imaginer bouger son bras pour écrire chaque lettre de l'alphabet. Cette activité cérébrale a permis de former et d’entraîner un réseau neuronal pour interpréter les commandes, traçant la trajectoire prévue de la pointe de son stylo imaginaire pour créer des lettres.

Le procédé consiste en un système d'écriture manuscrite géré par l’intelligence artificielle (IA). En effet, au lieu de taper avec un curseur, qui est plafonné à environ 39 caractères par minute, les patients imaginent utiliser un stylo pour écrire à la main. Un réseau neuronal interprète la commande, traçant la trajectoire prévue du stylo imaginaire pour former des lettres et des mots. D’après les chercheurs, l'ordinateur a pu lire les phrases imaginées par le volontaire avec une précision d'environ 95 % à une vitesse d'environ 66 caractères par minute.


Selon les chercheurs, la vitesse de génération d'une phrase avec le système pourrait considérablement augmenter avec plus de pratique. Ils ont aussi ajouté que si ce système est développé davantage et que la précision, ainsi que la vitesse s'améliorent, cela va certainement changer la donne pour comprendre ce que les personnes paralysées essaient de dire. Ils entendent également utiliser les enregistrements neuronaux pour comprendre davantage comment le cerveau planifie et orchestre les mouvements de la motricité fine.

Les chercheurs de l’institut de neurosciences Wu Tsai de l'université de Stanford ne sont pas les seuls impliqués dans de telles recherches. Il existe également des entreprises de technologie qui travaillent à mettre en place des interfaces cerveau-machine dans le but d’améliorer les capacités de l’homme. À ce titre, Neuralink d’Elon Musk travaille sur un projet qui vise à développer des neuroprothèses pouvant être utilisées comme des interfaces cerveau-machine à très haut débit afin de connecter le cerveau humain et des ordinateurs via des implants cybernétiques et de permettre à l’esprit humain de s’interfacer avec des gadgets et des programmes.

À court terme, Neuralink a pour objectif de concevoir des dispositifs qui traiteraient initialement des maladies cérébrales et des lésions cérébrales graves. À long terme, la société projette de développer des technologies susceptibles d’améliorer les êtres humains, en s’inspirant notamment d’un concept de science-fiction appelé « Neural Lace ». Notons que Neural Lace fait référence à une interface cerveau-ordinateur permettant de relier le cerveau humain à des ordinateurs sans avoir besoin de connexion physique.

Cette technologie donnerait aux humains la possibilité de fusionner avec l’intelligence artificielle et d’améliorer ainsi leur mémoire et leurs facultés cognitives. Elle leur permettra surtout de bénéficier directement (capacité d’accès, de traitement, de stockage ou d’intégration) des connaissances qu’ils ont confiées aux machines depuis des années. En avril dernier, Musk a annoncé que son Neuralink est sur le point de finaliser la première interface cerveau-machine qui permettra de connecter les humains aux machines.

Facebook travaille également sur une interface cerveau-machine. Il y a environ un mois, l’entreprise a racheté CTRL-Labs, une startup dans l'interface cerveau-machine et qui fabrique un bracelet permettant aux propriétaires de contrôler certains appareils numériques avec leur esprit. D’autres d'entreprises sont aussi intéressées par cette technologie. Des chercheurs français du CRNL ont eux aussi développé une ICM (interface cerveau-machine) qui permet d'écrire en sélectionnant par la pensée des lettres présentées sur un écran.

Source : Science Mag

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