50 États et territoires américains annoncent une vaste enquête antitrust sur Google
pendant que Facebook fait l’objet d’une enquête sur sa position dominante dans l’industrie des réseaux sociaux

Un mois après que le ministère de la Justice américaine ait ouvert une enquête sur les géants de la Silicon Valley pour déterminer s’ils se livrent à des pratiques anticoncurrentielles, 50 États du pays se sont alliés pour annoncer ce lundi, l’ouverture d’une enquête sur les pratiques commerciales de Google, leader mondial dans la recherche et la publicité en ligne. L’enquête sera dirigée par Ken Paxton, procureur général du Texas, et se concentrera sur les pratiques de Google dans le domaine de la publicité.

Les procureurs généraux de 50 États et territoires américains ont officiellement annoncé ce lundi l'ouverture d'une enquête antitrust sur Google. Plus précisément, l’enquête vise à déterminer si Google se livre à des pratiques anticoncurrentielles dans le domaine de la publicité. Tous les États et territoires américains participent à cette sonde, à l'exception de l’Alabama et de la Californie, où se situe le siège de Google et celui de plusieurs autres géants de la haute technologie.

Google est régulièrement accusé de profiter de la position dominante de son moteur de recherche sur Internet pour orienter à leur insu les consommateurs vers ses propres produits et services au détriment de ceux de ses concurrents. En outre, l’entreprise est également soupçonnée de pratiques antitrust sur son service de vente d’espaces ou de liens publicitaires. Certains de ces procureurs généraux pensent aussi que ces agissements pourraient amener l’entreprise à ne pas protéger comme il le faut les informations personnelles de ses utilisateurs.

La coalition des procureurs généraux, composée de démocrates et de républicains, est conduite par Ken Paxton, procureur général du Texas. « La démarche que nous annonçons aujourd’hui n'est pas un procès, mais une enquête pour déterminer des faits. Pour l'heure, nous nous intéressons à la question de la publicité », a déclaré ce lundi, Ken Paxton en compagnie de plusieurs de ses collègues sur le perron de la Cour suprême des États-Unis, à Washington. Selon lui, Google domine tous les aspects de la publicité et de la recherche sur Internet.

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« Ils dominent les acheteurs, le vendeur, les enchères et la vidéo avec YouTube », a ajouté Ken Paxton. De plus, selon la société d’étude de marché eMarketer, les revenus publicitaires de Google devraient atteindre plus de 48 milliards de dollars en 2019, soit 37,2 % des parts de marché aux États-Unis, contre 22,1 % pour son concurrent Facebook. L'an dernier, Google aurait généré un bénéfice net de 30,73 milliards de dollars et un chiffre d'affaires de 136,8 milliards. Toutefois, l’entreprise pourrait aussi être innocente de ce dont on l’accuse.

« Il n'y a rien de mal à être un joueur dominant lorsque cela est fait de manière juste », a déclaré Sean Reyes, procureur général républicain de l'Utah. Pour lui, il existe une présomption d'innocence dans une telle enquête. Ces dernières années, Google et d’autres entreprises de la Silicon Valley qui manipulent les données personnelles de leurs utilisateurs font de plus en plus face à de vives critiques sur le respect de la vie privée. Ainsi, plusieurs enquêtes ont été ouvertes par les autorités de régulation sur ces entreprises et d’autres parmi elles sont menacées de démantèlement.

Vendredi, Google avait déclaré dans un communiqué qu’il n’avait pas encore été contacté par les autorités de la concurrence, mais qu’il allait coopérer avec elles si c’était le cas. À cet effet, Ken Paxton a précisé dans son allocution du lundi que les autorités ont déjà envoyé des demandes légales de documents liées à l'enquête sur les publicités en ligne à Google.

Facebook aussi se retrouve à nouveau mêlée à une enquête antitrust

Cela dit, Google n’est pas la seule entreprise de la Silicon Valley à avoir une autre enquête antitrust sur le dos. À la fin de la semaine passée, une coalition d’États a également annoncé une enquête contre Facebook.

Facebook, la première entreprise de réseaux sociaux dans le monde, se retrouve à nouveau mêlée à une enquête antitrust de la part des autorités. Avant l’annonce du lundi, une autre coalition de huit États et territoire américains (New York, Colorado, Iowa, Nebraska, Caroline du Nord, Ohio, Tennessee et la capitale fédérale, Washington) avait lancé vendredi dernier une investigation pour enquêter sur le monopole et la domination de Facebook dans l'industrie des réseaux sociaux. L’enquête survient un mois après l’amende de la FTC contre l’entreprise.

« Ce n'est pas une pratique courante pour les procureurs généraux de s'exprimer sur des enquêtes qui viennent d'être lancées. Mais les préoccupations sur le respect de la vie privée sont de plus en plus nombreuses », a déclaré lundi sur la chaîne de télévision CNBC Ashley Moody, la ministre de la Justice de Floride. N’oublions pas qu’en plus des enquêtes individuelles, le ministère de la Justice et la FTC ont entamé vers la fin du mois de juillet 2019 un vaste examen antitrust de la Big Tech, afin de déterminer si elle réduit la concurrence et étouffe l’innovation.

De même, Amazon et Apple pourraient se retrouver également dans la ligne de mire des États. Leurs détracteurs font valoir qu'Amazon occupe une place dominante dans le commerce en ligne, tandis qu'Apple désavantagerait ses rivaux qui proposent leurs services sur l'App Store. Plus précisément, Amazon est accusé pour sa part de pratiques déloyales au détriment de vendeurs tiers sur son site et Apple est mis en cause par des développeurs d’applications qui lui reprochent de d’être à l’origine de la hausse des prix sur son magasin d’applications.

Source : Reuters

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Et s'il arrivait que Google soit innocenté, ses rivaux auraient-ils encore de la marge de manœuvre sur le marché ?

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