Microsoft et Amazon figurent en tête de liste des prévisions de dépenses des DSI,
d'après une enquête

Deux grandes entreprises de Wall Street ont mené des enquêtes auprès d’une centaine de DSI (122), responsables de 82 milliards de dollars de dépenses annuelles consacrées aux technologies d’entreprise, pour déterminer les tendances en matière de dépenses sur l’année 2019.

Microsoft figurait en tête de la liste des intentions de dépenses. Près de 60% des DSI qui sont des clients actuels ont déclaré leur intention de dépenser plus d’argent dans la société. Amazon était plus loin en arrière avec 30%.

En outre, le pourcentage d'entreprises qui ont déclaré que Microsoft était leur fournisseur le plus critique et le plus indispensable a également augmenté, passant de 40% l'année dernière à 51%, ce qui était suffisant pour que Microsoft conserve sa place de numéro un parmi les fournisseurs en technologie d’entreprise. Amazon s’est octroyé la seconde place avec 19%.

Mark Murphy, analyste de logiciels d'entreprise chez J.P. Morgan, a expliqué que les entreprises clientes réclament toute la technologie de Microsoft. Soulignant que la croissance de la demande des technologies de Microsoft en entreprise était la plus impressionnante, il a noté que « la vision et le dynamisme de Microsoft sont les plus forts qui soient. Leur compréhension de l'avenir correspond à ce que le monde veut. Ils sont sur une incroyable séquence d'exécution ».

Les médias s’accordent à noter une transformation progressive et profonde de Microsoft depuis que l’entreprise est sous la houlette de Satya Nadella. Grâce à son nouveau capitaine, l’éditeur de Windows a su avancer avec agilité, mettant en péril ses anciennes vaches à lait et effectuant la transition avec succès sur deux grandes vagues de technologies : le secteur du cloud computing avec Azure et le passage à un modèle commercial d’abonnement logiciel.

Microsoft Azure va probablement avoir encore de nombreuses années florissantes, profitant des intentions de dépenses en matière de cloud computing en entreprise qui sont toujours robustes. Les entreprises se tournent vers le cloud, car celui-ci offre une grande rentabilité, des moyens plus simples d’agrandissement et une meilleure fiabilité par rapport au matériel informatique interne traditionnel. Selon J.P. Morgan, 18% des budgets des technologies de l'information sont actuellement sur le cloud. Les DSI le voient augmenter à 41% en cinq ans, ce qui équivaut à une croissance annuelle des ventes d'environ 20% pour les fournisseurs de services de cloud computing.

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La montée du cloud computing se ferait au détriment d’autres acteurs traditionnels comme Oracle

J.P. Morgan a déclaré que les trois principaux fournisseurs de cloud computing (que sont Microsoft Azure, Amazon Web Services et Google Cloud) gagnent du terrain.

La situation est moins favorable, selon J.P. Morgan, pour IBM, qui vient de boucler le rachat de Red Hat, et Oracle, qui a récemment noué un partenariat d’ampleur avec Microsoft Azure. Ces deux groupes étaient, avant ces rapprochements distincts, les plus susceptibles de perdre des opportunités commerciales auprès de grands acheteurs de technologies, toujours selon J.P. Morgan.

Malheureusement, pour certains, la montée en puissance du cloud se fait au détriment de certains vieux piliers de la technologie. Selon l'enquête de J.P. Morgan, IBM et Oracle risquaient davantage de perdre des clients commerciaux. Les deux fournisseurs ont eu des résultats d'intentions de dépenses négatifs en moyenne dans l'enquête.

L’enquête a noté que certains DSI avait parlé de la complexité d’IBM et du fait qu’Oracle « tardait à innover ».

Notons qu'en juin, Microsoft et Oracle ont annoncé avoir mis en place un partenariat d’interopérabilité de leur Cloud, permettant aux clients de migrer et d’exécuter les charges de travail critiques de l’entreprise vers Microsoft Azure et Oracle Cloud. Les entreprises peuvent désormais connecter de façon parfaitement fluide les services d’Azure tels qu’Analytics et IA, aux services d’Oracle Cloud comme Autonomous Database. En permettant aux clients de répartir une charge de travail en exécutant une tâche sur Azure et une autre sur Oracle Cloud, ce partenariat offre un service hautement optimisé du meilleur des deux services Cloud. Ensemble, Azure et Oracle Cloud fournissent aux clients une solution unique pour tous les services Cloud et les applications dont ils ont besoin pour gérer leurs activités.

La liaison en place met également à disposition un nouvel ensemble de fonctionnalités. Celles-ci incluent la gestion des identités et des accès unifiés, via une expérience de connexion unique unifiée et un provisionnement automatisé des utilisateurs, pour gérer les ressources sur Azure et Oracle Cloud. La possibilité offerte aux applications Oracle d’utiliser Azure Active Directory en tant que fournisseur d’identité et accès conditionnel est également disponible.

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Le déploiement d’applications personnalisées et d’applications Oracle packagées (JD Edwards EnterpriseOne, Suite E-Business, PeopleSoft, Oracle Retail, Hyperion) sur Azure avec les bases de données Oracle (RAC, Exadata, Base de données autonome) déployées dans Oracle Cloud est également pris en charge. Les mêmes applications Oracle seront également certifiées pour fonctionner sur Azure avec les bases de données Oracle dans Oracle Cloud.

De son côté, IBM a annoncé que l'acquisition annoncée de Red Hat renforcerait son leadership sur le marché du cloud hybride. Dans un communiqué, l’entreprise a ajouté : « Notre investissement stratégique et continu dans des technologies telles que le cloud hybride et l'IA nous a aidés à amener davantage de clients au chapitre deux de leurs réinventions numériques ».

Microsoft et Amazon, les grands gagnants en entreprise selon Bernstein

Le rapport d’enquête de Bernstein sur 105 directeurs informatiques a largement fait écho aux conclusions de J.P. Morgan sur les fournisseurs.

« Les grands gagnants ont été (encore une fois) Microsoft et Amazon, qui continuent tous deux de bénéficier d'une dynamique sans précédent dans leurs activités de cloud computing », écrit Toni Sacconaghi, analyste chez Bernstein.

Selon le rapport, 56% des DSI de l’enquête avaient l’intention de dépenser davantage avec Amazon au cours des cinq prochaines années, tandis que Microsoft enregistrait 49%. De même, IBM et Oracle figuraient sur la liste des grands perdants de parts de marché, selon Bernstein.

Un marché qui a des perspectives d’avenir

Quoi qu’il advienne de l’économie mondiale, la taille du marché des dépenses mondiales en technologies est énorme. En septembre 2018, Gartner estimait à 17,3 % l’augmentation des revenus du marché mondial des services de cloud public pour cette année 2019. Le cabinet prévoyait une croissance de 17,3 % du marché des services de cloud public en 2019 par rapport à l’année 2018. Il avait indiqué que le segment de marché concernant les services d’infrastructures cloud (IaaS ou infrastructure en tant que services) connaîtrait la croissance la plus rapide avec une hausse de 27,6 % en 2019 par rapport à 2018, avec 39,5 milliards de dollars de revenus en 2019 contre 31 milliards de dollars de prévus en 2018. Cette perspective représentait une suite logique par rapport à sa publication du 1er août 2018. Gartner annonçait alors que le marché mondial de ce segment avait augmenté de 29,5 % en 2017 et que la demande de services d’infrastructures cloud public serait en pleine expansion.

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Gartner lui-même explique que selon de récents sondages qu’il (Gartner) a réalisés, plus du tiers des entreprises concernées considèrent les investissements dans le cloud comme l'une des trois principales priorités en matière d’investissement, ce qui a un impact sur les offres du marché. Gartner prévoit que d'ici fin 2019, plus de 30 % des nouveaux investissements en logiciels des fournisseurs de technologies seront du côté du cloud uniquement. Cela signifie que la consommation de logiciels sous licence continuera de chuter, tandis que les modèles de consommation de cloud en mode SaaS et par abonnement continuent de progresser.

Ces nouvelles prévisions publiées par le cabinet en avril 2019 ressemblent presque à celles de septembre passé, car les chiffres ont connu de légères modifications. Pour cette fois encore, le segment de marché qui connaîtra la croissance la plus rapide sera celui des services d'infrastructure cloud (IaaS ou infrastructure en tant que service) qui devrait augmenter de 27,5 % en 2019 pour atteindre 38,9 milliards de dollars, contre 30,5 milliards de dollars en 2018. Le deuxième taux de croissance le plus élevé, soit 21,8 %, sera atteint grâce aux plateformes en tant que service (PaaS).

« Les services du cloud bouleversent l’industrie. Chez Gartner, nous ne connaissons aujourd'hui aucun fournisseur de services dont l'offre de modèle d'entreprise et la croissance du chiffre d'affaires ne soient pas influencées par l'adoption croissante des stratégies de cloud computing dans les organisations. Ce que nous voyons maintenant n’est que le début. Jusqu'en 2022, Gartner prévoit que la taille du marché et la croissance du secteur des services de cloud computing seront presque trois fois plus importantes que la croissance de l'ensemble des services informatiques », a déclaré Sid Nag, vice-président de la recherche chez Gartner.

Il reste donc beaucoup d'argent à gagner pour les fournisseurs.

Source : J.P. Morgan

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