Les scientifiques ont mis au point un implant cérébral capable de lire l'esprit des gens pour les aider à parler
en cas de déficiences neurologiques

Des scientifiques de l’université de Californie à San Francisco aux États-Unis ont annoncé cette semaine avoir mis au point un implant cérébral pour venir en aide aux personnes qui souffrent de déficiences neurologiques afin qu’ils puissent parler. Selon ce que rapporte le média britannique BBC, les scientifiques américains ont indiqué que les résultats obtenus sur les essais étaient très « convaincants » et que la technologie en elle-même était « exaltante ». Pour les chercheurs, la mise en place d’une telle technologie est une bonne nouvelle pour la médecine moderne et pour des patients de nombreuses catégories notamment ceux incapables de communiquer en raison de déficiences neurologiques.

L’extrait du résumé de l’étude que l’équipe scientifique a publié dans la revue Nature indique que la technologie parvient parfaitement à décoder la parole à partir de l’activité cérébrale d’une personne donnée. « Ici, nous avons conçu un décodeur neuronal qui exploite explicitement les représentations cinématiques et sonores encodées dans l'activité corticale humaine pour synthétiser la parole audible », lit-on dans le résumé. Pour arriver à ce résultat, la technologie se sert des réseaux de neurones récurrents (RNN pour Recurrent Neural Networks) pour décoder l’activité corticale directement enregistrée en représentations du mouvement articulatoire, puis transforme ces représentations en une acoustique de la parole.

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Pour faire une petite parenthèse, les RNN sont des réseaux de neurones dans lesquels l’information peut se propager dans les deux sens, y compris des couches profondes aux premières couches. En cela, ils sont plus proches du vrai fonctionnement du système nerveux, qui n’est pas à sens unique. Ces réseaux possèdent des connexions récurrentes au sens où elles conservent des informations en mémoire : ils peuvent prendre en compte, à un instant t, un certain nombre d’états passés. D’un point de vue théorique, les RNN ont un potentiel bien plus grand que les réseaux de neurones classiques : des recherches ont montré qu’ils sont « Turing-complet » (ou Turing-complete), c’est-à-dire qu’ils permettent théoriquement de simuler n’importe quel algorithme.

Autrement dit, la technologie de lecture de l’esprit fonctionne en deux étapes. Une électrode est d'abord implantée dans le cerveau pour capter les signaux électriques qui manœuvrent les lèvres, la langue, la boîte vocale et la mâchoire. Ensuite, on utilise l'informatique pour simuler comment les mouvements de la bouche et de la gorge formeraient des sons différents. Cela se traduit par un discours synthétisé sortant d'un « conduit vocal virtuel ». Ainsi, elle pourrait aider de nombreuses personnes à recouvrer la parole à nouveau.

Après avoir cité quelques cas (cancer de la gorge, lésions cérébrales, etc.) où la technologie peut venir en aide aux patients, ils ont néanmoins tenu à préciser qu’il ne s’agit pas là d’une solution à tous ceux qui ne peuvent pas parler. « Ce n'est pas une solution pour tous ceux qui ne peuvent pas communiquer », explique le professeur Chang qui fait partie de l’équipe de recherche. Même si quelques questions liées à vie privée ont été soulignées par certains, le travail semble avoir été bien apprécié par beaucoup. La professeure Sophie Scott de l'University College London a déclaré qu’il s'agissait d'un « travail très intéressant d'un grand laboratoire, mais il convient de noter qu'il en est à ses débuts et qu'il n'est pas encore proche des applications cliniques ».

L’annonce de cette technologie vient dans la même semaine où Elon Musk a annoncé qu’un prototype de l’interface qu’il est en train de développer pour permettre à ce que l’on puisse connecter le cerveau humain et les ordinateurs pourrait bientôt voir le jour. Le patron de Tesla a annoncé que Neuralink est sur le point de finaliser la première interface cerveau-machine qui permettra de connecter les humains aux machines. La technologie pourra permettre à l’homme de fusionner efficacement avec l’IA, a-t-il repris. Cependant, en réponse à Musk, certains experts ont indiqué que malgré le potentiel pour augmenter les capacités du cerveau humain, les risques sont énormes.

Ils pensent que les interfaces cerveau-ordinateur risquent d'être détournées par une intelligence artificielle non fiable. Vous imaginez que votre cerveau se fasse pirater ou se fasse attaquer par un virus informatique dans 10 ou 15 ans ? Pour ironiser la situation, d’autres ont émis l'idée qu’il faudrait développer un antivirus à côté, histoire de prévenir les dégâts.

Source : BBC

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