Google a fait appel à la NASA pour l'aider à prouver sa suprématie quantique
d'ici quelques mois

Comme vous le savez, la suprématie quantique désigne le nombre de qbits (un qubit ou qu-bit, parfois écrit qbit, est l'état quantique qui représente la plus petite unité de stockage d'information quantique, c'est l'analogue quantique du bit) au-delà duquel aucun superordinateur classique n'est capable de gérer la croissance exponentielle de la mémoire et la bande passante de communication nécessaire pour simuler son équivalent quantique. Selon un accord obtenu par le MIT Technology Review, Google a demandé à la NASA de l'aider à prouver sa suprématie dans les mois à venir.

En effet, à travers un accord signé en juillet dernier, Google appelle la NASA à « analyser les résultats des circuits quantiques exécutés sur les processeurs quantiques de Google, et à fournir des comparaisons avec la simulation classique afin d'aider Google dans la validation de son matériel et d'établir une base de référence pour la suprématie quantique ». L'accord concerne sa dernière puce quantique à 72 qubits appelée Bristlecone. Pour rappel, en mars dernier Google a présenté un nouveau processeur quantique baptisé Bristlecone. Ce nouveau processeur composé de 72 qubits a pour but de « fournir un banc d’essai pour la recherche sur les taux d’erreur du système et l’évolutivité de notre technologie qubit, ainsi que des applications dans la simulation quantique, l’optimisation et l’apprentissage automatique », avait déclaré l’entreprise.

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Pendant que les ordinateurs classiques stockent des informations dans des bits binaires (1 ou 0), les ordinateurs quantiques utilisent des bits qui existent dans un état non défini compris entre 1 et 0 . Pour certains problèmes, l’utilisation de qubits devrait fournir rapidement des solutions qui pourraient prendre beaucoup plus de temps aux ordinateurs classiques. Cet accord entre Google et la NASA vise à « démontrer la viabilité et le potentiel du processeur » Bristlecone.

Comment va se passer cette collaboration entre Google et la NASA ? « Bristlecone nécessitant des circuits supraconducteurs maintenus à une température proche du zéro absolu, il ne peut pas être déplacé des laboratoires de Google. Des chercheurs du laboratoire QuAIL (Quantum Artificial Intelligence Laboratory) du centre de recherche Ames de la NASA dans la Silicon Valley se connecteront en ligne à Bristlecone via le service Cloud API de Google. Google partagera également les logiciels actuels qui permettent aux ordinateurs classiques de simuler des circuits quantiques, afin que la NASA puisse les développer et les améliorer ».

Les deux détermineront ensemble comment mapper « un large éventail de problèmes d’optimisation et d’échantillonnage » au système informatique quantique de Bristlecone. Au terme de l'accord, la NASA va développer le logiciel nécessaire pour l'exécution de ces simulations sur son supercalculateur Pleiades. Rappelons au passage que Pleiades est le supercalculateur le plus puissant de la NASA, actuellement classé dans le top 25 mondial. Vers le mois de juillet de l'année prochaine, la NASA « comparera les résultats de la simulation classique de circuits quantiques aux résultats du matériel de Google ».

Si les choses ne se passent pas comme prévu, l'accord prévoit une période de 5 ans au cours de laquelle « la NASA fournira des cartographies supplémentaires, des techniques de simulation de circuit améliorées, des compilations plus efficaces et des résultats de simulations de circuit ». Google donnera à QuAIL l'accès à son processeur et logiciel jusqu'en 2023 au moins.

Le physicien John Martinis qui dirige les recherches de l'informatique quantique chez Google, embauché en 2014 à cet effet, pense que Bristlecone est capable d'atteindre la suprématie quantique. Cependant, tout le monde ne partage pas son avis. En mai dernier, des chercheurs de la division Data Infrastructure et Search Technology d’Alibaba ont publié un article suggérant que les ordinateurs classiques exécutant des simulations pourraient correspondre à ses performances et que des puces quantiques avec des taux d’erreur plus faibles pourraient être nécessaires.

Daniel Lidar, directeur du Centre pour la science et la technologie de l'information quantique à l'Université de Californie du Sud, a également des doutes. « Il semblerait qu'une forme supplémentaire de suppression des erreurs serait nécessaire. De plus, les méthodes de simulation classiques ont relevé la barre plusieurs fois au cours des deux dernières années et il est fort probable que cette tendance se maintienne. Néanmoins, je ne voudrais pas exclure une démonstration de suprématie quantique utilisant le processeur quantique Bristlecone de Google », a-t-il déclaré au MIT Technology Review.

ci-joint l'accord signé

Source : MIT Technology Review

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