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  1. #1
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    Avatar de Michael Guilloux
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    Par défaut Plus de 3000 chercheurs en IA s'opposent à l'accès payant aux recherches en machine learning
    Plus de 3000 chercheurs en IA s'opposent à l'accès payant aux recherches en machine learning
    après l'annonce d'une nouvelle revue de Springer Nature

    Les chercheurs en intelligence artificielle dans le monde entier protestent contre la tentative d’infiltration des éditeurs commerciaux dans le domaine de la publication de recherches en machine learning. Et c'est l'éditeur Springer Nature qui a déclenché leur mécontentement. L’éditeur de la prestigieuse revue scientifique Nature a en effet annoncé qu'il prévoit de lancer l’an prochain une nouvelle revue scientifique consacrée à l’intelligence artificielle, baptisée « Nature Machine Intelligence ».

    Le problème avec cette revue est son accès « fermé ». Ses articles ne seront pas mis à disposition de tous puisqu'il faudra payer pour y accéder. C'est cette situation que dénonce la communauté de l'intelligence artificielle dans un texte qui a été signé - au moment de la rédaction de l'article - par plus de 3000 chercheurs, dont de nombreux chefs de file de l'industrie et du milieu universitaire.

    « Il n’y a pas de place » pour ce type de publication « dans le futur de la recherche sur l’apprentissage automatique », peut-on lire dans leur message. Cela serait, selon eux, « un retour en arrière ». « En revanche, nous accueillerons à bras ouverts de nouvelles revues ou conférences sur l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique dont l’accès serait ouvert et gratuit », ont-ils écrit. Parmi les signataires du texte, on compte de nombreux employés des grandes entreprises du Web, des membres de célèbres institutions comme le MIT ou Harvard, et les plus grands noms du secteur comme Yann LeCun, responsable des laboratoires de recherche en IA de Facebook, le pionnier du deep learning Yoshua Bengio ou encore Jeff Dean, cofondateur du projet Google Brain. Neil Lawrence, professeur de machine learning à l'Université de Sheffield et directeur Machine Learning chez Amazon, fait également partie des signataires. Précisons qu'il est le fondateur de la revue gratuite Proceedings of Machine Learning Research, qui a publié à ce jour près de 4000 articles dans le domaine.

    Neil Lawrence explique les raisons de la protestation

    Dans une tribune du quotidien The Guardian, Neil Lawrence explique pourquoi ils protestent contre la prochaine revue de l'éditeur Springer Nature. Pour lui, avant tout, ce n'est pas de bonne augure que de publications payantes fassent leur apparition dans le domaine alors que la communauté a déjà su mettre en place un modèle d'accès gratuit : « L'apprentissage automatique est un domaine jeune et technologiquement astucieux. Il n'a pas les traditions historiques d'autres domaines et ses universitaires n'ont pas vu le besoin du modèle de publication à accès fermé. La communauté elle-même a créé, rassemblé et revu les recherches qu'elle a menées. Nous avons utilisé Internet pour créer de nouvelles revues disponibles gratuitement et sans frais pour les auteurs. L'ère des abonnements et des volumes avec couverture en cuir semblait être derrière nous », dit-il.

    Neil Lawrence explique également que le public paie déjà les taxes qui financent la recherche, alors les gens ne devraient pas payer à nouveau pour lire les résultats de la recherche, sachant qu'en plus ces recherches profitent aussi aux chercheurs des universités moins bien financées. « L'Université de Makerere à Kampala, en Ouganda, [devrait avoir] autant accès à la principale recherche sur l'apprentissage automatique que Harvard ou le MIT », dit-il, en ajoutant que la capacité de payer ne devrait plus déterminer la capacité d'en profiter.

    Il estime que l'apprentissage automatique a démontré qu'un domaine académique peut non seulement survivre, mais prospérer, sans la participation des éditeurs commerciaux. Mais cela n'a pas empêché les éditeurs traditionnels, comme Springer Nature, d'entrer sur le marché. « Notre succès a attiré leur attention », dit-il.


    Neil Lawrence, directeur Machine Learning chez Amazon

    Mais qu'est-ce qui pousserait les auteurs et les lecteurs vers un journal à accès payant alors qu'il y a déjà un modèle ouvert pour partager les résultats de recherche ? Comme l'explique le directeur Machine Learning d'Amazon, la diversité et la quantité des recherches universitaires font qu'il est difficile pour un chercheur dans un domaine d'évaluer le travail dans un autre. Et parfois, la publication dans un journal de marque est regardée comme un indicateur de la qualité du travail. C'est ce qui pourrait pousser les lecteurs à aller vers des revues payantes. Aussi, lorsque les universitaires recherchent une promotion, avoir des articles dans un « journal de marque » peut être d'une grande aide ; cela pourrait donc les amener également à publier leurs travaux dans des revues « de marque ». Et c'est là que les éditeurs académiques comme Springer Nature entrent en jeu, mais avec un accès fermé pour générer des revenus sur les travaux des chercheurs.

    Toutefois, « beaucoup de membres de notre communauté de recherche voient la marque Nature comme un mauvais indicateur de la qualité académique », explique Neil Lawrence. « Nous résistons à l'intrusion de la publication à but lucratif dans notre domaine. » Cette résistance consistera boycotter la prochaine revue de Springer Nature. C'est-à-dire qu'à travers leur signature, ces milliers de chercheurs décident de ne ni soumettre d'articles ni participer pas à l’indispensable processus de relecture critique des articles par les pairs qui vont soumettre leurs travaux au journal Nature Machine Intelligence.

    En réponse à cette protestation, un porte-parole de Nature Machine Intelligence a expliqué que des titres comme le sien « impliquaient un travail éditorial substantiel », et nécessitaient donc des financements. « Nous pensons que la façon la plus juste de produire ces revues, et d’assurer leur survie à long terme comme ressource pour la communauté la plus large possible, est de partager ces coûts entre de nombreux lecteurs – et pas seulement de les faire porter à quelques auteurs seulement. »

    Faut-il mettre fin à l'accès payant aux publications de recherche ou encourager les sites illicites comme Sci-Hub ?

    L'accès gratuit aux publications de recherche n'est pas un nouveau débat et il ne se limite pas au domaine de l'intelligence artificielle. Ce business model, très lucratif et contrôlé pour moitié par seulement cinq entreprises (Reed-Elsevier, Springer, Wiley-Blackwell, Taylor & Francis, et Sage) existe depuis longtemps et a toujours fonctionné pour les éditeurs académiques, même si les universitaires et organismes de recherche ne semblent pas être d'accord.

    Le modèle de la diffusion des articles de recherche par abonnements, dont les prix augmentent fortement, exploite en effet le travail des chercheurs (écriture ou relecture critique d'articles) sans rétribution. Ce qu'ont dénoncé, il y a juste six mois en France, des dizaines d’universités, d’organismes de recherche, d’éditeurs et de spécialistes de l’information scientifique et technique, en signant l'appel de Jessieu, pour en finir avec le modèle de diffusion d'articles de recherche. La solution qu'ils ont préconisée pour sortir de ce modèle est celle de la science ouverte, c’est-à-dire l’accès gratuit aux publications. Mais parfois, avec cette solution, ce sont les auteurs qui paient pour publier (jusqu’à 5000 euros) afin que leurs articles soient disponibles gratuitement. Faut-il donc se tourner vers les sites illicites comme Sci-hub qui fournissent un accès libre à des articles scientifiques obtenus par web scraping en contournant les paywalls classiques des éditeurs académiques ?

    Sources : The Guardian, Le Monde, Oregon State University, Le Monde (Appel de Jussieu)

    Et vous ?

    Que pensez-vous de cette protestation contre la prochaine revue de Springer Nature sur l'IA ?
    Êtes-vous de l'avis de ceux qui pensent que la recherche doit-être disponible gratuitement pour tous ?
    Avez-vous souvent recours à des sites illicites comme Sci-Hub pour trouver des articles de recherche gratuitement ? Pourquoi ?
    Par quels moyens publiez-vous vos recherches académiques ?
    Que pensez-vous du business d’accès payant aux publications d’articles de recherche ?

    Voir aussi :

    Une coalition appelle à l'implémentation de systèmes d'IA respectueux des droits de l'Homme, gouvernements et entreprises de la Tech interpellés
    L'IA peut être facilement induite en erreur par des attaques contradictoires, devrait-on s'en inquiéter ?
    Des employés de Google présentent leur démission, pour protester contre la participation de l'entreprise à un projet en IA du Pentagone
    Intelligence artificielle: une vingtaine d'experts plaident pour la création d'un laboratoire européen en IA, afin de concurrencer les USA et la Chine
    Les chercheurs en intelligence artificielle peuvent-ils gagner jusqu'à 1 million $ par an dans la Silicon Valley ? Un aperçu des salaires
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  2. #2
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    Je me suis toujours posé la question de ce que pouvaient bien faire tous ces scientifiques à part signer une pétition...
    Si on ne compte pas la diffusion physique d'imprimé ou de livre on a tout le domaine numérique qui lui peut être enrichi par tout un chacun.
    C'est pas compliqué de monter une communauté sur internet avec une mise à disposition des articles.
    S'ils veulent fournir gratuitement leurs publications qu'ils commencent par là...
    Mais si c'était réellement le cas cela fait belle lurette que cela existerait.
    Je pense donc plutôt qu'ils veulent obtenir gratuitement les recherches de leurs collègues mais refusent de fournir les leurs gratuitement.

    Après je peux me tromper n'étant pas du domaine, il me semble qu'on a quelques chercheurs dans la communauté de dvp, il serait intéressant d'avoir leur contribution sur ce sujet.

    « Toujours se souvenir que la majorité des ennuis viennent de l'espace occupé entre la chaise et l'écran de l'ordinateur. »
    « Le watchdog aboie, les tests passent »

  3. #3
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    Citation Envoyé par transgohan Voir le message
    Je pense donc plutôt qu'ils veulent obtenir gratuitement les recherches de leurs collègues mais refusent de fournir les leurs gratuitement.
    De ce que j'ai compris quand je travaillais en labo informatique. Personne ne gagne d'argent à être publié, donc les chercheurs fournissent déjà leurs résultats gratuitement (je parle d'argent).
    La valeur ajoutée des revues est leur réputation, et avoir un article publié dans une revue reconnue a bien plus de valeur que sur un blog gratuit et personnel. C'est cet aspect-là qui motive à fournir gratuitement à une revue qui va ensuite vendre les articles.
    Qu'on me corrige si je me trompe.

  4. #4
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    La valeur ajouttée c'est pas uniquement la renommée mais aussi le peer reviewing, qui est indispensable pour une publication scientifique (pas question de publier sur un site perso/d'entreprise).




    Le chercheur / son organisme ne touche rien quand il publie.
    Les revieweurs (d'autres chercheurs) le font aussi gratuitement.
    Et ensuite il faut payer pour avoir accès aux articles.

    Ça peut aller jusqu'au point où un organisme public français doit payer une revue anglosaxone pour avoir accès à une publication d'un autre organisme public français (voir du même organisme).

    Les chercheurs sont poussés à publier dans des revues renommées car ils sont évalués là dessus, et que c'est plus facile d'avoir un financement si tu as publié dans Nature/Science que dans une revue obscure.

    Et le prix de ces revues est énorme. Chaque organisme a un budget annuel de dizaines/centaines de milliers d'euros pour avoir accès à un catalogue. Et même avec ces budget ils n'ont pas accès à tout ce dont ils auraient besoin.

    C'est encore pire pour les particuliers (par ex si tu veux faire un blog/chaine youtube scientifique, ou juste pour lecture personelle). Un article coûte en général 30 à 40€ et un abonnement annuel dans les 200€ (sauf qu'avec une seule revue tu ne vas pas bien loin).

  5. #5
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    En France, la question ne se pose pas trop.
    Quand on est financé à au moins 50% de fond publique, nous devons publier nos articles sur HAL avec un embargo d'au plus 6 mois.


    Pour le reste, le but est de publier dans des conférences/journaux renommés, e.g. avec un classement core B, A, ou A*.
    Notamment parce que c'est de cette manière que nos travaux sont évalués, cela influence donc notre carrière, mais aussi nos financements, que ce soit au niveau de l'équipe, du labo, ou des tutelles. Sachant, que ces publications aident grandement à avoir un poste permanent e.g. devenir enseignant-chercheur, où la compétition est grande, beaucoup de candidats pour peu d'élus.

    D'où aussi les problématiques de publish or perish. Tu peux décider de boycotter ces conférences/revues, mais cela peut t'être préjudiciable, pour toi, et ton équipe/labo.


    Le problème est ensuite, que pour certaines de ces conférences et revues, tu leur cèdes les droits de distributions sur ton article. C'est à dire que si tu mets ton article à disposition du publique, l'éditeur peut se retourner contre toi. Sachant que l'écriture et les reviews sont faites gratuitement par des chercheurs. Les éditeurs se goinfrent sur le dos de la recherche sans apporter de plus-value.

    Récemment, il y a eu une négociation des prix d'accès aux articles de certains éditeurs pour les laboratoires. Les éditeurs voulaient augmenter leur prix (ils le font régulièrement chaque année). Des dernières nouvelles, la négociation a échouée, les éditeurs ont refusés de baisser leur prix, ainsi les laboratoires n'auront plus accès à ces articles.


    Faut pas croire que ce genre de parasites nous amusent.
    "Parce que le diable est dans les détails, une vision sans nuance ne peut prétendre à la compréhension du monde."

    Mon ancienne page perso : https://neckara.developpez.com/

  6. #6
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    Mais si c'était réellement le cas cela fait belle lurette que cela existerait.
    Je pense donc plutôt qu'ils veulent obtenir gratuitement les recherches de leurs collègues mais refusent de fournir les leurs gratuitement.

    Après je peux me tromper n'étant pas du domaine, il me semble qu'on a quelques chercheurs dans la communauté de dvp, il serait intéressant d'avoir leur contribution sur ce sujet.
    C'est bien plus compliqué que ça. Je ne connais pas trop le domaine mais en général, les recherches n'appartiennent pas aux chercheurs, mais plus aux universités etc.

    Et je n'ai jamais vu de chercheur refuser de partager une publication. Je connais de nombreuses personnes qui sont entrées en contact par mail avec
    des chercheurs pour obtenir leur publication (normalement payante), et ils leur ont donné.
    Certains chercheurs vont même mettre leur publication a la porté de tous sur sci-hub, mais la déjà, je crois qu'on sort du cadre légal.

    Comme le souligne Neckara, le soucis vient surtout de nombreux éditeurs qui se goinfrent sur le dos de la recherche.
    Des tutos de pixel art: https://twitter.com/OniMille

  7. #7
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    C'est pas compliqué de monter une communauté sur internet avec une mise à disposition des articles.
    S'ils veulent fournir gratuitement leurs publications qu'ils commencent par là...
    Mais si c'était réellement le cas cela fait belle lurette que cela existerait.
    ça existe, ça s'appelle arxiv https://arxiv.org/
    Pour la france il ya en plus Hal https://hal.archives-ouvertes.fr/

  8. #8
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    je pense qu'on parle uniquement de recherche publique.

    dans le privée c'est plus simple, tous ce que tu fait tu le fais pour le boite et donc dans la politique de confidentialité de la boite.
    Dans la privée ce que j’aime c'est de faire de la recherche appliquée plus que fondamentale qui elle ne sert a rien, je veut dire y'a rien a protéger la dedans c'est du hypothétique, du vent, ce n'est pas brevetable quoi.
    je dis pas que c'est mieux ou moins mieux mais juste que c'est différent, les implications ne sont pas les mêmes.

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