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  1. #41
    Expert confirmé
    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Bon sinon ce que la France peut faire c'est dire aux université d'informatique d'accepter les sujets de thèse en rapport avec l'IA.
    Bon sang mais c'est bien sûr : les universités n'ont juste pas pensé à faire de la recherche en IA. Je vais vite prendre mon téléphone pour leur donner la solution...

    Plus sérieusement, les sujets de thèse en IA, c'est pas ce qu'il manque. Ce qu'il manque c'est de l'argent pour les financer et des étudiants sérieux pour les faire (et qui acceptent d'être payés 1700 euros brut par mois à bac+5 pendant que leurs anciens camarades touchent quasiment le double dans le privé).

  2. #42
    Expert éminent sénior
    Citation Envoyé par SimonDecoline Voir le message
    Bon sang mais c'est bien sûr : les universités n'ont juste pas pensé à faire de la recherche en IA.
    Ben attends, déjà qu'il n'y a pas de formations en informatique en France, alors de la recherche en IA…
    "Parce que le diable est dans les détails, une vision sans nuance ne peut prétendre à la compréhension du monde."

    Mon ancienne page perso : https://neckara.developpez.com/

  3. #43
    Expert confirmé
    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    Ben attends, déjà qu'il n'y a pas de formations en informatique en France, alors de la recherche en IA…
    Mais oui, si le journaliste économique Dominique Seux le dit c'est que ça doit être vrai. Et Yann Lecun, il a fait quoi pendant sa thèse à Paris 6 ? De la couture ?

    Ah mince, c'était de l'humour...

  4. #44
    Membre du Club
    Le problème c'est qu'avec les politiques qu'on s'est donné, on est pas près de gagner une course quelle qu'elle soit.
    L'intelligence est toujours ce qu'il y a de plus artificiel, me semble t'il, quant à son opposée, elle reste naturelle et très répandue, (surtout au niveau des politiques.)
    Le jour ou les ordinateurs sont arrivés dans l'administration, une erreur était toujours "la faute de l'ordinateur".
    Le jour ou l'intelligence artificielle arrivera dans l'administration, c'est l'humain qui sera considéré comme l'erreur, et le jour où les machines seront à même de prendre les décisions à la place de l'humain, la solution supposée "intelligente" risque d'être binaire et sans appel.
    Donc, au niveau global, le développement de l'intelligence artificielle est certainement, de mon point de vue, le commencement de la fin de l'humanité libre (enfin presque).

  5. #45
    Membre extrêmement actif
    Citation Envoyé par SimonDecoline Voir le message
    Plus sérieusement, les sujets de thèse en IA, c'est pas ce qu'il manque. Ce qu'il manque c'est de l'argent pour les financer et des étudiants sérieux pour les faire (et qui acceptent d'être payés 1700 euros brut par mois à bac+5 pendant que leurs anciens camarades touchent quasiment le double dans le privé).
    Ben il veut faire quoi Macron pour faire avancer la France dans l'IA si il ne veut même pas financer des thèses ?

    Ensuite tous les BAC+5 dans le privée ne gagnent pas 3400€ brut/mois... (je suis bien placé pour le savoir ^^)
    Il y a ceux qui ne trouvent pas de travail, ceux qui bossent des sociétés de service, etc...
    Peut être qu'en plein cœur de Paris c'est ce qu'on peut toucher, mais c'est clairement pas le cas partout.

    Moi je vois pas mal d'étrangers qui viennent en France, faire Licence/Master/Doctorat et 1700€/brut par mois quand t'es étudiant c'est énorme.
    Sinon il y a la bourse CIFRE, ce sont des entreprises qui prennent des doctorants pour que ça leur coûte presque rien (du coup les étudiants n'ont pas toujours beaucoup de temps pour bosser sur leur thèse).

    ===
    Faut feriez quoi pour que la France avance dans l'IA ?
    Keith Flint 1969 - 2019

  6. #46
    Expert éminent sénior
    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Ensuite tous les BAC+5 dans le privée ne gagnent pas 3400€ brut/mois... (je suis bien placé pour le savoir ^^)
    En informatique, selon l'école, cela tourne, en moyenne, entre 35k et 45k.
    Donc entre 2917€ et 3 750€ par mois.

    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    1700€/brut par mois quand t'es étudiant c'est énorme.
    Le but, n'est pas non plus de rester étudiant toute sa vie et de dépendre éternellement de papa, maman. Après 5 années d'études, cela fait du bien aussi d'avoir des rentrées d'argent.

    En thèse, on n'a pas qu'un statut étudiant, mais aussi un statut de salarié. Être en thèse, ce n'est pas suivre des cours, c'est un vrai travail de recherche et de production scientifique. 1700€ brut, c'est peut-être énorme, mais quand il faut avancer plus de 1 000€ d'un coup pour avancer les frais d'une conférence, payer deux sécurité sociales pour des conneries législatives, cela fait aussi du bien. Quand on débute une thèse, on a ~23ans, certains commencent déjà à fonder leur propre famille et à avoir des enfants.


    De plus, ce qui fait le plus mal, ce n'est pas vraiment de ne toucher "que" 1700€/brut, c'est d'être parmi les meilleurs, d'aller dans une voie "prestigieuse", de travailler sans compter ses heures et ses jours, de sacrifier son temps, pour avoir une reconnaissance plutôt minable. Et de voir ses camarades parfois se demandant même comment ils ont eu leur diplôme, toucher le double, et faire leur bout de chemin en entreprise. Et pour se faire recruter à BAC+8, face à un BAC+5 avec 3 ans d'expériences... ce n'est pas toujours gagné (heureusement, cela a l'air de changer de nos jours).

    Alors on peut continuer dans le publique... sauf que la concurrence n'est pas facile, il faut alors parfois enchaîner les post-docs avant d'obtenir l’accréditation, pour au final se retrouver en début de carrière à toucher moins que ceux à qui on enseignera à leur sortie de l'école...
    Heureusement, le salaire évolue très vite ensuite, mais le début est un peu "décevant" si je puis dire.


    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Sinon il y a la bourse CIFRE, ce sont des entreprises qui prennent des doctorants pour que ça leur coûte presque rien (du coup les étudiants n'ont pas toujours beaucoup de temps pour bosser sur leur thèse).
    C'est en effet l'un des problèmes des CIFRE.

    Après, il est plus facile de faire reconnaître l'expérience professionnelle, et le salaire est généralement plus élevé.
    "Parce que le diable est dans les détails, une vision sans nuance ne peut prétendre à la compréhension du monde."

    Mon ancienne page perso : https://neckara.developpez.com/

  7. #47
    Membre extrêmement actif
    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    Donc entre 2917€ et 3 750€ par mois.
    C'est peut être la moyenne, mais en attendant il y a beaucoup de BAC+5 en informatique qui gagnent moins de 2900€ brut/mois.

    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    Le but, n'est pas non plus de rester étudiant toute sa vie et de dépendre éternellement de papa, maman. Après 5 années d'études, cela fait du bien aussi d'avoir des rentrées d'argent.
    Ceux qui veulent faire des thèses ne sont pas pressé d'aller dans le monde du travail et sont bien content de rester à la FAC (certains deviennent même enseignant chercheur dans la FAC).
    1700€ brut/mois c'est mieux que le RSA qu'ils toucheraient si ils ne trouvaient pas d'emploi.
    Il y a pas mal de BAC+5 qui finissent dans un emploi sans formation, parce qu'il n'y a pas de jobs aujourd'hui...

    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    De plus, ce qui fait le plus mal, ce n'est pas vraiment de ne toucher "que" 1700€/brut, c'est d'être parmi les meilleurs, d'aller dans une voie "prestigieuse", de travailler sans compter ses heures et ses jours, de sacrifier son temps, pour avoir une reconnaissance plutôt minable.
    Il y a aussi pas mal de thésard qui sont de gros branleurs.
    J'en ai déjà croisé.
    Ils sont très loin d'être en permanence à fond sur leur thèse...

    Le niveau baisse partout, même dans les thèses.
    Keith Flint 1969 - 2019

  8. #48
    Expert éminent sénior
    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Ceux qui veulent faire des thèses ne sont pas pressé d'aller dans le monde du travail et sont bien content de rester à la FAC
    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Il y a aussi pas mal de thésard qui sont de gros branleurs.
    J'en ai déjà croisé.
    Si les thésards sont des branleurs, je n'ose même pas imaginer ceux qui travaillent 35h/semaine, ou qui ont 9 semaines de vacances par ans...


    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    1700€ brut/mois c'est mieux que le RSA qu'ils toucheraient si ils ne trouvaient pas d'emploi.
    Et avec cette logique, on peut faire descendre tous les salaires au niveau du RSA \o/.

    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Il y a pas mal de BAC+5 qui finissent dans un emploi sans formation, parce qu'il n'y a pas de jobs aujourd'hui...
    C'est marrant, car on a de grosses difficultés à recruter dans certains domaines qualifiés.
    "Parce que le diable est dans les détails, une vision sans nuance ne peut prétendre à la compréhension du monde."

    Mon ancienne page perso : https://neckara.developpez.com/

  9. #49
    Membre extrêmement actif
    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    Si les thésards sont des branleurs, je n'ose même pas imaginer ceux qui travaillent 35h/semaine, ou qui ont 9 semaines de vacances par ans...
    Je n'ai pas dis "les thésards", j'ai dis "des thésards".
    Travailler 35h/semaine c'est très bien.
    Il y a pas mal de gens en doctorat qui ne le font pas...

    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    Et avec cette logique, on peut faire descendre tous les salaires au niveau du RSA \o/.
    Il ne faut pas voir que le côté positif, il ne faut pas se dire "Je vais trouver directement un travail grâce à mon diplôme et en plus je serais bien payé", parce que c'est pas systématiquement le cas...
    Il faut penser à ceux qui ne décrocheront jamais d'emploi dans leur branche et qui ont plus ou moins perdu 5 ans de leur vie.
    Ya aussi ceux qui vont jusqu'au BAC+5 pour se dire "En fait j'aime pas, je vais faire autre chose".

    Galère des bac+5: les jeunes diplômés sans emploi témoignent
    Bac + 5 et déqualifiés : quand le master n’est pas à la hauteur

    Un diplôme ça ne veut pas dire grand chose, il faut aussi savoir se vendre.
    Certains nuls dans leur domaine sont excellent pour se vendre, certains excellent dans leur domaine sont nuls pour se vendre, au final c'est pas le plus compétent qui a le job.

    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    C'est marrant, car on a de grosses difficultés à recruter dans certains domaines qualifiés.
    Oui très bien et alors ?
    Dans certains domaines il y ait trop de qualifié...
    Le truc bien chiant aussi c'est que la plupart des emplois se trouvent dans des grandes villes...
    Keith Flint 1969 - 2019

  10. #50
    Expert éminent sénior
    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Il y a pas mal de gens en doctorat qui ne le font pas...
    Ceux que je connais, c'est 45h minimum par semaines (en présentiel, donc aussi un peu de boulot les soirs), avec moins de 5 semaines de vacances par an... et encore, certains profitent de leurs vacances pour travailler.

    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Il ne faut pas voir que le côté positif, il ne faut pas se dire "Je vais trouver directement un travail grâce à mon diplôme et en plus je serais bien payé", parce que c'est pas systématiquement le cas...
    En sorti d'école ingénieur informatique, tu as presque ton emploi avant de finir tes études.

    Les quelques rares cas sans emplois, le sont généralement par choix, car ont des exigences particulières, notamment, aller en Asie, et ont refusés des offres d'emplois.

    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Le truc bien chiant aussi c'est que la plupart des emplois se trouvent dans des grandes villes...
    Je suis bien d'accord sur ce point là.
    "Parce que le diable est dans les détails, une vision sans nuance ne peut prétendre à la compréhension du monde."

    Mon ancienne page perso : https://neckara.developpez.com/

  11. #51
    Membre extrêmement actif
    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    Ceux que je connais, c'est 45h minimum par semaines
    C'est bien qu'il en existe...

    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    En sorti d'école ingénieur informatique, tu as presque ton emploi avant de finir tes études.
    C'est bien pour ceux à qui ça arrive...
    Mais il n'y a pas que des école d'ingénieur, il y a également des facs.
    Parfois l'entreprise embauche le stagiaire à la fin de son stage de fin d'étude.

    Citation Envoyé par Neckara Voir le message
    Les quelques rares cas sans emplois, le sont généralement par choix, car ont des exigences particulières, notamment, aller en Asie, et ont refusés des offres d'emplois.
    Sortir de la FAC par contre, ça ne garanti pas du tout un emploi.
    Et ce sera même de pire en pire, le nombre de diplômés va augmenter, le nombre de postes va diminuer.
    Keith Flint 1969 - 2019

  12. #52
    Chroniqueur Actualités

    Stratégie IA française : Cédric Villani suggère de doubler les salaires en début de carrière
    Stratégie IA française : Cédric Villani suggère de doubler les salaires en début de carrière
    pour résister à la pression compétitive des géants du numérique

    L’intelligence artificielle est aujourd’hui au centre de presque toutes les problématiques, en allant de la création de produits innovants en entreprise au renforcement de la souveraineté d’un pays. Pour cette raison, la France essaie de mettre en place une politique nationale afin d’être sur le devant de la scène mondiale dans le domaine. Dans le cadre de l’initiative France IA par exemple, il a été annoncé l’an dernier un investissement de 25 millions d’euros sur cinq ans dans dix startups de l’intelligence artificielle.

    Fin aout, Emmanuel Macron a confirmé que l’IA est une priorité pour la France et exprimé son ambition de devenir leader mondial. Suite à cela, en septembre dernier, le Premier ministre a chargé le député et mathématicien Cédric Villani d’une mission importante sur l’IA : proposer une stratégie visant à repositionner la France et l’Europe au premier plan de ces transformations et en saisir les opportunités. Début décembre, Cédric Villani a donc lancé une consultation publique sur l'intelligence artificielle pour permettre à tout le monde (ensemble des acteurs et des citoyens) de contribuer à l’élaboration de cette stratégie. Le résultat est un rapport de 235 pages qui vient d'être publié. Nous n’allons pas entrer dans les détails du rapport, mais il y a certains points qui méritent une attention particulière et que nous allons présenter ici.


    Cédric Villani, député LREM et mathématicien

    Inciter les acteurs économiques au partage et à la mutualisation de leurs données

    Les données sont généralement le point de départ de toute stratégie en IA, car de leur disponibilité dépendent de nombreux usages et applications. « Or les données bénéficient aujourd’hui majoritairement à une poignée de très grands acteurs », peut-on lire dans le rapport. D'après Cédric Villani, il est nécessaire que les pouvoirs publics, mais aussi les acteurs économiques plus petits et la recherche publique, puissent bénéficier de ces données. Et « cela devra passer par une incitation des acteurs économiques au partage et à la mutualisation de leurs données, l’État pouvant ici jouer un rôle de tiers de confiance. » Dans certains cas, dit-il, « la puissance publique pourrait imposer l’ouverture s’agissant de certaines données d’intérêt général. » Le député LREM compte aussi sur plusieurs réformes en cours au niveau européen qui doivent permettre un meilleur accès et une plus grande circulation des données.

    Anticiper et maîtriser les impacts de l’IA sur le travail et l’emploi

    Le rapport appelle à anticiper les impacts sur l’emploi via la création d’un « laboratoire public de la transformation du travail ». Il sera la « tête chercheuse » à l’intérieur des politiques publiques de l’emploi et de la formation professionnelle. Il recommande aussi de lancer un chantier législatif relatif aux conditions de travail à l’heure de l’automatisation afin de prendre en compte les nouveaux risques.

    Le député LREM pense aussi qu'il faut former des talents en IA, à tous les niveaux (bac+2, bac+3, master, doctorat), en se fixant un objectif clair : à un horizon de trois ans, multiplier par trois le nombre de personnes formées en intelligence artificielle en France, à la fois en faisant en sorte que l’offre de formation existante s’oriente vers l’IA, mais également en créant de nouveaux cursus et de nouvelles formations à l’IA (doubles cursus droit-IA par exemple, modules généraux…).

    Endiguer la fuite des cerveaux

    L'un des objectifs de la mission était de proposer des solutions pour mettre fin à la fuite de cerveaux (vers l'étranger ou vers des acteurs privés dont les activités sont d’un intérêt social réduit) et attirer les chercheurs étrangers. Pour cela, Cédric Villani propose de créer des Instituts Interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle (3IA) qui vont rassembler les chercheurs, ingénieurs et étudiants en IA. « Ces instituts devront procurer un environnement de travail suffisamment attractif pour résister à la pression compétitive des géants du numérique ». En parlant d'attractivité, il fait référence à « un allègement drastique des formalités administratives du quotidien, [des] compléments de salaire conséquents, [et des] aides pour l’amélioration de la qualité de vie ».

    Le mathématicien et député LREM reconnait qu' « il est illusoire de penser rivaliser financièrement avec les offres des GAFAM », mais pense qu'un « doublement des salaires en début de carrière est un point de départ minimal indispensable » pour éviter de « voir se tarir définitivement le flux de jeunes prêts à s’investir dans l’enseignement supérieur et la recherche académique. » Il est par ailleurs nécessaire, selon lui, de renforcer l’attractivité de la France pour les talents expatriés ou étrangers, notamment avec des incitations financières. Il ne manque pas non plus d'insister sur le fait que les instituts de recherche en IA doivent pouvoir disposer d’outils de calcul qui leur permettent de rivaliser avec les moyens quasi illimités des grands acteurs privés.

    Se concentrer dans un premier temps sur quatre secteurs clés

    La mission a choisi de se concentrer sur quelques secteurs clés qui constituent des niches économiques d’excellence et qui permettent de répondre à de grands défis collectifs. Il s'agit notamment de la santé, l’écologie, les transports-mobilités et la défense-sécurité. Les auteurs du rapport justifient le choix de ces secteurs par le fait que « tous représentent un défi majeur du point de vue de l’intérêt général, tous requièrent une impulsion importante de l’État et tous sont susceptibles de cristalliser l’intérêt et l’implication continue des acteurs publics et privés ».

    Et bien d'autres propositions...

    Dans les grandes lignes, le rapport sur l'IA suggère, entre autres, d'établir un cadre éthique et de confiance pour le développement de l’IA. Cédric Villani insiste également sur le fait que l'IA doit être au service d’une économie soutenable et écologique.

    Pour le moment, ce ne sont que des propositions que l’exécutif français va étudier en vue de retenir ce qui lui semble pertinent. Toutes ces idées sonnent peut-être bien, mais dans quelle mesure peuvent-elles devenir une réalité et propulser la France au premier plan au niveau mondial dans le domaine de l’IA ?

    Sources : Reuters, Rapport de Cédric Villani sur l’IA

    Et vous ?

    Que pensez-vous de ces propositions ?
    Que suggérez-vous pour que la France soit attractive pour les talents et chercheurs en IA ?
    Contribuez au club : Corrections, suggestions, critiques, ... : Contactez le service news et Rédigez des actualités

  13. #53
    Membre éclairé
    Doubler les salaires?
    Quid de ceux déjà en place ? si on double les salaires dès le départ les jeunes auront donc entre 3000 euros et 4000 euros par mois soit bien au dela de ceux qui ont plus de 45ans...
    Il faudrait que le France aligne ses salaires sur ceux de l'Allemagne au minimum, soit augmenter à minima tous le enseignants+les chercheurs de 70%, après on peut s'aligner sur le luxembourg aussi soit dans ce cas augmenter de 250%
    A méditer donc

  14. #54
    Membre chevronné
    Comme dit en fin d'article, le rapport de Villani n'est qu'un ensemble de propositions, bonnes ou mauvaises(1). Entendons donc d'en voir la réalisation, si réalisation il y a. Toutefois, un point, et pas des moindres, m'a bien fait tiqué.

    Citation Envoyé par Michael Guilloux Voir le message
    [...]

    Le mathématicien et député LREM reconnait qu' « il est illusoire de penser rivaliser financièrement avec les offres des GAFAM », mais pense qu'un « doublement des salaires en début de carrière est un point de départ minimal indispensable » pour éviter de « voir se tarir définitivement le flux de jeunes prêts à s’investir dans l’enseignement supérieur et la recherche académique. » Il est par ailleurs nécessaire, selon lui, de renforcer l’attractivité de la France pour les talents expatriés ou étrangers, notamment avec des incitations financières. [...]
    Dire qu'il faudrait doubler les salaires en début carrière et attirer les talents "expatriés"(2) et étrangers via les incitations financières est une chose, mais trouver les entreprises, investisseurs et consorts qui acceptent de réaliser cette proposition en est une autre; je pense même que cela relève de la fiction.

    (1) Il faudrait que je me penche un plus sur la question pour pouvoir en juger, mais vu que je suis de facto en vacances dès ce soir...
    (2) Généralement, ce n'est pas de l'expatriation mais de l'émigration économique; et oui! je suis un émigré!
    De retour, plus sportif mais toujours aussi moche.
    _____________
    Pro: Programmation en C/C++ (embarqué ou non)
    Loisir: Programmation en C++11/14/17 avec la STL ou Qt 5

  15. #55
    Membre extrêmement actif
    Ce rapport à le mérite d'exister mais force est de constater que M. Cédric Villani est resté trop longtemps dans le monde académique et n'a jamais vraiment été confronté aux lois du marché.

    Il suffit de lire les quelques exemples présentés pour constater que les propositions de M. Villani sont pleines de bonnes intentions mais ne sont applicables que dans le monde merveilleux des Bisounours!

    1. Il faut mutualiser les données? A c'est sûr que je connais des entités comme les assurances vies ou les mutuelles de santé qui seront très intéressées à connaître par le détail les dossiers patients de leur assurés! Certains diront "Pas de problèmes, les données seront anonymisées"... Ce qui n'empêchera pas ces entités de profiter de la situation au détriment de leur clientèle en ayant même que des tendances statistiques. D'autres entreprises voudront garder leur données pour préserver leur compétitivité face à leur concurrents.

    2. On ne force pas les gens à suivre un cursus qui ne les intéressent pas et on ne peut pas empêcher les gens d'aller bosser au plus offrant. Il suffit d'ailleurs de voir le cas des développeurs ou illustrateurs actifs dan le jeu video: Tous les profils de bons niveaux finissent en Amérique de Nord! On va doubler les salaires? 2 fois le smic au lieu d'un sympathique salaire de 5 à 6'000 dollar avec la plage et le soleil californien en bonus? C'est vrai qu'il n'y a pas photo, cela va faire envie de rester dans les brumes hexagonales

    En réalité, il y a belle lurette que l'Europe est totalement larguée au niveau des technologies numériques (il n'y a pas une seule entreprise européenne leader de quoique ce soit et quand une startup européenne semble avoir un futur intéressant, elle est immédiatement rachetée par un des gros acteurs du numérique US). Quand du points de vue des technologies numériques, tu en es au niveau de l'homme de Neandertal, ce n'est pas un rapport de 235 pages qui va te transformer en homme du futur.

    En réalité, l'Europe a déjà perdu la course il y a plus de 20 ans. Et aujourd'hui, il n'y a plus seulement les USA pour lui faire de l'ombre, il y a la Chine!

  16. #56
    Expert confirmé
    Lorsque des acteurs d'outre-atlantique vous courtisent avec prime mirobolante à la signature et un salaire qu'aucune entreprise européenne peut accorder (50k€ en France en moyenne, 130k€ aux Etats-Unis ) le tout agrémenté de la meilleure assurance santé mondiale, de primes lors de mise au point de brevets, doubler les salaires sera bien insuffisant pour garder longtemps les cerveaux même s'il s'agit d'une bonne piste à suivre. De plus, vous refusez une fois, ils reviennent à la charge. Vous refusez deux fois, ça ne les décourage pas et au final ils vous accordent le moindre de vos désirs.

    On finit par céder bien que l'on aime son pays maternel. Yann Lecun en est une illustration parfaite. Mais combien finissent par suivre le même chemin ? Google, Samsung et Fujitsu vont ouvrir ou agrandir des centres de recherche en IA en France. Pour ceux qui auront la chance d'y travailler, ils verront la différence avec les entreprises françaises au niveau rémunération et conditions de travail : tout est fait pour placer le chercheur dans les meilleurs conditions. Le CNRS et l'INRIA dont la réputation dépasse nos frontières pourraient y perdre des ressources.

    Le gouvernement va investir 1,5 milliards dans le secteur. Goutte d'eau dans l'océan. Même si les petites rivières font les grands fleuves, et là je me tourne vers les entreprises, combien sont elles prêtes à investir, pas uniquement au niveau financier mais aussi en temps accordé au collaborateur pour faire correctement son travail ?
    Repeat after me
    Le monsieur lutte pour la défense des libertés individuelles et collectives

    Repeat after me...

  17. #57
    Membre éprouvé
    J'ai travaillé 14 ans au CNRS en tant que fonctionnaire, ce qui en passant n'est même pas suffisant pour réclamer une pension d'état. J'ai décidé de démissionner en 2006 lorsque je me suis aperçu que le livreur de la bouffe de la cantine gagnait plus que moi.

    Du coup j'ai triplé mon salaire, j'ai un budget annuel à gérer d'environ 500k€ sans avoir un panier de crabes autour de moi et ma future retraite sera à des années lumières de ce que j'aurais pu espérer avec une carrière complète en France. Même si le patriotisme reste je n'ai aucune envie de rentrer ...
    Ceux qui abandonnent une liberté essentielle pour une sécurité minime et temporaire ne méritent ni la liberté ni la sécurité.
    Benjamin Franklin

  18. #58
    Membre éclairé
    +1 Exact le public ne paye pas, à niveau égal y a un écart énorme mais ça les français de base de le comprennent pas. Si t'as 2900 euros à 45ans ils disent que c'est super. Sauf que certains ont déjà ça avant 30ans dans le prié (ps tous certes).

  19. #59
    Chroniqueur Actualités

    Macron veut investir 1,5 milliard d’euros dans l'intelligence artificielle
    Macron veut investir 1,5 milliard d’euros dans l'intelligence artificielle
    mais exclut l'idée de doubler les salaires suggérée par Cédric Villani

    Après la publication du rapport de Cédric Villani mercredi, Emmanuel Macron a levé hier le voile sur sa stratégie pour faire de la France l'un des leaders mondiaux de l'intelligence artificielle. Il s'inspire, sinon valide les grandes idées proposées par le député LREM, à quelques changements près.

    Le président français se montre en effet plus réaliste que le mathématicien Cédric Villani et exclut l'idée de doubler les salaires des talents de l'IA. Le doublement des salaires en début de carrière dans l'IA, pour Cédric Villani, était pourtant un « minimum indispensable » pour endiguer la fuite des cerveaux. Mais Macron préfère plutôt s'inspirer d'autres propositions faites par le député. Pour empêcher les chercheurs et ingénieurs français en IA d'aller dans les bras des géants de la Silicon Valley, il compte par exemple lancer un « programme national », coordonné par l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA). L’objectif de ce programme sera de faire émerger « un réseau d’instituts dédiés localisés dans quatre ou cinq endroits en France », accompagné par un programme de chaires individuelles, afin « d’attirer les meilleurs chercheurs mondiaux et de doubler les capacités de formation en IA ».

    Macron a toutefois annoncé le déblocage d'une enveloppe de 1,5 milliard d'euros jusqu'en 2022 pour soutenir le développement et la recherche en IA en France. Dans ce fonds, un montant de 400 millions d’euros sera utilisé pour des « appels à projets et de défis d’innovation de rupture », a-t-il annoncé jeudi après-midi au Collège de France. Ces fonds seront issus de redéploiements budgétaires, de fonds publics existants et du nouveau fonds pour l’innovation de 10 milliards d’euros, censés produire 260 millions d’euros de ressources publiques par an. Une enveloppe de 100 millions d’euros et de 70 millions d’euros les années suivantes sera consacrée à l’amorçage de start-up dans l’intelligence artificielle et la deep tech.

    Emmanuel Macron compte aussi « augmenter la porosité entre la recherche publique et le monde industriel ». Ainsi, les chercheurs français pourront à terme consacrer 50 % de leur temps à un groupe privé. Aujourd'hui, ils ne peuvent pas consacrer plus de 20 % de leur temps à une entité privée. Si cette mesure peut faciliter le transfert de connaissances entre la recherche publique et le monde industriel, elle pourrait notamment permettre d'augmenter un peu les rémunérations des chercheurs dans le public.

    Le président français adhère aussi à l'idée de Cédric Villani en ce qui concerne l’ouverture de certaines données d’intérêt général. La politique en matière d’ouverture des données sera donc étendue pour rendre un plus grand nombre de bases de données publiques accessibles. Il souhaite toutefois que la France ne se disperse pas, et concentre ses forces dans les domaines où elle dispose déjà d'une grande quantité de données. Macron a donc décidé de mettre l'accent sur la santé, où l'Hexagone possède, selon lui, un avantage lié à la centralisation de ses bases de données. L'Élysée a donc annoncé la création d'un « Health Data Hub » qui « pilotera l'enrichissement continu et la valorisation du système national des données de santé, pour y inclure à terme l'ensemble des données remboursées par l'assurance-maladie, les données cliniques des hôpitaux, des données de la médecine de ville...»

    Ces données seront ouvertes aux acteurs de l'IA dans un cadre sécurisé et garantissant la confidentialité pour, comme l'espère Emmanuel Macron, développer des « innovations majeures », comme l'amélioration du traitement des tumeurs cancéreuses, ou la détection des arythmies cardiaques ; et permettre à l'État de faire d'importantes économies.

    Emmanuel Macron a également insisté sur les enjeux sociaux, éthiques et démocratiques liés à l'essor de l'IA. Il pense que les États doivent s'interroger sur valeurs que l'IA doit servir, afin de tracer des lignes rouges. Pour cela, il souhaite notamment lancer une réflexion mondiale sur « le contrôle et la certification » des algorithmes. Il a donc appelé à la création d'un groupe d'experts intergouvernemental qui sera chargé de mener une réflexion prospective sur les impacts éthiques de l'IA.

    Une stratégie IA accompagnée par les géants de la technologie

    La France a à peine déballé sa stratégie que les géants de la technologie semblent déjà la trouver comme un endroit propice à leurs investissements. Facebook, Google, Samsung, IBM, Fujitsu, Microsoft ont déjà annoncé de nouveaux investissements en IA dans l'Hexagone.

    Au mois de janvier, Facebook a annoncé un investissement de 10 millions d'euros dans l'IA, et noué un partenariat avec Pôle Emploi, pour former 50 000 chômeurs au numérique d'ici 2019. À l’occasion du lancement de la stratégie nationale sur l’intelligence artificielle, IBM a également annoncé jeudi un plan d’investissements en France dans ce domaine. Big Blue veut notamment recruter 400 experts d'intelligence artificielle dans l'Hexagone d'ici deux ans. Du côté de Google, il y a deux annonces. Google France a décidé d'apporter un soutien financier à l’École polytechnique pour lancer en septembre une chaire internationale dédiée à l’intelligence artificielle. En plus de cela, on notera l'arrivée prochaine à Paris de DeepMind, la filiale de Google spécialisée en machine learning. Le Français Rémi Munos, l’un des principaux chercheurs de DeepMind et auteur de 150 articles scientifiques, fera ainsi son retour dans son pays, pour diriger le nouveau laboratoire de la filiale de Google.

    Le géant sud-coréen Samsung a également choisi la France pour implanter son nouveau centre de recherche sur l'intelligence artificielle, ce qui va permettre de créer plus de 100 emplois ; une nouvelle dont s'est réjoui Emmanuel Macron sur Twitter.


    Mais ce n'est pas tout. Fujitsu a également décidé d'étendre ses activités de recherche en IA en France. Et pendant ce temps, Microsoft investit 30 millions de dollars sur trois ans en France afin de développer une « IA de confiance » dans l'Hexagone. La firme de Redmond annonce en effet la création d’Impact IA, « un collectif de réflexion et d’action », et le lancement de Compétences IA, « un programme national fondé sur l’acquisition de compétences autour de l’IA, du cloud et du code pour tous. » D'après Reuters, l’objectif de Microsoft, d'ici trois ans, est de sensibiliser et former 400 000 personnes, tous profils confondus, avec, à la clé, la création de 3000 nouveaux emplois au sein de l’écosystème numérique français. « Nous sommes convaincus que la France dispose d’atouts majeurs pour contribuer activement et positivement au développement de technologies de l’intelligence artificielle dans le respect et l’intérêt de l’Humain », a expliqué Carlo Purassanta, président de Microsoft France dans un communiqué.

    Sources : Le Parisien, La Tribune, Le Monde, Reuters (Annonce Microsoft), Reuters (Annonce Google), Blog DeepMind, Communiqué de Fujitsu

    Et vous ?

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    Êtes-vous déçu du rejet de l'idée de doubler les salaires en début de carrière dans l'IA ?
    Comment accueillez-vous les annonces des géants de la technologie ?
    Avec ces investissements, vous attendez-vous à un chômage tendant vers zéro dans le numérique dans quelques années ?
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  20. #60
    Membre du Club
    Oui enfin, on auras beau investir un paquet d'argent dans ce domaine, si au final les chercheurs ne sont pas aussi bien rémunérés qu'ailleurs, ils partirons. Pourquoi resteraient il ? On manque d'expert IA un peu partout dans le monde, et ils détiennent donc de rares compétences. Autant aller la ou les salaire sont plus avantageux. La reconnaissance des domaines techniques tel que le numérique est de manière générale assez basse en France, comparé à ailleurs.

    Je vois bien qu'il y a de l'idée (pour une fois...), mais on est encore loin de faire ce qu'il faut pour empêcher cette "fuite des cerveaux".