Les musulmans du Xinjang en Chine forcés par le gouvernement à installer l’application Jinwang
Un spyware censé détecter des contenus terroristes

Les Ouïghours, peuple turcophone et musulman sunnite, habitants de la province du Xinjang dans le nord-ouest de la Chine, ont reçu un avis des autorités leur ordonnant d’installer une application de surveillance sur leurs smartphones. Les contrevenants à cette nouvelle mesure du gouvernement s’exposent à une dizaine de jours de détention.

L’avis, rédigé en mandarin et en Ouïghour, a été transmis via le service de messagerie WeChat. Il s’agit d’une invite à scanner un QR code pour installer une application Android dénommée Jinwang. L’application serait conçue pour « détecter automatiquement les vidéos, images, livres et documents électroniques à caractère religieux stockés sur le smartphone », d’après des explications du gouvernement.

Jinwang scanne l’empreinte numérique – MD5 – des fichiers présents sur le smartphone et les compare à la base de données du gouvernement qui répertorie tous les contenus qui font l’apologie du terrorisme. Les identifiants WeChat et Weibo, l’IMEI du smartphone, les données de la SIM et des connexions Wifi sont également collectées par l’application.

Dans le cas où des contenus « illégaux » sont détectés, les possesseurs de smartphones fichés sont sommés de les supprimer. Ceux dont les smartphones seront trouvés sans l’application (dans le cadre de futures descentes inopinées des autorités de police) s’exposent à dix jours de détention, d’après ce que rapportent des internautes.

Il ne s’agit cependant pas du premier coup des autorités chinoises en matière de surveillance dans cette région. Le cas des Ouïghours fait suite à celui des populations d’Urumqi, la capitale de cette dernière. En mars, des étudiantes en soins infirmiers ont reçu la visite des autorités de police de la ville venues échanger à propos d’une application destinée à leur signaler des comportements suspects.

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Dans les deux cas de figure mentionnés, il y a une espèce de « collaboration » entre les autorités et les administrés. Mais le gouvernement chinois a déjà démontré sa capacité à faire sans les populations lorsqu’il s’agit d’aller à la chasse de contenus qu’il juge non conformes. Le cas tout récent de personnes dans l’impossibilité d’envoyer à leurs correspondants une photo de Liu Xiaobo, un militant des droits de l’homme récemment décédé, l’illustre à souhait.

Source : Mashable

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