Économie des données : les données seraient la ressource la plus précieuse au monde et non le pétrole,
une nouvelle approche des règles antitrust s'impose ?

Nom : 20170506_LDD001_0.jpg
Affichages : 3552
Taille : 119,1 Ko

De nos jours, force est de constater que les données occupent une place très importante dans nos activités de tous les jours et deviennent de véritables vecteurs de croissance. En effet, ces données sont aujourd'hui créées, partagées, analysées et exploitées par les êtres humains qui arrivent par la suite à mettre en place ou créer des produits dérivés à l'instar de l'information et l'intelligence artificielle. Toutes ces avancées sont la résultante du développement du numérique et l'accroissement exponentiel des ordinateurs, des smartphones, des tablettes, des objets connectés, etc. qui actuellement engendrent de très grandes quantités de données. « Les téléphones intelligents et Internet ont rendu les données abondantes, omniprésentes et beaucoup plus précieuses », a affirmé l'éditeur The Economist.

Le constat ci-dessus montre que l'exploitation des données est devenue une nouvelle marchandise, et par conséquent une industrie lucrative qui croît à une vitesse extrêmement rapide. En comparaison au pétrole qui occupait une place très importante depuis maintenant un siècle, les données sont aujourd'hui considérées par certains analystes comme la ressource la plus précieuse au monde.

The Economist soutient que l'abondance des données modifie la nature de la concurrence. « Les géants de la technologie ont toujours bénéficié des effets de réseau : par exemple plus le nombre d'utilisateurs enregistrés par Facebook comme inscrits augmente, plus l'inscription devient plus attrayante pour les autres. Avec les données, il existe des effets de réseau supplémentaires. En collectant plus de données, une entreprise a plus de possibilités d'améliorer ses produits, ce qui lui permet d'attirer plus d'utilisateurs et de générer encore plus de données », a ajouté l'éditeur.

Selon les analystes, il devient indispensable de mettre en place une nouvelle approche des règles antitrust dans le domaine de l'économie des données, cela en se basant sur les règles anticoncurrentielles précédemment édictées par les organismes en charge de la réglementation dans le secteur du pétrole. Pour appuyer cet argument, l'éditeur The Economist nous rapporte qu'aujourd'hui, les cinq sociétés cotées les plus précieuses et qui exploitent des données en l'occurrence Alphabet (société mère de Google), Amazon, Apple, Microsoft et Facebook semblent être incontournables. Pour preuve, actuellement peu de personnes seraient prêtes à vivre sans le moteur de recherche Google ; à cela s'ajoutent par exemple les services de livraison fournis par Amazon et la consultation quotidienne des fils d'actualités sur la plateforme Facebook.

D'après l'éditeur The Economist, ces cinq grands de l'informatique et de l'Internet, qui traitent des données (considérées comme le pétrole de l'ère numérique), ont réalisé globalement un bénéfice net de plus de 25 milliards de dollars au premier trimestre de l'année 2017. The Economist ajoute qu'en Amérique, c'est la société Amazon qui s'est taillé la moitié de toutes les dépenses effectuées par les internautes via des achats en ligne. Au même moment, la quasi-totalité des revenues publicitaires dans le domaine du numérique aurait été générée par Google et Facebook.

Cette domination de l'économie des données par les cinq leaders du numérique cités précédemment aurait poussé plusieurs analystes à se prononcer sur la nécessité de mettre en place une nouvelle approche des règles antitrust. En effet, ces géants de la technologie disposent aujourd'hui d'un énorme pouvoir à cause du contrôle des données qu'ils exercent sur Internet. Selon The Economist, les systèmes de surveillance des géants couvrent toute l'économie : Google peut voir ce que les gens cherchent, Facebook ce qu'ils partagent, Amazon ce qu'ils achètent.

« Les anciennes règles relatives à la réglementation de la concurrence et mises en place à l'ère du pétrole semblent être obsolètes dans ce que l'on appelle l'économie des données », déclare The Economist. D'où l'importance d'une nouvelle réforme, surtout avec l'émergence des initiés à l'instar de Snapchat qui veulent également se frayer un chemin. Des analystes seraient même allés jusqu'à considérer que l'achat de l'application de messagerie instantanée WhatsApp par Facebook en 2014 pour la somme de 22 milliards de dollars vise à éliminer les potentiels concurrents.

« La différence entre le pétrole et la data est que la production de pétrole n’engendre pas davantage de pétrole, tandis que la production de données générera encore plus de données, par exemple sous la forme de métadonnées », aurait déclaré en 2016 Piero Scaruffi, expert en sciences cognitives.

Source : The Economist

Et vous ?

Pensez-vous que les données sont aujourd'hui la ressource la plus précieuse au monde ?

Êtes-vous pour une nouvelle approche des règles antitrust ?