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L'ingé n'y rit

[Actualité] Du baratin des recruteurs et de ce qu'en pensent les recrutés

Note : 8 votes pour une moyenne de 4,88.
par , 21/09/2015 à 11h00 (5292 Affichages)
Cela fait bien longtemps que nous sommes familiarisés avec un certain jargon en vigueur dans nos entreprises, fait de néologismes et d’anglicismes plus ou moins appropriés et plus ou moins dénués de sens.

On lui donne de nombreuses appellations : jargon professionnel, novlangue, bullshit, autre…

On ne l’aime pas trop et on s’en plaint parfois. On le raille aussi comme dans cet hilarant billet du site satirique, le Gorafi, et dans de nombreux repaires d’informaticiens à l’humour caustique comme les forums de Developpez.com. Mais, bon gré, mal gré, on fait avec et on l’a plus ou moins adopté. Après tout, les informaticiens sont habitués à travailler principalement en anglais et puis, à Rome, fais comme les Romains. Quand on se trouve dans une réunion avec des clients ou nos managers, il faut bien s’efforcer de parler la même langue qu’eux. Surtout si on veut demander une augmentation conséquente pour en obtenir une petite en fin d’année.

Jusqu’ici, ça ne dérangeait pas notre travail plus que cela et c’était une source d’inspiration humoristique appréciable pendant les pauses café.

Mais dernièrement, amis informaticiens, j’ai été amené à m’interroger et à vouloir recueillir votre sentiment à ce sujet. Je vous raconte simplement mon dernier entretien dans une SSII dont je tairai le nom ici pour des raisons évidentes. Vous me direz si vous avez des expériences similaires et ce que cela vous inspire.

Pour commencer, je reçois un email qui n’a ni queue ni tête d’une chargée de recrutement qui l’a probablement copié-collé sans le lire. Commençons par décortiquer un peu le message en question.

Cette personne, que nous appellerons Mademoiselle à partir de maintenant, se présente comme « Talent Officer ». Ça commence bien.
Si l’utilité du deuxième mot de ce titre, « Officer », est particulièrement évidente: caresser Mademoiselle dans le sens du poil et éviter de la voir réclamer une rémunération décente puisque l’on a déjà eu l’obligeance de lui offrir un titre ronflant sur sa carte de visite et un statut social valable entre La Défense et Issy-les-Moulineaux, le message porté par le premier mot « Talent » est un peu plus flou.

On subodore que l’utilisation de ce mot est destinée à faire comprendre d’entrée de jeu à l’inconnu auquel elle s’adresse à quel point son immense talent est désiré. C’est quand même un « Officer » qui prend la peine de vous écrire directement, à vous, le « Talent » potentiel. Peut-être un Officer stagiaire mais tout de même, quelle chance vous avez.
La suite de son texte m’amènera à me demander si elle a été recrutée elle-même par un Mediocrity Officer mais comme en plus de son sens premier, Talent signifie « beau gosse » en argot anglais, je le prends pour moi, m’accrochant à l’espoir de décrocher un rencard en même temps qu’un entretien et poursuis ma lecture. Attention les yeux !

Quand je reçois un email de quelqu’un que je ne connais pas, j’aime bien savoir comment les gens ont obtenu mes coordonnées et pourquoi ils me contactent. Par chance, c’est exactement ce dont m’informe la première phrase. Elle me contacte car elle a « vu que j’étais actif sur la toile, notamment sur Twitter ». Après un instant de panique, je me dépêche d’aller vérifier mon compte Twitter au cas où celui-ci aurait été piraté. Ouf ! C’est bien le mien tel que je l’ai laissé lors de ma dernière connexion. Moins de 10 tweets en 1 an, la plupart n’ayant rien à voir avec mon activité professionnelle. Qu’est-ce qu’elle a bien pu vouloir dire par « actif sur Twitter » ? Le mystère reste entier. Dans tous les cas, en raison de ma grande activité sur Twitter, elle « serait ravie d’échanger avec moi pour discuter de mes souhaits professionnels et des valeurs importantes pour moi ». Je ne vois pas vraiment ce que les valeurs importantes pour moi peuvent bien lui faire mais j’ai du temps libre actuellement et je suis toujours ouvert à la discussion alors pourquoi pas. Échangeons donc, Mademoiselle.

Après cette mise en bouche savoureuse qui me fait me demander si elle ne s’est pas trompée de destinataire en envoyant son email, Mademoiselle souhaitait sans doute me donner plus d’informations au sujet de sa société. Elle m’informe donc que la société a un motto, l’« Agile Driving Force » ! Bon sang de bon sang de bonsoir, me dis-je, ça a l’air surpuissant ça, l’Agile Driving Force ! Il y a même des majuscules dedans ! Mais qu’est-ce que ça peut bien être ? D’explication je n’aurai point. Merci bien pour l’info Mademoiselle. Ça me fait une belle jambe. Dieu sait que j’ai une vraie passion pour les belles jambes mais quand même, j’aurais bien voulu en savoir plus.

Deuxième précieuse information sur sa société, ils ont « pour vocation de contribuer à l'émergence de nouveaux concepts et modèles ou de nouveaux "ways to think" au sein de leur communauté ». Ben dis-donc. Moi qui pensais naïvement que les sociétés de services en informatique avaient pour vocation de gagner de l’argent en plaçant des consultants chez des clients. J’en tombe des nues ! Ce n’est pas une SSII, c’est un café-philo en fait ? Là encore, point d’explication à venir. Je me fais violence pour résister à l’envie pressante de lui demander ce qui la pousse à écrire « ways to think » au lieu de « façons de penser » au milieu d’un email en français et reprends l’exploration de cet email venu de l’espace, assurément avec des intentions hostiles.

La suite m’informe que ces messieurs dames souhaitent mener à bien leur mission de café-philo avec un profil tel que le mien car leur société, c’est « avant tout partager un mindset Agile et entrepreneurial avec des personnalités différentes, un peu folles qui ont, comme nous, l'envie de contribuer à enrichir le futur. ». Je passe sur le « mindset Agile et entrepreneurial » qu’ils seraient bien en peine de définir si quelqu’un prenait la peine de leur demander d’expliciter leurs élucubrations pour m’arrêter sur les « personnalités un peu folles ». Je me frotte les yeux. Est-ce que Mademoiselle se rend compte que non-contente de prétendre avoir la moindre connaissance de la personnalité de tous les inconnus auxquels elle envoie son message type, elle les traite littéralement de fous ?

Pour conclure son message, elle me « laisse découvrir plus avant sa société » en suivant un lien vers leur site. Cliquer ou pas ? Je me sens comme devant la boîte de Pandore.

En dépit de tout le désespoir que m’inspire cet email, je suis tout de même à la recherche d’une mission et prends mon courage à deux mains pour envoyer à Mademoiselle une réponse succincte dans laquelle j’évite de faire allusion à tout ce qu’il y avait d’incompréhensible dans son message, c’est à dire à tout.

Je lui envoie quelque chose comme « Je travaille en indépendant. Si vous souhaitez faire appel à mes services, n’hésitez pas à me recontacter. Merci. Gros bisous. » Mais sans écrire « Gros bisous », même si c’était tentant.

Mademoiselle me fait savoir quelques heures plus tard que « son DRH souhaite me rencontrer ». Je ne sais pas pourquoi il veut me rencontrer mais je décide d’accepter puisque j’ai du temps à perdre et nous fixons un rendez-vous.

A ce stade de l’échange, je me dis pour me rassurer que l’épreuve de l’email était sans doute due à la jeunesse de Mademoiselle et qu’elle prendra certainement conscience de l’importance pour un texte d’avoir du sens avec le temps. L’entretien avec le DRH s’avérera assurément plus constructif pensai-je. Je ne fus pas déçu.

Je me retrouve dans une pièce avec un jeune homme qui a autant l’air d’être DRH d’une société de plus de 100 personnes que j’ai l’air d’être la Reine Victoria. Ok Steve Jobs privilégiait le col roulé au costard-cravate et nous vivons à une époque dans laquelle des êtres humains pensent sincèrement qu’un pantalon slim leur va bien, mais tout de même. Ça doit participer de l’Agile Driving Force à la recherche d’une nouvelle « way to think » me dis-je.

Ce monsieur souhaite connaitre mon parcours, ma situation professionnelle et ce que je recherche actuellement. Je lui demande de commencer par m’en dire un peu plus sur ce que je fais là et sa société puisque jusqu’à présent, la seule information dont je dispose est que « le DRH de Mademoiselle souhaite me rencontrer » et c’est un peu court jeune homme nan mais ho.
Il s’exécute et c’est parti pour 15 minutes ! Sans rire. 15 minutes d’à peu près tout ce que j’avais trouvé dans l’email de Mademoiselle en bien pire. De l’« Agile Driving Force » à l’« entreprise libérée » en passant par les relations win-win, l’agilité et l’innovation à tous les étages, l’entrepreneuriat de tous à tous les instants, les employés qui, non contents d’être devenus des « collaborateurs » dans la plupart des sociétés sont maintenant des « coopérateurs » et le reste. Tout ce que l’on peut imaginer comme mots-clefs à la mode y est passé en 15 minutes, le tout fourré dans des phrases toutes faites dénuées de sens à moitié en français, à moitié en anglais, qui me rentraient par une oreille pour ressortir instantanément par l’autre. 15 minutes de poker face à me retenir de rire et de pleurer simultanément en acquiesçant simplement à toutes les âneries que j’entendais. « Oh oui oui dis donc, ça a l’air formidable tout ça. » Et sinon vous avez du boulot pour moi oui ou merde ? - pensais-je en mon for intérieur.

Vient mon tour de parler pour expliquer à ce monsieur ce que j’ai fait et ce que je souhaite faire. 45 secondes plus tard, l’entretien est terminé. Manifestement, il se fout complètement de ce qu’il m’a lui-même demandé de raconter. Je suis compétent, d’après mon CV, sur une technologie pour laquelle il a des demandes chez des clients, une commerciale me téléphonera au plus vite.
Nous nous serrons la main et à bientôt, merci beaucoup.

J’arrête le récit ici car je suppose que cela suffit largement à vous montrer le type de recrutement auquel j’ai été confronté dans cet exemple.

Et vous ?

Qu’en pensez-vous amis informaticiens ? Avez-vous des expériences similaires ? Qu’est ce qui a pu se passer dans les entreprises pour que ce baratin de tous les instants devienne la norme ? Est-ce que ces gens sont fous ? Inconscients ? Est-ce qu’ils nous prennent pour des idiots ou est-ce qu’ils ne se rendent vraiment pas compte de ce qu’ils disent ?

J’aimerais beaucoup avoir vos retours. A vos claviers !

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Mis à jour 21/09/2015 à 14h54 par Michael Guilloux

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Commentaires

Page 1 sur 2 12 DernièreDernière
  1. Avatar de dfiad77pro
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    En fait,
    y'a pas vraiment besoin de comprendre tout le baratin, il suffit d'écouter le salaire à la fin.

    Généralement on ne recrute pas un talent pour 25K fixe avec 15 K variables dont on ne verra jamais la couleur.

    Cela dit moi ça m'amuse et je fait des entretiens de temps en temps pour me former et remplir mon carnet de blagues.
    Cela dit des fois on tombe sur des personnes constructives.

    Mais le plus souvent ont tombe sur des jeunes style 'BG' pré-pubères qui pourrait être mes fils (et j'ai 'que' 27 ans)
  2. Avatar de Pierre Louis Chevalier
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    Certaines sociétés ou startup ont du mal à recruter les équipes utiles à leur projets. Pas facile aussi de faire de la surenchère parce que chaque euro dépensé sur un salaire va donner lieu à la même somme voir bien plus dépensée en frais et charges, et pas que l'Ursaff : formation, bureaux, prudhommes, ...
    Donc pour recruter, raconter n'importe quoi pour essayer d'hypnotiser les candidats. Avec du bol ca peut marcher sur un jeune diplomé, sur un expérimenté plus de chances que ça tombe à plat, au pire ça fera rire .
  3. Avatar de Traroth2
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    C'est un peu exagéré, mais c'est bien l'esprit.

    Dans toutes les SSII où j'ai eu l'occasion de passer un entretien, ils m'ont dit qu'ils n'étaient "pas une SSII comme les autres". Ca m'a toujours fait bien rigoler...
  4. Avatar de AoCannaille
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    Citation Envoyé par Traroth2
    C'est un peu exagéré, mais c'est bien l'esprit.

    Dans toutes les SSII où j'ai eu l'occasion de passer un entretien, ils m'ont dit qu'ils n'étaient "pas une SSII comme les autres". Ca m'a toujours fait bien rigoler...
    Yep, exactement pareil, Toute sont "proche du consultant", "Ne rechignent pas pour faire des formations", "Le suivi de carrière est fait de façon consciensieuse par un commercial qui gère peu de consultant"...

    Au final, pour choisir ma SSII, dont le concept me plait bien vu que je n'ai pas choisi encore ni le secteur dans lequel je veux travailler le reste de ma vie, ni les techno, je me suis dit : "Ellles sont toutes pourries, comme les politique, je prend celle qui a le plus à m'offrir en terme d'opportunité et en mobilité interne".

    Pour l'instant j'en suis content, mais bon, il parait que le fait de se plaire dans un SSII dépend beaucoup plus du commercial que de la boite
  5. Avatar de Mingolito
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    C'est vrai qu'on s'en fou de leur baratin à la noix, ce qu'on veux savoir c'est si on sera payé une tonne, pouvoir avoir un bureau dos au mur pour faire croire qu'on travaille alors qu'on est en train de mater des sites de cul ou de foot, savoir s'il y à de jolies secrétaires célibataires, un CEE pour avoir des vacances gratos dans des châteaux classés comme à l'EDF, si on mange bien à la cantine, et si le chef de projet est cool et pas trop chiant, bref une bonne poire qui nous laissera glander bien tranquillement, jusqu'à ce que tous le budget de levé de fonds de la statup ait été dépensé pour rien, après il y à plus qu'à trouver une autre startup .
  6. Avatar de laerne
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    Citation Envoyé par Traroth2
    Dans toutes les SSII où j'ai eu l'occasion de passer un entretien, ils m'ont dit qu'ils n'étaient "pas une SSII comme les autres". Ca m'a toujours fait bien rigoler...
    Et pour reprendre une expression anglaise qui, elle, a du sens... "Show, don't tell!"
  7. Avatar de CodeurPlusPlus
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    [QUOTE]Il s’exécute et c’est parti pour 15 minutes ! Sans rire. 15 minutes d’à peu près tout ce que j’avais trouvé dans l’email de Mademoiselle en bien pire.[/QUOTE]

    Quinze minutes ? Insupportable. Je l'aurais fait taire au bout de deux minutes en lui expliquant ce qu'est l'informatique. Non, l'informatique c'est trop fort pour ce genre d'individu. Je lui aurais juste expliqué ce que signifie "travailler", parce que baratiner des conneries sans fond toute la journée, même si elles sont "Agile-Minded-De-Mes-Couilles", ce n'est pas un vrai métier.
  8. Avatar de Bono_BX
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    Il y a quelques mois, j'ai été contacté par une SSII (je tais son nom, mais si vous voulez le connaître, contactez moi en MP car il faut l'éviter vu la pratique). Elle a une mission en .NET (ma spécialité) à me proposer. La recruteuse m'explique qu'ils sont à fond Microsoft, que c'est l'avenir, qu'ils sont de vrais experts dans ce domaine ...
    J'arrive à l'entretien. Salle d'attente : les murs sont tapissés de quelques certifications et de beaucoup de posters ... JAVA et Oracle ... là, déjà, je sens l'arnaque.
    Au cours de l'entretien, je pose carrément la question : étonné par ce que j'ai vu, quelle est la proportion de développement JAVA et .NET ? Première réponse : 50/50.
    Elle me décrit les projets, et forcément, je demande en quelle techno ils sont fait : JAVA, PHP, Python ... et .NET ? Ben en fait ... il y en a bien un, oui ... mais les consultants ne doivent pas rester sur une technologie, vous comprenez, ils doivent être polyvalent ...

    J'ai écourté l'entretien, et quelques jours plus tard j'ai reçu un appel sur mon répondeur me disant que mon profil est intéressant mais qu'ils recherchent quelqu'un de plus "back" que "front" (alors que je suis beaucoup plus "back" => excuse bidon). Je n'ai même pas pris la peine de rappeler.
  9. Avatar de LSMetag
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    En ce qui me concerne j'ai souvent pu me confronter aux SSII alors je connais un peu.

    Des SSII usant et abusant d'anglicismes, en plus de me donner envie de rire, ça me mettais mal à l'aise (on n'est pas dans le même monde (je déteste déjà le mot "business")). Je sentais le truc appris par coeur, pas forcément compris par le locuteur, destiné à embobiner le pauvre quidam nécessiteux n'ayant pas encore trouvé son porche à bétail.

    Evidemment, la plupart du temps, quasiment toutes les SSII disent d'abord qu'elles ne sont pas des SSII comme les autres en se justifiant avec des arguments (mensongers) déjà entendus dans d'autres SSII "comme les autres". Et aussi, au téléphone c'est "Venez tout de suite" ou "Reportez votre autre rendez-vous". On voit déjà le niveau de respect qui est accordé au futur "collaborateur".

    J'ai aussi connu des SSII à qui j'ai demandé s'il y avait des possibilités de formation => "vous apprendrez sur le terrain". Est-ce pratique de vendre à un client (sans bidonner le CV) une personne qui doit "apprendre sur le terrain" ?
    Je ne critique pas le fait d'apprendre en faisant chez le client (c'est souvent comme ça), mais le fait qu'on nous dit implicitement : "C'est pas notre problème. Quand on vous aura placé on vous aura déjà oublié (si tant est qu'on ai fait l'effort de vous connaître un peu) et on aura nos sous."

    Dans une autre, j'ai rencontré directement le directeur qui m'a demandé de refaire mon CV sur papier avec un stylo, voire même une autre où le directeur m'a donné un contrat de 5 lignes après 5 minutes d'entretien.

    D'autres te mettent dans un bureau, te font directement passer un test (psycho)technique et te disent ensuite : "revenez plus tard pour l'entretien". Dans ces tests techniques on te demande parfois "quel est le nom de telle méthode de tel langage pour faire telle tâche", alors que tu le trouves en 10s grâce à google ou l'autocomplétion. Ou encore ce que c'est que le "polymorphisme" alors que tu le pratiques tous les jours sans en connaître le nom.

    Le meilleur a été une société qui m'a fait passer un test psychotechnique (avec le dernier exercice prenant les 3/4 des points). J'avais à peine atteint le dernier excercice qu'on m'a pris ma feuille, et qu'on m'a alors annoncé mon échec et le fait que je ne serai même pas reçu par un être humain... Bref une boîte à la recherche de robots pisseurs de code (quoi qu'un robot ça ne pisse pas).

    Après il ne faut pas généraliser non plus. Il y a effectivement des "SSII" différentes. Mais elles se comptent sur les doigts d'une main. Elles sont alors, en général, de petite taille, récentes, avec un fonctionnement souvent moins "rigide". J'en ai connu une comme ça. Et là, ça fait justement du bien de ne pas être un simple exécutant, de pouvoir prendre ou participer à des décisions, de faire des propositions, de vraiment rechercher à faire le meilleur travail possible, plutôt que simplement rejoindre la bande de Playmobils présents et obéir sagement à une hiérarchie hors du coup, guidée uniquement par des chiffres, et non par les voix de ses clients.


    Donc voila, si on veut être traité dignement et ne pas être un simple ouvrier/pigeon, il faut chercher plutôt que répondre aux "chercheurs de talents".
  10. Avatar de Gugelhupf
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    Citation Envoyé par Mingolito
    C'est vrai qu'on s'en fou de leur baratin à la noix, ce qu'on veux savoir c'est si on sera payé une tonne, pouvoir avoir un bureau dos au mur pour faire croire qu'on travaille alors qu'on est en train de mater des sites de cul ou de foot, savoir s'il y à de jolies secrétaires célibataires, un CEE pour avoir des vacances gratos dans des châteaux classés comme à l'EDF, si on mange bien à la cantine, et si le chef de projet est cool et pas trop chiant, bref une bonne poire qui nous laissera glander bien tranquillement, jusqu'à ce que tous le budget de levé de fonds de la statup ait été dépensé pour rien, après il y à plus qu'à trouver une autre startup .
    C'était de l'humour ? Non parce que ce n'est pas drôle du tout.

    De toute façon les SSII ont bien trouvés leur planque IDF, ils font croire que la France est en manque d'informaticien et n'hésitent pas à employer des gens à l'étranger pour 3 sous alors qu'on a plein de gens compétent et/ou diplômé en France, mais ça ils s'en foutent car tout ce qui prime c'est l'argent qu'ils amassent sur notre dos.
    Oui les SSII sont formés pour baratiner mais pour un non-informaticien ça passe toujours mieux que 5 lignes de code.
    Le problème c'est les entreprises mais aussi nous informaticiens. La majorité des entreprises ont une vision à court terme économiquement parlant et sont frileux du système français qui est très protecteur (cf: "CDI" etc), ils ont donc recourt aux SSII. Le système est pourri mais s'il existe c'est parce qu'il "fonctionne" très bien donc nous informaticiens nous l'acceptons et y contribuons.
  11. Avatar de BLeguillou
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    Merci, merci,merci...
    je me suis régalé en lisant vos posts. çà fait du bien le matin de constater qu'il y a des informaticiens qui sont rebelles à toutes les "conneries" et "couleuvres" que veulent nous faire avaler les SSII. C'est vraiment rafraichissant, continuer.
    Tout ce qui a été dit dans ce billet est vrai et vécu! j'ai 57 ans et j'ai participé à beaucoup d'entretiens durant mes 34 ans d'expérience informatique, et cela avec la plupart des SSII de la place de marché de Paris. Les 3/4 des entretiens étaient menés par des personnes complétement incompétentes, pour pas dire "Branquignols", et ce n'est pas une question d’âge. J'ai vraiment vu de tout.
    Autre constat; Les SSII essayent toujours de "tirer" des deux côtés, client et candidat, au niveau du salaire, ce qui lèse les concernés.
    Conseil, n'aller jamais à un entretien "les mains dans les poches", préparez-le et ne vous laissez pas intimider par la personne en face de vous. Ne bradez pas votre talent!
  12. Avatar de pathfinder06
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    Je ne vais pas m'attirer les faveurs de beaucoup de monde en me présentant mais bon, je me lance : je suis ingénieur de formation (+ 5 ans de dev Java/JEE) avant de basculer dans le recrutement informatique. Oui oui j'ai basculé du côté obscur comme on me l'a déjà dit 100 fois... Mais cela ne fait pas de moi un recruteur inhumain marchand de viande, loin de là !

    Bref, je ne veux pas troller sur les SSII même si je compatis pour la "pauvre" Mademoiselle qui applique ce qu'on lui a demandé. Cet exemple montre bien l'absurdité du système dans lequel on est tombé. La pénurie (j'avoue que le mot peut être soumis à débat) est telle, que les candidats en recherche (j'en vois de moins en moins sur les jobboards) ne suffisent plus et qu'il faut "s'attaquer" aux candidats "passifs" (du coup pas besoin de se mettre sur un jobboard ou de postuler puisqu'on se fait contacter directement, vous voyez le cercle vicieux). Mais qui dit pas en recherche dit peu de retours, il faut donc jouer sur la quantité pour répondre aux besoins insatiables de nos chers clients... Le problème c'est que tout le monde fait la même chose : les profils IT réseaux sociaux, notamment Linkedin ou Viadeo, sont spammés en permanence de mail générique à grand coup de Linkedin Recruiter avec un contenu pour essayer de se démarquer.

    Et ce n'est pas la bonne solution ! Comme je le disais en intro, je suis informaticien de base, donc le discours et le bullshit des SSII ça me gonfle pour l'avoir vécu. Vous me direz si j'ai la bonne façon de faire, mais pour moi il faut (tenter d') établir une relation sur le long terme avec un candidat. Exit le oneshot (je me rends compte que je fais beaucoup d'anglicisme !), privilégions le long terme. Et qui dit long terme dit personnalisation de l'approche et du suivi ! Je préfère perdre 10 minutes à écrire mon email ou message sur Linkedin, trouvez le bon tweet si le candidat est (vraiment) actif. Je ne souhaite faire perdre de temps à personne, c'est pourquoi j'explique en quoi son profil m'intéresse et ce que je peux lui apporter et comment.

    Tout cela pour dire que 90% des recruteurs en SSII sont comme cela. A leur décharge, ils ne sont pas formés, très mal payés ou reconnus. Cependant, cela n'excuse en rien ce type de comportement non professionnel. Mais les temps changent et j'espère que cela va évoluer. Et ne jetons pas la pierre aux 10% de recruteurs "honnêtes" !
  13. Avatar de BLeguillou
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    Merci, merci,merci...
    je me suis régalé en lisant vos posts. çà fait du bien le matin de constater qu'il y a des informaticiens qui sont rebelles à toutes les "conneries" et "couleuvres" que veulent nous faire avaler les SSII.
    Tout ce qui a été dit dans ce billet est vrai et vécu! j'ai 57 ans et j'ai participé à beaucoup d'entretiens durant mes 34 ans d'expérience informatique, et cela avec la plupart des SSII de la place de marché de Paris. Les 3/4 des entretiens étaient menés par des personnes complétement incompétentes, pour pas dire "Branquignols", et ce n'est pas une question d’âge. J'ai vraiment vu de tout.
    Autre constat; Les SSII essayent toujours de "tirer" des deux côtés, client et candidat, au niveau du salaire, ce qui lèse les concernés.
    Conseil, n'aller jamais à un entretien "les mains dans les poches", préparez-le et ne vous laissez pas intimider par la personne en face de vous. Ne bradez pas votre talent!
    C'est vraiment rafraichissant, continuer.
  14. Avatar de raggnic
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    Merci pour ce billet, j'ai bien ri.
    J'ai eu quelques expériences semblables quand j'étais en SSII.

    La meilleure je l'ai rencontrée en 2001, une petite structure, quartier de la défense.
    La RH m'avait présenté leur business plan en 2 phases. Phase 1, dispatcher ses consultants junior en régie pour qu'ils montent en compétence dans tous les domaines (info de gestion, industrie, aéronautique). Phase 2, rapatrier tous les consultants au siege et devenir un leader des applis pour tv connectée (2001 c'était genre hugo délire).

    J'étais débutant, mais je n'ai pas du montrer assez d'interet pour être retenu :-)

    Maintenant je suis dans un grand groupe industriel où les pools de dev fonctionnent un peu comme des ssii, avec des chef de département qui ont un peu le même role que des commerciaux.
  15. Avatar de deltree
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    Ahh le baratin des SSII, pardon des ESN, j'en ai tellement entendu, j'aurais du les noter, d'ailleurs je note des phrases de temps en temps. Il faudrait faire un référentiel de tout le bullshit qu'on entend. Mais il faut bien bosser et j'ai finit par m'y habituer.
    Sinon, Je dois dire que j'adore le style de ton POST, et l'article du Gorafi: PTDR. ça change des discours consensuel qu'il faut sortir en entretien justement.
  16. Avatar de yop solo
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    a taille humaine...
  17. Avatar de Aidenam
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    Un article édifiant. On a tous connu (ou on connait encore) ce genre de situations kafkaïènes. Le paroxisme du fossé entre management (recrutement) et "productifs".

    Après, personne ne semble avoir souligné l'humour dont fait preuve l'auteur de l'article. Personnellement je me suis bien bidonné, merci.
  18. Avatar de esperanto
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    Dans toutes les SSII où j'ai eu l'occasion de passer un entretien, ils m'ont dit qu'ils n'étaient "pas une SSII comme les autres". Ca m'a toujours fait bien rigoler...
    Le pire, c'est la SSII qui publie une annonce d'offre d'emploi qui commence par "notre particularité, c'est que comme beaucoup de SSII..."
    Authentique!
  19. Avatar de rhludovic
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    Un récit passionnant et amusant. Respect . J'en ai pas rater une miette.
  20. Avatar de Heptaeon
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    Beaucoup de start-up regardent les grosses "succes stories" tel que Google ou Microsoft comme des modèles. Du coup, tel un Culte du cargo il l'applique sans trop comprendre. On passe alors de Il a été embauche chez Google alors qu'il cherchait des informations sur le Net à "vu que j’étais actif sur la toile, notamment sur Twitter".

    Il est surtout dommage que ces mots perdent tout leurs sens dans leurs bouches. Quand un recruteur me dit qu'ils sont "agile" je lui demande un exemple d'agilité dont ils ont fait preuve vis à vis de leurs employés. Là, généralement, il y a un très large coup de regard vers la droite.
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